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Maroc |

Publié le 18 août 2018

La jeune délinquance fait SA loi dans les quartiers de Casablanca

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Les véhicules de Medina bus seraient-t-ils devenus les lieux par excellence de l’apprentissage de la petite délinquance ? En tout cas, tout porte à le croire, car les bus sont aujourd’hui les niches où les jeunes marocains s’entrainent à être les délinquants de demain.

Pas un seul jour ne passe sans que les jeunes ne se donnent en spectacle. Des actes de vandalismes qui laissent pantois plus d’un, deviennent le rituel dont se délectent certains adultes.

L'impuissance de certains chauffeurs n’est pas en reste, qui, craignant pour leur sécurité, les laissent se défouler avec une violence et une incivilité abjecte. Ces scènes qui font désormais parties du quotidien des passagers des bus, ressemblent à celles qui sont vues dans des pays ravagés par des guerres où « sans foi ni loi » sont les devises. Beaucoup de Marocains bien lotis croiraient difficilement ce qui se passe dans ces bus. Tant mieux pour eux !

On aura tout vu : graffitis, issues de secours endommagées, chaises arrachées, vitres cassées, crachats, pieds sur les chaises, surcharge… tout y passe, plus c’est gros et incivil plus ça passe. Dès leur entrée dans le bus, ils tentent de défoncer les portes pour qu’elles restent définitivement ouvertes et comme des forcenés, ils détruisent tout et l’ouverture automatique placée au-dessus des portes est la première cible. Incompréhensible !

Pourtant à côté, l'Etat a investi des sommes colossales et continue de prêter main forte à l'entreprise Medina Bus qui s y on n'y prend pas garde file tout droit à la casse.

De l'autre côté, le tramway fait peau neuve et est bien sécurisé, normal tout ça vue que les investissements ne sont pas comparables, mais le transport public est un tout et qu'il faille préserver ce tout.

Le comble est que cela se passe sous le regard amusé ou ébahi des adultes. Les jeunes ont perdu la raison entrainant les adultes avec eux car tout ce qui se passe dans les bus, presque aucun adulte ne lève le doigt pour réagir, c’est par peur ou ils se disent que y a plus rien à faire: aléas jacta, les jeunes ont pris le pouvoir.

« Lorsque les pères s'habituent à laisser faire les enfants, Lorsque les fils ne tiennent plus compte de leurs paroles, Lorsque les maîtres tremblent devant leurs élèves et préfèrent les flatter, Lorsque finalement les jeunes méprisent les lois parce qu'ils ne reconnaissent plus, au-dessus d'eux, l'autorité de rien et de personne, alors, c'est là, en toute beauté, et en toute jeunesse, le début de la tyrannie. » Platon

Aujourd’hui c’est une scène de guérilla que les jeunes se sont exercés, le site h24info a publié une vidéo « choquante » qui a irrité les internautes (…) l’indignation et la désolation n’ayant pas de fin (heureusement ). La source informe que sur la vidéo, un groupe de jeunes agresse le contrôleur et le chauffeur du bus numéro 65 au quartier Sidi Moumen à Casablanca. « Armés de leurs parasols, de bâtons » et tout ce qui leur tombe sous la main, ils ont tenté de bloquer le bus avec des conteneurs poubelles, malgré l’insistance du chauffeur qui tenait coûte que coûte à quitter ces lieux et vite.

Cette scène a été précédée par une autre à Hay Mohammadi il y’ a moins de deux semaines, où un autre groupe de jeunes (très excité) s’est pris avec un chauffeur cassant même des vitres. Le chauffeur du bus 139 a eu le tord d’ouvrir les portes à un homme qui a pénétré dans le bus et a malmené un jeune garçon d’environ 17 ans. Ce dernier accompagné de ses acolytes avaient quelques instants plus tôt envoyé à un homme - qui se trouvait sur le trottoir opposé - des quolibets à partir du bus (ces cas sont multiples). Ne se laissant pas faire l’homme est entré dans le bus et à régler le jeune son compte, geste apprécié par tous les passagers du bus qui n’en pouvaient plus. Descendant le bus, ce groupe de jeunes s'est d’abord défoulé sur le chauffeur avant d’arroser le bus à coup de pierres, endommageant les vitres et interrompant aussi le voyage. On tourne la page, le chauffeur s’expliquera devant ses supérieurs…

Le 18 juin 2018, un policier appartenant à la brigade mobile de la police de secours du district provincial de sûreté de Témara a été contraint, de faire usage de son arme de service pour neutraliser un individu qui menaçait la vie des passagers d'un bus de transport urbain et celle des agents de police, à l’aide d’une arme blanche.

On se croirait aux Etats-Unis, cinq balles dont deux sommations ont été tirées, lors de l’intervention de cet individu, qui menaçait à l’aide d’une arme blanche, la vie des passagers d’un bus de transport public et celle des éléments de la police, après avoir détruit le pare-brise avant de deux bus, avait indiqué un communiqué de la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN).

Face à la résistance violente du mis en cause et son obstination à agresser les occupants du bus, l’agent de police a été contraint d'utiliser son arme de service et de tirer cinq balles dont trois ont touché le prévenu au genou et au niveau du thorax, précise la même source.

A Ain Sebaa le vendredi 18 août, un jeune armé de machette a sèmé la terreur dans les rues du quartier El wifaq presque pendant 1 heure. Cela est survenu après une altercation qu’il a eu avec un autre presque du même âge (20 ans). Comme dans un film, les deux jeunes se sont poignardés avant que les gens n’arrivent à les séparer. Suite à cela, l’autre jeune, comme possédé, a pris une machette et a commencé à poursuivre les gens. Poursuivi lui aussi par des centaines de personnes qui assistaient à son spectacle, l’agresseur était devenu inarrêtable et a cassé des commerces et même une voiture a aussi fait les frais de cette furie. Une heure après cette folie, la police est intervenue mais c’était trop tard, l’agresseur s’est évadé dans la nature.

La délinquance gagne tout le pays et plus de 70 000 jeunes vivent dans des centres de détention à cause de ce fléau.

Il est urgent pour le gouvernement de prendre à bras le corps ce phénomène très inquiétant boosté par la drogue mais pas que, de l’instabilité mentale, de la pauvreté et surtout de l’éducation. La société civile et le gouvernement qui travaillent depuis de longues périodes sur ce fléau doivent en outre voir d’autres outils beaucoup plus efficaces, car ceux utilisés jusqu’à présent semblent être désuets

Toutefois, il est important que les associations d’État et de la société civile puissent disposer de bonnes méthodes et de ressources humaines et matériels suffisantes. La responsabilité est importante et des dispositions doivent être prises au plus vite pour endiguer ce fléau très inquiétant.

Mouhamet Ndiongue

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