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Publié le 14 avril 2018

Réseaux sociaux : Pékin et Moscou pas motivés

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La justice russe a ordonné vendredi le blocage en Russie de l’application Telegram, une messagerie instantanée utilisée par plus de 200 millions de personnes à travers le monde. Connu pour haut niveau de confidentialité, Telegram se trouvait sous pression des autorités russes depuis plusieurs mois.

C’est un tribunal de Moscou qui a ordonné ce vendredi 13 avril le blocage de l’application. L’agence de régulation Roskomnadzor avait prévenu que cette décision aurait un effet immédiat. Et de fait, il n’est déjà plus possible d’envoyer des messages depuis l’application.                                                   

Cette décision intervient à la demande de Roskomnadzor : il y a une semaine, l’agence de régulation a saisi la justice au motif que les représentants de Telegram ont refusé de fournir des informations au FSB. Les services de sécurité souhaitaient avoir accès aux clés de cryptage qui permettent de lire les messages des utilisateurs. Une démarche qui, officiellement, s’inscrit dans le cadre de la lutte antiterroriste. La direction de Telegram avait répondu que les exigences des autorités étaient inapplicables.

Les juristes de Telegram ne se sont pas rendus à l’audience. Le fondateur de la messagerie, Pavel Dourov, leur avait demandé de ne pas « légitimer une farce flagrante ». Pour l’avocat de la messagerie, Pavel Tchikov, cette décision « démontre une nouvelle fois que la justice sert fidèlement les intérêts du pouvoir ».

En Chine

Blaguer en Chine, ce n’est pas anodin. Récemment, des parodies qui se moquaient du parti communiste ont été victimes de la censure. Aujourd’hui, c’est une application qui permet de s’échanger des histoires drôles qui est sanctionnée. Mais, malgré toute la pression dont les 770 millions d’internautes font l’objet, les plus courageux trouvent encore le moyen de contourner la censure draconienne.                    

Un concert de klaxons ! Voilà comment les adeptes de l’application blagueuse se moquent de la censure. A Pékin, une centaine d’automobilistes se sont donnés rendez-vous devant les bâtiments de l’administration d’Etat en charge de contrôler les médias. Pas de banderoles, ni de slogan, juste un concert de klaxons qui retentissait dans la rue. Une manière de contourner les lois qui interdisent en Chine tout rassemblement public.

Des blagues et des vidéos « trop vulgaires… »

Ces automobilistes et internautes protestent contre la suppression de leur application préférée « Neihan Duanzi ». Elle permettait à ses 4 millions utilisateurs d’échanger des blagues et des petites vidéos drôles, mais jugés trop «  vulgaires » par les gendarmes du net. Son inventeur, Zhang Yiming a visiblement préféré supprimer cette fonctionnalité pour sauver son appli principale « Toutiao » qui revendique, elle, plus de 200 millions d’utilisateurs.

« Jinrin Toutiao » veut dire « A la une aujourd’hui » et propose des actualités au quotidien. Pour l’instant, on ne peut plus la télécharger, mais cette sanction-là ne devrait pas durer plus de trois semaines.

10 000 surveillants du net

Dans une lettre, Zhang Yiming s’est en effet fondu en excuses et promet de se conformer aux exigences des autorités. Il se dit « rongé par des remords » dans une lettre publique. « Les contenus étaient incompatibles avec les valeurs centrales du socialisme », écrit-t-il.

Dans le futur, le fondateur et PDG de Toutiao assure que les contenus créatifs seront « positifs, sains et bénéfiques » et promet qu’il va approfondir sa collaboration avec les organes du parti. Concrètement, cela se traduira par plus de surveillance.

Au lieu des 6 000 employés qui sont actuellement chargés de veiller sur les contenus, il y en aura 10 000. Un internaute exaspéré a posté ce commentaire sur les réseaux sociaux : « un jour, toutes les applications seront supprimées et on n’aura plus d’autres choix que de regarder la télévision d’Etat. »

 

la rédaction

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