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Publié le 26 mars 2018

Mondial 2026, l’autre enjeu d’une candidature qui n’est pas (qu’) un jeu

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Quatre candidatures à l’organisation du Mondial sur nos terres, et autant d’échecs… Nous en sommes à la 5ème, pour le Mondial 2026, et cette fois, le succès est proche, très proche, à portée de main. Et la mobilisation de tous serait bienvenue car, au-delà de 22 gars qui courent après un ballon pour le mettre au fond d’un filet à la joie de tous, l’enjeu est crucial. Il s’agit d’un projet fédérateur et porteur virtuellement de croissance et de richesse… Sinon, les plus grandes, et moins importantes, puissances mondiales ne se bousculeraient pas pour l’organisation d’un Mondial.

De 1988 à 2004, le Maroc n’était pas au point, et n’était pas crédible non plus dans ses promesses et ses capacités. Ses concurrents étaient forts et puissants, et nous, nous étions loin, très loin derrière. Nous le sommes toujours… A la différence que cette fois, pour le Mondial 2026, le royaume a beaucoup d’atouts à faire valoir, passés, présents et à venir. Le Maroc s’est en effet construit, avec les inévitables inégalités, il avance, avec les incontournables  hiatus, et il croit en son avenir, avec les habituelles incertitudes. Mais au final, le pays avance… sauf que sa propre population n’y croit pas.

« Nous n’avons rien  à présenter », disent les uns… « Avons-nous vraiment besoin de ce Mondial 2026 ? », leur répondent les autres. « Nous n’avons ni les moyens ni les talents », renchérit tout le monde, contre tout le monde. Et la moindre occasion est saisie pour démolir encore plus un édifice en train d‘être construit par des équipes qui ont par ailleurs prouvé leur efficacité.

Le Marocain, ennemi de lui-même, est passé maître dans l’art de la démolition. Du logo de la candidature, férocement démonté, au clip officiel, brutalement attaqué, tout y passe. Et pourtant, l’attribution d’un Mondial ne se fait ni sur un logo ni sur une chanson, qui certes perfectibles comme toute création humaine, restent de bonne facture.

Mais ce que les uns et les autres doivent savoir est que cette chanson est destinée d’abord et avant tout à montrer l’amour du public marocain pour le football et l’engouement des jeunes pour l’organisation de ce Mondial. Et c’est exactement ce que notre opinion publique s’évertue à détruire et démentir.  Et le mal est encore plus grave quand les attaques les plus virulentes émanent de professionnels, comme ce confrère qui a publié la semaine dernière une charge au vitriol, ou au bazooka, ou au canon lourd, comme on voudra, contre le clip, ses concepteurs et les responsables du Comité de candidature… après en avoir chanté les louanges quelques jours à peine avant.

Et pourtant, pour les Marocains qui ne cessent de se regarder dans les yeux des autres, quoi de mieux pour leur fierté que de recevoir le monde entier pour la plus importante compétition de la terre ? Sans compter les avantages économiques et l’ « héritage » dont parlait Moulay Hafid Elalamy, immédiatement vilipendé par tous, par toutes et même par les autres.

Dans une nation où les jeunes ont creusé un très large fossé avec leurs aînés, où l’opinion publique ne croit plus en rien, où les troubles sociaux émergent ici et là, où le politique est critiqué – voire insulté – et où l’entrepreneur est lynché, où l’école ne fonctionne pas et où l’administration peine à exister, un événement de l’envergure d’un Mondial peut aligner tout le monde derrière un seul et même objectif.

Alors, pour cette dizaine de semaines qui restent, laissons nos concurrents, nos faux amis et M. Infantino nous éreinter, sans leur prêter main forte. Les règlements de comptes des uns et des autres peuvent attendre…

Aziz Boucetta

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