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Publié le 08 novembre 2018

Salvini de plus en plus populaire, l’Italie de plus en plus fermée aux migrants

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Salvini de plus en plus populaire, l’Italie de plus en plus fermée aux migrants

La bataille que le ministre de l’Intérieur italien Matteo Salvini, mène pour combattre la migration clandestine, s’annonce pour l’instant triomphante. Et pour cause, le Sénat italien a approuvé mercredi 7 novembre un décret-loi concernant la sécurité et l'immigration, soutenu par Matteo Salvini, chef de la Ligue (extrême droite).

Le texte adopté fin septembre, a pu collecter 163 voix pour, 59 contre et 19 abstentions, dont celles de cinq sénateurs du Mouvement 5 étoiles (M5S, antisystème, au pouvoir) opposés à ce texte. La Chambre des députés doit approuver, avant fin novembre, pour qu'il entre définitivement en vigueur.

Ce texte a pour principale ambition de rendre exceptionnels les permis de séjour humanitaires qui sont aujourd’hui accordés à 25 % des demandeurs. Il prévoit aussi une procédure d'urgence afin de pouvoir expulser tout demandeur se montrant « dangereux ». Il réorganise aussi le système d'accueil des demandeurs d'asile, qui étaient de 146 000 fin octobre et seront regroupés dans de grands centres par mesure d'économie.

Salvini se met l’ONU à dos

Dans un communiqué, le Haut-Commissariat pour les Réfugiés (HCR), a exprimé son inquiétude face à l’adoption et l’imminente entrée en vigueur de ce texte « ne fourni pas les garanties adéquates, surtout pour les personnes vulnérables ou avec des exigences particulières comme les victimes d'abus et de tortures ». 

Toujours selon l’agence onusienne, le gouvernement italien bafoue les droits de l’homme « les législateurs ont encore le temps de faire la chose juste, non seulement pour les demandeurs d'asile et les réfugiés, mais aussi pour la longue et fière tradition de l'Italie en matière de respect des droits de l'homme ».

Alors qu’il est très peu soutenu par la communauté européenne, Matteo Salvini reste sur ses positions « Nous devons accueillir ceux qui fuient les guerres, mais pour les migrants économiques, il n'y a pas de place. Celui qui s'enfuit de la guerre est mon frère, mais celui qui vient ici pour vendre de la drogue et créer le désordre doit rentrer dans son pays » a-t-il exprimé.

Quid le pacte pour la migration ?

Un retournement de situation est peu probable après l’adoption du Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières dont la conférence se tiendra à Marrakech les 10 et 11 décembre prochains.

Disposant uniquement d’une valeur morale, sans aucun caractère contraignant, ses dispositions auront du mal à être respectées. Le texte onusien, a pour principale ambition d’atténuer les relations entre migrants et « pays d’accueil » qui ne sont pas toujours au niveau requis.

Les pays européens semblent être mitigés face à la question migratoire à l’instar de la Hongrie et la Pologne qui estiment que le pacte risquerait d’encourager les migrations illégales.

De par ses positions connues pour leur fermeté, il est curieux que Matteo Salvini ne se soit pas exprimé sur la question.

Meriem Boucetta

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