Panorapost



International |

Publié le 04 octobre 2018

Le Maroc au carrefour des migrations face à la frustration européenne

Partager cet article :

Aux portes de l’Europe, le Maroc constitue depuis que le phénomène migratoire existe, depuis la nuit des temps, un point de départ définitif pour les subsahariens. Alors que la position géographique du Maroc offre alors un rêve pour les migrants subsahariens, la frustration règne en Méditerranée.

1/ Moyens entrepris par l’Europe pour contrôler les arrivées 

Depuis le début de la crise migratoire en 2015, les migrants d’Asie affluent, traversent la Turquie afin de rejoindre l’Europe. Pour limiter les accès, la Commission Européenne adopte la même année le système européen de quotas qui consiste en la répartition des réfugiés entre les différents pays membres. La répartition se faisait selon le PIB, le nombre d’habitants, le taux de chômage, et le nombre de demandes d’asile des pays récepteurs ; chaque Etat, décidera ensuite d’accorder ou non le droit d’asile aux demandeurs. 

L’objectif était de répartir 120.000 réfugiés entre les pays européens. L’Allemagne, l’Espagne et la Pologne avaient adopté ce système. Et dans l’ordre, ils devaient accueillir 31.000, 15.000 et 9.000 migrants.

François Hollande, toujours président français à l’époque, avait promis de recevoir environ 24.000 réfugiés sur une durée de deux ans. Un chiffre trop ambitieux dans la mesure où, seulement 4.474 migrants se sont vus relocalisés en France 3 ans après.

2/ Le Maroc bataille pour limiter les départs

De par sa position géographique stratégique, le Maroc est considéré comme le point le plus haut du continent africain. Ce qui est certes très avantageux lorsqu’il s’agit d’échanges économiques, par exemple. Mais c’était sans compter avec le fait que la zone nord-africaine allait se transformer en un concentré de passages clandestins.

Lors d’une conférence de presse, en septembre dernier, le porte-parole du gouvernement Mustapha El Khalfi a affirmé que 74 gangs de trafics de migrants ont été démantelés et plus de 260 passeurs ont été traduits en justice, ajoutant que le gouvernement marocain a provoqué l’échec de plus de 14.600 tentatives de passages clandestins au cours de cette année. Le Maroc a néanmoins, en 2017, permis (en deux phases) à 50.000 sans-papiers de régulariser leur situation et leur a offert le droit de résider en toute légalité au Maroc. Mais le gouvernement marocain refuse toutefois de construire des centres de rétention pour migrants sur le territoire comme il en existe aujourd'hui beaucoup en Europe.

3/ Les Guinéens première communauté migrante en Europe

L’Agence des Nations Unies pour les réfugiés a récemment dévoilé le classement des pays qui connaissent le plus grand nombre de départs clandestins pour les pays du Sud de la Méditerranée. Dans la liste, ce sont les ressortissants guinéens qui se trouvent en haut du classement avec un nombre de 8.752 migrants. Suivent les Syriens (8.413), et les Maliens (6.799). Le Maroc, quant à lui, se retrouve en quatrième position avec un nombre de 5.962 candidats à la migration.

Au total, en 2018, et toujours selon la même source, 87.126 migrants sont arrivés en Espagne (42.470), Italie (20.972), et en Grèce (23.419) en 2018. Contre 28.349 arrivées pour l’Espagne en 2017, 119.369 pour l’Italie et 29.718 pour la Grèce.

On remarquera que les départs pour l’Espagne ont baissé de moitié environ et c’est en partie grâce à l'action des autorités marocaines qui luttent contre le phénomène migratoire. En Italie, les arrivées ont pratiquement baissé de 80 % suite à la fermeture des ports pour les migrants.

Meriem Boucetta 

Partager cet article :

Commentaires