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Maroc |

Publié le 14 septembre 2018

(Vidéos) - Etranges (et préoccupantes) images de hrig au nord du Maroc…

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Deux vidéos circulent depuis quelques jours sur les réseaux sociaux du royaume, montrant un groupe de jeunes Marocains transportés par hors-bord de la plage marocaine où ils nageaient à une autre plage, présentée comme étant espagnole. Une opération d’émigration clandestine hors norme, par hors-bord, et hors de toute communication du gouvernement, ou presque…

Dans la première vidéo (ci-dessous), on voit les jeunes nager paisiblement, avant qu’un hors-bord (ou go fast) ne s’approche du littoral, puis d’eux, avec trois hommes en combinaisons rouges et casques intégraux. Quelques jeunes grimpent sur le bateau, puis appellent leurs camarades et les invitent à faire pareil. Certains suivent, d’autres non. Puis le bateau part… La vidéo complète du départ est en fin d'article.

Dans la seconde vidéo (ci-dessous), on voit le même bateau – ou un autre qui en a les caractéristiques – débarquer un groupe de jeunes surexcités et visiblement stressés, en maillot de bain, qui se figent quelques secondes devant la caméra du pilote (toujours en combinaison rouge, comme ses amis), crient un « gracias », puis plongent. On voit lors très furtivement des gens filmer la scène, mais on ne peut savoir avec exactitude s’il s’agit d’une plage espagnole.

La seconde vidéo est signée Associations unifiée des Gardes civiles (espagnoles), même si les autres vidéos AUGC appliquent une signature d’un type différent. Mais si cette vidéo est suivie sur Youtube par une autre de la Garde civile, les vidéos suivant la première concernent toutes le trafic de drogue, de kif.

Que et comment faut-il lire ces images ?

1/ Interrogé sur la question, le porte-parole du gouvernement Mustapha el Khalfi a précisé qu’une enquête est en cours pour déterminer l’authenticité des images et les circonstances de l’opération. Il faudra donc attendre un peu pour avoir plus de précisions.

2/ Des internautes ont affirmé que c’était là les Espagnols, la Garde civile, qui était à la manœuvre. C’est bien évidemment impossible.

3/ D’autres pensent à une œuvre philanthropique, ou humanitaire, mais ces associations agissent généralement pour secourir des gens en mer, pas des nageurs paisibles en leur royaume.

4/ Une autre catégorie d’internautes explique que tout cela est une mise en scène, les deux hors-bords, du départ et de de l’arrivée, étant différents.

Le hors-bord concerné dispose de trois moteurs, et semble être du type de ceux qui convoient la drogue pour la traversée du Détroit. Ce type de bateau, appelé aussi go fast, peut aller jusqu’à 100 km/h. mais il a besoin d’être alourdi, par la drogue et éventuellement par des gens.

L’opération d’émigration clandestine, si elle se confirme, peut indiquer deux choses :

1/ Que les trafiquants ont besoin d’alourdir leur engin pour pouvoir acheminer leur cargaison plus sûrement, sans risque de chavirer en raison de la vitesse ; Des informations en provenance d'Espagne indiquent que certains des migrants malgré eux, ou spontanés, ont été arrêtés et que leur convoiement était destiné à lester le bateau qui transportait une "petite" cargaison de drogue.

2/ Que, craignant une éventuelle chasse à l’hélicoptère, ils ont besoin de boucliers humains pour sécuriser leur entreprise.

Une source gouvernementale a confié à PanoraPost sous couvert d’anonymat que « pour ce genre d’opérations, il faut contextualiser les choses : le Maroc est engagé dans un bras de fer migratoire avec l’UE, et tout est bon pour montrer que les migrants clandestins ne sont pas forcément et toujours des Subsahariens, mais des Marocains aussi ». Il est vrai que depuis quelques semaines, les vidéos montrant des Marocains partir vers l’hypothétique eldorado européen sont de plus en plus nombreuses.

Cela étant, et vu le nombre de vues des vidéos ci-dessus (plus de 100.000 en 48 heures), il revient au gouvernement de non seulement mener une enquête, mais de faire montre de communication en direction de l’opinion publique. En effet, si ces opérations se multiplient, on ne sait pas où elles pourraient finir, les périls étant aussi grands que nombreux : traite humaine, trafic d’organes, boucliers humains, migration clandestine…

Aziz Boucetta

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