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Publié le 14 septembre 2018

Les États-Unis préoccupés par les échanges de devises entre l'Afrique et la Chine

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Les Etats-Unis s'inquiètent du fait que les accords d'échange de devises entre la Chine et les pays africains réduiront la visibilité des transactions financières et rendront plus difficile la prévention du blanchiment d'argent, a déclaré jeudi un haut responsable des sanctions américaines.

Marshall Billingslea, secrétaire adjoint du département du Trésor américain chargé du financement du terrorisme, a déclaré lors d'une audience au Congrès que l'intérêt pour l'utilisation du yuan suscitait un intérêt croissant pour la plupart des pays africains.

Il répondait aux questions du représentant républicain Chris Smith, qui a cité un accord d'échange de devises de 2,5 milliards de dollars entre la Chine et le Nigeria pour faciliter le commerce entre les deux pays et une réunion des leaders financiers africains en juin visant à discuter de l'utilisation du yuan chinois comme réserve.

Le Nigéria est le troisième pays africain à avoir conclu un accord d'échange de devises avec la Chine.

«Vous êtes également très concerné par quelque chose qui nous préoccupe beaucoup», a répondu Billingslea, faisant référence à l’augmentation des accords d’échange de devises entre la Chine et les gouvernements africains.

«Cela dit, la plupart des pays d’Afrique souhaitent toujours entretenir des relations avec les banques américaines. En fin de compte, ils ont toujours besoin de libérer le commerce en dollars américains », a-t-il déclaré.

Il a déclaré que le maintien de ces liens avec les correspondants bancaires était «notre meilleure ligne de défense pour garantir non seulement un degré de transparence et de visibilité sur les transactions en Afrique, mais aussi pour garantir l'application des normes anti-blanchiment».

La Chine inquiète les occidentaux

Le plein retour de Moscou sur le continent africain provoque une véritable hystérie dans les cercles occidentaux. S’il y a quelques années encore, les paroles sur un tel retour faisaient sourire les élites occidentales, depuis que la Russie post-soviétique est passée à l’action, le sourire a subitement disparu….

Agitation diplomatique, matraquage médiatique, pressions politiques, les élites occidentales, notamment celles de l'Hexagone ne reculent désormais devant rien pour tenter à tout prix de maintenir leur prétendu « pré-carré » en Afrique, et empêcher une prise de souveraineté digne de ce nom au niveau de nombre de pays du continent. En effet et si l'on suit les titres de nombreux médias mainstream, francophones comme anglophones, l'heure est nettement à l'inquiétude. France 24, BBC, RFI, New York Times, Jeune Afrique et d'autres — tous « s'interrogent » sur les « motivations » et les capacités de Moscou en Afrique.

En réalité, cette inquiétude est assez compréhensible. Car ils savent que ce retour russe en terre africaine, frappera indéniablement le système que l'Occident a longtemps imposé au continent l'un des plus riches en termes de ressources naturelles et humaines, mais si longtemps dénigré avec des clichés promus par les mêmes médias mainstrimois. Souvenez-vous d'ailleurs des premiers pas de la Chine en Afrique: moqueries occidentales d'abord sur les capacités de Pékin, puis — lorsque la Chine commencera à s'imposer lancement de vastes campagnes anti-chinoises, notamment via les instruments médiatiques, pour enfin se rendre à l'évidence: la Chine a bel et bien réussi à s'imposer et malgré toutes les critiques dont elle peut faire face, le constat est sans appel, les Africains en majorité préfèrent Pékin à l'Occident.

Le retour russe fait d'autant plus peur aux Occidentaux pour plusieurs raisons. Tout d'abord car désormais la concurrence sino-occidentale pourrait entrevoir l'élargissement de cette opposition en deux blocs antagonistes, un peu dans le style du Conseil de sécurité de l'ONU: russo-chinois d'un côté et occidental de l'autre. Certes, les intérêts de la Russie en Afrique ne sont pas forcément ceux de la Chine, et vice-versa. Mais globalement parlant, il est aujourd'hui clair que Moscou et Pékin pourraient être en Afrique beaucoup plus partenaires que concurrents, et ce bien évidemment au détriment des intérêts occidentaux.

Car faut-il le rappeler les domaines de compétence de la Chine en Afrique ne sont pas forcément ceux de la Russie, et les domaines d'expertise russe ne sont pas forcément ceux de la Chine. Ce qui signifie que les deux pays peuvent réellement se compléter, tout en respectant chacun la souveraineté des nations africaines. Cette complémentarité pourra d'ailleurs se faire aussi bien dans le cadre des projets liés à l'alliance BRICS, que dans le cadre des accords bilatéraux russo-chinois.

Mouhamet Ndiongue

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