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Maroc |

Publié le 20 mai 2018

Brusque montée de tension au Sahara : le Maroc dénonce, l’ONU appelle à « la plus grande retenue »

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Aujourd’hui 20 mai, le Polisario organise des défilés militaires, ainsi qu’une session de son « parlement » à Tifariti, localité située à l’est du mur de sécurité marocain au Sahara. Le Maroc dénonce vigoureusement, le Polisario persiste et signe et le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres est légitimement inquiet de la tournure des événements. Les préparatifs ont commencé voici plusieurs jours et tout peut se passer aujourd’hui…

La zone tampon. Selon l’accord militaire conclu entre le Maroc et le Polisario en 1991, cette zone comporte trois bandes, 5, 10 et 15 kilomètres, qui doivent être entièrement évacuées. L’autre partie doit être maintenue dans l’état où elle se trouvait en 1991.

Le Polisario a profité de l’indifférence de l’ONU et de la retenue du Maroc pour commencer à y installer ses campements, voire même à y déplacer des « structures administratives », ainsi qu’à Bir Lahlou, un autre localité stuée à l’est du mur de sécurité.

L’ONU. L’ONU a adopté le 27 avril 2018 la résolution 2414 qui dit en son point 8 que le Conseil de sécurité « se dit préoccupé par le fait que le Front Polisario a annoncé qu’il prévoyait de déplacer des fonctions administratives à Bir Lahlou et lui demande de s’abstenir de se livrer à de tels actes déstabilisateurs ».

Dans le préambule de la Résolution, le CS se déclare également « préoccupé par les violations des accords en vigueur, demandant aux parties de se conformer à leurs obligations et de s’abstenir de toute action qui pourrait déstabiliser la situation ou menacer le processus engagé par les Nations Unies, et prenant acte de la réaction mesurée du Maroc à la suite des inquiétudes les plus récentes exprimées au sujet de la zone tampon ».

Le Polisario. Soucieux de présenter l’apparence d’un Etat, le Polisario tient par tous les moyens à s’installer dans la zone à l’est du mur de sécurité, et explique que ce territoire est « libéré ». Dans ses organes de presse, il argumente que ce territoire est plus vaste que celui de 90 pays souverains (ce qui ne veut rien dire, NDLR…).

Le Polisario indique qu’il organise un défilé militaire « géant » dans le coin (photo), pour affirmer sa souveraineté sur ces zones, à l’occasion de l’anniversaire de sa « lutte ». Le Front révèle aussi que des travaux de son « parlement » se tiendront dans cette localité de Tifariti à cette même occasion.

Or, c'est précisément et exactement ce que le Conseil de sécurité lui avait demandé d'éviter pour éviter toute escalade...

Le Secrétaire général de l’ONU. Antonio Guterres a fait publier hier 19 mai par son porte-parole une déclaration qui dit ceci : « Conformément à la résolution 2414 (2018) du Conseil de sécurité adoptée le 27 avril 2018, et afin de maintenir un environnement propice à la reprise du dialogue sous les auspices de son Envoyé personnel, Horst Köhler, le Secrétaire général appelle à la plus grande retenue. Aucune action susceptible de modifier le statu quo ne doit être entreprise ». 

Le Maroc. Dans son communiqué du 20 mai, le ministère des Affaires étrangères affirme que « le royaume du Maroc condamne vigoureusement les actions de provocation récentes menées par le "Polisario" dans la localité de Tifariti, a l'est du dispositif de défense au Sahara marocain.

Le royaume du Maroc considère qu'il s'agit la d'une nouvelle violation caractérisée du cessez-le-feu et d'un défi flagrant à l'autorité du Conseil de sécurité de l'ONU.

Le Maroc, qui a saisi officiellement, à ce sujet, le président du Conseil de sécurité et ses membres, le secrétaire général des Nations Unies et la Minurso, leur demande d'assumer leurs responsabilités et de prendre les mesures nécessaires contre ces agissements inacceptables.

Au moment où le Conseil de sécurité appelle à la relance du processus politique en vue de parvenir à une solution réaliste, pragmatique et durable au différend régional sur le Sahara marocain, ces actes de provocation des autres parties sapent sérieusement les efforts des Nations Unies ».

Puis le ministère des Affaires étrangères revient à l’Algérie, seule et unique responsable de la situation, et explique que « le Maroc regrette que cette escalade se déploie avec la bénédiction et la complicité d’un pays voisin, membre de l’UMA, mais dont il viole doublement la charte : En fermant les frontières et en abritant sur son sol un mouvement armé qui menace l’intégrité territoriale d’un autre membre. Ce pays, au lieu de respecter les valeurs du bon voisinage et les impératifs de stabilité régionale, s’entête à encourager ses mercenaires du "Polisario" dans leur action déstabilisatrice, en violation de la légalité internationale.

Loin de s’estomper, la responsabilité de l’Algérie et du "Polisario" face à la communauté internationale, ne fait que s’aggraver. Le Maroc demande officiellement aux instances onusiennes concernées, de diligenter une enquête internationale pour jeter la lumière sur la situation dans les camps de Tindouf administrés par le "Polisario" sur le territoire algérien, où nos compatriotes et frères marocains sont séquestrés dans des conditions dégradantes et inhumaines, et où l’aide humanitaire fournie par la communauté internationale est détournée pour être vendue sur les marchés du pays hôte aux fins d’enrichissement personnel de la nomenclature du "Polisario". 

Le Royaume du Maroc réitère sa détermination irréfragable à défendre son intégrité territoriale et son unité nationale sur l’ensemble du territoire du Sahara marocain, et demande aux Nations Unies, et plus particulièrement à la Minurso, de remplir son mandat face aux violations répétées du cessez-le-feu ».

Conclusion. Comment peut-on considérer, comme le fait le Polisario, qu’un territoire est « libéré », sans l’avoir « libéré » ? Le Maroc s’en était retiré, volontairement, et semble-t-il unilatéralement, en 1991, pour respecter les engagements de l’accord de 1991. Par ailleurs, l’ONU a pris acte dans sa Résolution 2414 de la réaction mesurée du Maroc suite à ses différentes plaintes…

Le Polisario est très clairement dans la provocation, contre le Maroc et aussi contre l’ONU qui lui a expressément demandé de respecter ses engagements. Comment réagira le Maroc face à cette situation ? Cela dépendra de la réaction de l’ONU, sachant que son secrétaire général a exprimé sa préoccupation face à ces actions du Polisario en vue de se doter d'un territoire, par ailleurs sous contrôle de l'ONU à travers la Minurso, contre laquelle le Polisario avait tiré des tirs de sommation le 16 mars.

Aziz Boucetta

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