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Publié le 08 mars 2018

Donald Trump déclenche un séisme mondial  et courtise l’Afrique

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En annonçant la semaine dernière que les Etats-Unis allaient imposer, dès la semaine prochaine, des droits de douane de 25 % sur les importations d'acier et de 10 % sur l'aluminium, le président américain a provoqué le courroux de l’UE et des dirigeants des autres pays cibles. Des réactions en chaîne s’en sont suivies.

Ce tollé mondial, est le nouvel effet Donald Trump avec son protectionnisme. Pendant ce temps, son Secrétaire d'Etat Rex Tillerson est en tournée de huit jours en Afrique pour tenter de contrer l’influence chinoise et de corriger les erreurs du président, qui avait qualifié les pays africains de « pays de merde ».

Donald Trump dégaine encore, et cette fois, il s’attaque à ses relations commerciales avec l’Europe. Samedi, le président américain a menacé d'imposer de lourdes taxes sur l'importation de véhicules made in Union européenne. Il a brandi cette menace au cas où Bruxelles appliquerait des tarifs douaniers en représailles à son propre projet d'introduire des droits de douane de 25% sur les importations d'acier et de 10% sur celles d'aluminium.

La réaction du président américain a même provoqué une chute des Bourses mondiales, et l'UE a décidé de projeter d’appliquer 25% de tarifs douaniers sur une liste de produits importés des Etats-Unis. Ce projet a suscité l’ire de Donald Trump qui a menacé directement les constructeurs automobiles européens, dont certains comme Volkswagen, Mercedes et BMW qui possèdent des usines d'assemblage aux Etats-Unis.

Trump contre l’UE

Face à cette menace, l'Europe n'est donc pas restée aphone. Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker n’a pas tardé à réagir. Dès jeudi, il a dit « fortement regretter » l'annonce du président. De son côté, Cecilia Malmström, la commissaire au Commerce, a qualifié le projet américain de« profondément injuste », ajoutant que l'UE pourrait étudier des mesures de rétorsion.

« L'UE doit réagir de manière ferme aux taxes douanières punitives des Etats-Unis qui menacent des milliers d'emplois en Europe », a déclaré de son côté le ministre allemand des Affaires étrangères, Sigmar Gabriel.

Le ministre français de l'Economie, Bruno Le Maire a déclaré qu’une guerre commerciale entre l'Europe et les Etats-Unis « ne fera que des perdants ». Et d'ajouter : « L'adoption de telles mesures, si elles étaient confirmées, aurait un impact majeur sur l'économie européenne, et appellerait une réponse forte, coordonnée, et unie de l'UE ».Il évoque par la suite des « décisions unilatérales inacceptables ».

Le Kremlin avertit : « Nous allons analyser attentivement la situation en ce qui concerne nos relations commerciales avec Washington ».

Pékin qui s’est senti directement visé a demandé aux Etats-Unis de « freiner leur recours à des mesures protectionnistes et de respecter les règles du commerce multilatéral ».

Selon les dernières données publiées par l'Association mondiale de l'acier, la Chine a produit 800 millions de tonnes d'acier, soit la moitié de la production mondiale de 2016.

« Même s'il est prématuré pour affirmer que la guerre commerciale aura lieu, la menace elle est en tout cas présente et personne ne sait sur quoi elle aboutira. Certains pays, comme la Chine, pourraient même adopter des mesures de représailles en dressant des barrières commerciales, alimentant ainsi une montée globale du protectionnisme », explique Oxford Economics.

Dans tous les cas, Donald Trump persiste et signe et un de ses tweets prouve bien que le président américain a décidé d’aller au fond de sa pensée quand il dit : « Lorsqu'un pays perd des milliards de dollars avec pratiquement tous les pays avec lesquels il fait affaire, les guerres commerciales sont bonnes et faciles à gagner ».Il persiste dans son analyse : « Quand un pays taxe nos produits, disons à 50%, et que nous taxons à 0 le même produit qui entre dans notre pays, ce n'est ni équitable, ni intelligent. Nous allons bientôt imposer des taxes réciproques pour que nous puissions imposer la même chose qu'ils nous imposent. Avec un déficit commercial de 800 milliards de dollars, nous n'avons pas le choix », a-t-il affirmé, toujours sur Tweeter.

La Trump Attitude n’étant qu’à ses début, Gary Cohn, banquier libéral et principal conseiller économique de Donald Trump et très opposé à l'isolationnisme du président, a claqué la porte après cette décision. Son départ a provoqué la baisse des Bourses asiatiques qui étaient dans le rouge à l'ouverture ce mercredi. Déjà en août 2017, il avait critiqué ce dernier pour sa réaction après les violences racistes de Charlottesville, en Virginie, mais n'avait pas franchi le pas de la démission.

Trump-risk

Ce  tweet de Donald Trump a fait réagir les capitales du monde, l’Europe a vacillé, la Chine et la Russie menacent, emportant avec eux l’Australie, l’éternel allié de Washington. C’est dire la capacité de Trump qui n’est pas pour rien le président de la première puissance mondiale.

Néanmoins, le président américain constitue une menace pour l’année 2018. Selon Global Risks Report qui dans un sondage publié le 18 janvier 2018, avec comme question : « Quels sont les dix éléments qui pourraient perturber rapidement et radicalement le fragile équilibre planétaire » ?. La réponse a fait ressortir Donald Trump comme faisant partie des « 10 Risques Qui Menacent Le Monde En 2018 ». Le site continue pour dire : « rien d’étonnant à ce que 59% des 1000 experts consultés dans le cadre de l’enquête considèrent que 2018 sera une année d’intensification des risques. Pour le rapport, ce pessimisme s’explique en partie par la détérioration du paysage géopolitique. En effet, 93% des sondés s’attendent à une aggravation des affrontements politiques ou économiques entre grandes puissances, et près de 80% à une augmentation des risques de guerre impliquant les grandes puissances. Les tensions récentes entre Donald Trump pour les Etats-Unis et Kim Jong Un pour la Corée du Nord ne sont probablement pas innocentes dans ce taux d’inquiétude ».

Trump et l’Afrique

Loin de cette tension entre Donald Trump et une partie de la communauté internationale, le président américain a dépêché son Secrétaire d'Etat Rex Tillerson en Afrique pour essayer de contrecarrer l’influence chinoise sur le continent et de corriger son erreur grossière, quand il avait qualifié les pays africains de « pays de merde ».

Le Tchad - qu’il avait inclus dans le muslim Ban-, Djibouti, l'Ethiopie, le Kenya et le Nigeria sont sur la feuille de route du chef de la diplomatie américaine, qui rencontrera aussi les responsables de la Commission de l'Union africaine, à Addis-Abeba.

« Pendant sa tournée, M. Tillerson entend discuter des moyens de travailler avec nos partenaires africains pour lutter contre le terrorisme, favoriser la paix et la sécurité, promouvoir la bonne gouvernance et encourager un commerce et des investissements mutuellement avantageux. », a précisé le département d'Etat dans un communiqué.

La première tournée africaine de Rex Tillerson constitue la première marque d'intérêt de l'équipe du président Donald Trump à l'égard de l'Afrique.

Selon des officiels américains cités par The Washington Times, M. Tillerson devrait, d’autre part, débattre avec ses homologues africains des moyens de réduire l’influence grandissante de la Chine en Afrique qui inquiète de plus en plus Washington.

Ces officiels ont confié au quotidien américain que « l’administration américaine voit d’un mauvais œil la politique économique de la Chine en Afrique, qui repose sur l’extraction massive de ressources naturelles africaines en échange d’un accès facile à des prêts et des aides financières ».

«Les prêts chinois à faible taux d'intérêt faussent la dynamique économique dans plusieurs pays africains en augmentant inutilement les stocks de dette de ces pays.», a confié à Washington Times un responsable américain.

« Beaucoup de pays d'Afrique australe et certains pays situés à l'Est et à l'Ouest de ce continent ont des dettes publiques allant de 50% à 200% du PIB. Entre 80% et 50% de ces dettes proviendrait des prêts chinois, et ce n'est vraiment pas acceptable.», a-t-il conlcu.

Mouhamet Ndiongue

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