Panorapost



International |

Publié le 07 janvier 2018

Les bonnes feuilles du livre sur Donald Trump

Partager cet article :

Une présidence atypique, et un président énigmatique… voilà comment on peut décrire, après un an, la présidence Trump. Ce vendredi 5 janvir, un livre sort sur cette année de Maison Blanche sous le règne de Donald Trump. Un livre explosif et des révélations fracassantes, auxquels le milliardaire newyorkais répond à sa manière, en s’autoproclamant comme « génie stable »…

Dans Fire and Fury : Inside the Trump White House (Le Feu et la fureur : A l'intérieur de la Maison Blanche de Trump en français), le journaliste du Hollywood Reporter Michael Wolff raconte les coulisses du pouvoir américain, marqué selon lui par un "chaos" permanent. En voici des extraits.

Ingérence russe

« Les trois personnes les plus importantes de la campagne ont pensé que c’était une bonne idée de rencontrer un gouvernement étranger dans la Trump Tower, dans la salle de conférence du 25e étage, sans avocats. Ils n’avaient pas d’avocats », explique Stephen Bannon, l’ancien conseiller de Donald Trump, en référence à la rencontre entre le fils aîné du président, Donald Jr., Jared Kushner, gendre et proche conseiller de Donald Trump, ainsi que Paul Manafort, et l’avocate russe Natalia Veselnitskaya, le 9 juin 2016 dans la Trump Tower.

Aucune chance qu’il gagne

Melania Trump demande à son mari ce qu’il compte faire en apprenant que le New York Post a des photos d’elle nue, datant de sa période de mannequinat. « Il lui dit, attends encore un peu. Tout serait fini en novembre. Il a donné à sa femme une garantie solennelle : il n’y avait simplement aucune chance qu’il gagne ».

« Une fois qu’il aurait perdu, Trump serait devenu à la fois extrêmement célèbre et l’éternel martyr de cette véreuse Hillary. Sa fille Ivanka et son gendre Jared seraient des célébrités internationales. Steve Bannon serait devenu de facto le dirigeant du Tea party. Kellyanne Conway serait une star de la télévision. Melania Trump, à qui on avait assuré que son mari ne deviendrait jamais président, pourrait retourner à ses discrets déjeuners. Perdre rendrait tout le monde heureux. Perdre, c’était gagner ».

Curieuse relation dans le couple Trump

Michael Wolff consacre plusieurs pages à l'étrange relation que le président américain entretient avec son épouse. Selon des extraits de «Fire and Fury» publiés dans les médias américains, Donald et Melania Trump passent le moins de temps possible ensemble. Avant l'arrivée du couple à la Maison-Blanche, il arrivait souvent que Melania ne sache pas où était son mari. A vrai dire, cela lui était complètement égal.

«Son époux changeait de résidence comme s'il changeait de chambre», décrit l'auteur du livre, qui sous-entend que le couple fait chambre à part. «Ils pouvaient passer plusieurs jours sans le moindre contact, même lorsqu'il étaient tous deux dans la Trump Tower», écrit Michael Wolff. Selon lui, Melania ne connaissait pas grand chose de l'empire de son businessman de mari, et faisait à peine semblant de s'y intéresser.

A son arivée à la Maison Blanche, Trump « s’est retiré dans sa chambre – pour la première fois depuis les Kennedy, le couple présidentiel fait chambre à part. Lors des premiers jours, il a commandé deux écrans de télévision supplémentaires à celui déjà existant dans la chambre, et un verrou sur la porte, obligeant à une brève altercation avec les services secrets, ces derniers insistant pour avoir accès en permanence à la chambre ».

Financement de la campagne électorale

Preuve peut-être de cette incrédulité dans une possible victoire de sa candidature, Donald Trump « a refusé d’investir son argent personnel dans la campagne », note Michael Wolff. Selon lui, Bannon a essayé d’inciter la famille Trump à injecter « une somme de 50 millions de dollars dans la campagne », écrit le journaliste, mais il a reçu une fin de non-recevoir de la part du gendre du président : « Hors de question qu’on investisse 50 millions si on n’est pas sûrs qu’il gagne derrière ».

Finalement, M. Trump, qui se revendique milliardaire, aura consenti à faire un prêt pour sa campagne de 10 millions de dollars (8,3 millions d’euros), sous la condition qu’il puisse récupérer son argent dès qu’assez de financements auraient été récoltés.

Une victoire inattendue

Dans son livre, Michael Wolff raconte la sidération du clan Trump lorsque le soir du 8 novembre 2016, la tendance semble confirmer qu'il sera élu. « Un peu après 20h le soir de l'élection, quand la tendance inattendue - Trump pourrait finalement gagner - semble se confirmer, Don Junior a dit à un ami que son père, ou DJT comme il l'appelle, ressemblait à quelqu'un ayant vu un fantôme. Melania était en larmes - mais pas de joie », raconte l'auteur.

Une cérémonie d’investiture « pas du tout appréciée »

Donald Trump « n’a pas du tout apprécié sa propre investiture », selon Michael Wolff, qui précise qu’ « il était en colère que des stars de premier plan aient snobé l’événement, il était mécontent de son hébergement à la Blair House, il s’était disputé de manière ostentatoire avec sa femme qui était au bord des larmes. Toute la journée, il affichait sur le visage cette expression que son entourage appelle sa “tête de golfeur” : énervé et furax, les épaules voûtées, les bras ballants, les sourcils froncés et les lèvres pincées ».

 

Donald Junior, un « traître » ?

 « Les trois personnes les plus importantes de la campagne ont pensé que c'était une bonne idée de rencontrer un gouvernement étranger dans la Trump Tower, dans la salle de conférence du 25e étage, sans avocats. Ils n'avaient pas d'avocats », explique Stephen Bannon dans le livre. Une référence à la rencontre entre le fils aîné de Trump, Donald Junior, Jared Kushner, gendre et proche conseiller du président, ainsi que Paul Manafort, et l'avocate russe et proche du Kremlin Natalia Veselnitskaya, le 9 juin 2016 dans la Trump Tower.

« Même si vous pensez que ce n'était pas une trahison, pas antipatriotique ou pas une connerie, et moi je pense que c'est tout cela, vous auriez dû appeler le FBI tout de suite », a affirmé l'ancien conseiller de Trump à Michael Wolff. Une phrase qui a fait dire à Trump dans un communiqué que Bannon « avait perdu la raison ».

Le secret de la chevelure du président

Ivanka Trump révèle à ses amis l’origine de la chevelure blonde de son père : « Un dessus de crâne chauve absolument propre – une petite île limitée grâce à une opération du cuir chevelu – entouré par un cercle de cheveux devant et sur les côtés, qui sont lissés pour couvrir le dessus et tenus avec une laque forte. La couleur, dit-elle dans un effet comique, vient du produit de coloration Just for Men – qui noircit à mesure qu’on la garde. C’est l’impatience qui rend ses cheveux blond orangé ».

Peur d’empoisonnement et malbouffe

Selon Michael Wolff, Donald Trump « avait peur depuis longtemps d’être empoisonné ». L’une des raisons pour lesquelles il aimait manger chez McDonald’s était que « personne ne savait qu’il venait et la nourriture était préparée en toute sécurité ». « Quand il ne dînait pas à 18h30 avec Stephen Bannon, le président s'enfermait dans sa chambre avec un cheeseburger au lit, en regardant trois télévisions tout en téléphonant », raconte l'auteur.

Horreur de la lecture, constitution et mémos compris

« Tôt dans la campagne, Sam Nunberg est allé expliquer la Constitution au candidat » affirme l'auteur. « Je n'ai pas pu aller plus loin que le quatrième amendement. J’ai été contraint de m'arrêter quand le président a mis son doigt sur ses lèvres et qu'il a commencé à lever les yeux au ciel ».

Dans un mail ayant circulé au printemps dernier, un conseiller exaspéré raconte que « Trump ne lit rien - même pas des mémos d'une page, même pas des briefings sur ses mesures, rien ».

Ses proches et ses collaborateurs le méprisent

L'auteur raconte que de nombreux proches affirment que le président est tout bonnement stupide. Steve Mnuchin, le secrétaire au Trésor, pense qu'il est "idiot", H. R. McMaster, le général chargé de la sécurité nationale, le qualifie d' "andouille" et Gary Cohn, qui dirige le Conseil national économique, dit qu'il est « con comme un balai ».

Un de ses plus anciens amis, Rupert Murdoch, le patron de la chaîne favorite de Trump, Fox News, l'aurait qualifié de « gros con » à la suite d'un coup de téléphone.

Ivanka s’y verrait bien !

Un accord aurait été scellé entre la fille du président et son mari Jared Kushner, grand défenseur d’Israël sans vraiment connaître et maîtriser les enjeux.

« Entre eux, les deux se sont accordés : si à l’avenir l’opportunité se présentait, c’est elle qui se présenterait à l’élection présidentielle. La première femme présidente, a plaisanté Ivanka Trump, ce ne serait pas Hillary Clinton, ce serait Ivanka Trump. Steve Bannon, qui a créé le terme de “Jarvanka” pour désigner le couple qui a gagné en pouvoir à la Maison Blanche, était horrifié quand il a été informé de cet accord conjugal ».

Avec agences

Partager cet article :
Articles similaires

Commentaires