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Maroc |

Publié le 09 décembre 2017

Au congrès du PJD, Abdelilah Benkirane jette (enfin) l’éponge, et le PJD tourne la page

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Nous sommes le 9 décembre, et le fameux et très attendu 8ème congrès du PJD a commencé ses travaux. L’enjeu de ce congrès est essentiellement l’élection du secrétaire général, une question qui a très sérieusement fissuré le premier parti du Maroc, entre partisans d’un 3ème mandat pour Benkirane et les opposants à cette idée. Le congrès a donc commencé, mais les choses se sont très vite clarifiées.

Ainsi, d’entrée de jeu dans un congrès qui, contrairement  à l’usage, n’a pas prévu de séance inaugurale avec invités et presse, le secrétaire général et ancien chef du gouvernement annonce que son discours est un discours d’adieu. « Mon départ est une chose normale et naturelle, et je n’ai aucun problème à admettre cela », lance-t-il à la salle.

« Mon propos d’aujourd’hui est différent des autres fois ; non parce que j’ai été révoqué de la présidence du gouvernement, ou encore parce que je quitte la direction du parti… mais parce que notre parti traverse une passe difficile ». Ensuite,  Benkirane explique qu’ « après sa révocation, que j’accepte bien qu’elle soit un coup rude porté au parti, nous aurions pu adopter une position ferme et basculer dans l’opposition… mais non, nous avons eu la sagesse de supporter cette épreuve, d’accepter la décision royale et de privilégier l’intérêt du pays ». Puis il poursuit, toujours sur la formation du gouvernement : « L’entrée de l’USFP, cause principale du blocage, au gouvernement a été un coup de plus porté au parti, et je ne l’ai pas admis… Depuis, tout ce qui est arrivé est de notre responsabilité commune ».

Abdelilah Benkirane a, enfin, parlé du 3ème mandat… … « La décision de ne pas porter les amendements des statuts devant le congrès fut probablement une erreur, car il aurait fallu que ce soit le congrès qui en débatte et qui en décide… Mais cela, on pourrait le faire pour une prochaine fois, car aujourd’hui, ce qui est fait est fait ». Et la conclusion, adressée à ceux qui veulent le voir rester : « Ne perdez pas votre temps et ne me faites pas perdre le mien ! Et ne gâchez pas cette fête ! ».

Las… ses partisans n’ont pas désarmé…ils ont demandé plusieurs motions d’ordre lors de la séance générale, mais le président du congrès Jamaâ Moatassim a été ferme, refusant net de leur accorder la parole et leur lançant : « Gardez en mémoire que ce parti doit être une école de la démocratie, et que nous devons donner l’exemple ! ».

Les amendements proposés par le conseil national, et dans lesquels ne figurent pas les fameux articles 16 (la règle des deux mandats) et 37 (qualité des membres du secrétariat général), ont été adoptés à la majorité simple, fermant donc définitivement à un 3ème mandat consécutif pour Abdelilah Benkifrane.

Dès lors, les esprits se sont calmés, et les congressistes ont commencé à se préparer à élire les quelques 150 membres du Conseil national des quatre prochaines années, avec l’idée de passer ensuite, dimanche 10, au moment clé du congrès, l’élection du secrétaire général. Les deux favoris sont maintenant le chef du gouvernement Saadeddine Elotmani et le ministre d’Etat chargé des droits de l’Homme Mustapha Ramid. On parle bien d’Aziz Rabbah, mais rien de bien sérieux, semblerait-il… du moins pas pour cette fois.

Mustapha Ramid a déclaré solennellement que dans le cas où il serait proposé pour le secrétariat général – au PJD, il n’y a pas de candidature spontanée et les  candidats sont proposés par les congressistes – il refuserait.

Le 8ème congrès du PJD s’oriente donc vers l’élection de Saadeddine Elotmani comme futur secrétaire général jusqu’en 2021. Sauf énorme surprise…

Aziz Boucetta

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