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Economie |

Publié le 26 septembre 2017

Où en est la prospection et la recherche d’hydrocarbures au Maroc ?

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C’est l’une des activités les plus secrètes du royaume, et d’ailleurs aussi pourrait-on dire… La recherche de pétrole et de gaz relève toujours du secret d’Etat, et surtout au Maroc, pays qui bouscule déjà certaines puissances par sa position de leader mondial du phosphate et de l’engrais, et de (récente) puissance continentale. Or, il est plutôt anormal que le royaume ne dispose pas dans son sous-sol de richesses pétrolières, sachant que la ceinture d’hydrocarbures de la terre englobe le Maroc. Le point sur cette activité, avec certains détails, dévoilés par Mme Amina Benkhadra.

Bien qu’ils présentent les signes et indicateurs potentiellement favorables à l'accumulation de gisements d’hydrocarbures, les bassins sédimentaires marocains restent encore sous-explorés, explique la directrice générale de l'Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM) Amina Benkhadra.

Les chiffres

En effet, si à l’échelle mondiale, la densité moyenne de forages est de 10 puits  par 100 km², le nombre total de puits forés à fin juin 2017 est de 340 dont 43 en offshore, soit une densité moyenne de 4 forages par 1.000 Km². Nous sommes loin du compte… Plus en détail, la superficie couverte aujourd’hui par les travaux d'exploration s'élève à 180.121.42 km² et portent sur 87 permis de recherche, 8 autorisations de reconnaissance et autant de concessions d’exploitation.

Toutes ces activités ont coûté, pour la période 2010-2016, la bagatelle de 16 milliards de DH, soit 1,6 milliards de $, dont 98% sont pris en charge par les compagnies étrangères. Pour 2017 et à fin août, ces investissements s'élèvent à 466,9 millions de DH pour les partenaires et 18,8 millions pour l'ONHYM. Ces mêmes investissements, pour cette même année 2017, pourraient se chiffrer à la fin de l'exercice à 1,3 milliard de DH pour les partenaires contre 36,4 millions pour l’ONHYM, soit 3% du total.

Les obstacles

Il est vrai que la conjoncture actuelle, caractérisée par la baisse du cours du pétrole, ne se prête pas nécessairement aux très lourds investissements que requièrent les activités de prospection, et qui par nature peuvent être engagés sans rien en retour. Mais l’ONHYM continue d’œuvrer pour encourager les grandes et moins grandes compagnies nationales à venir chercher l’or noir ou le gaz sous nos latitudes, et sous notre sol aussi. Le but pour Amina Benkhadra est de persister à dynamiser la reconnaissance et l’évaluation du potentiel des bassins sédimentaires marocains.

Elles sont aujourd’hui une vingtaine de sociétés pétrolières à exercer leurs activités de forages et de prospection au Maroc, et l’ONHYM est en négociation avec quatre autres compagnies internationales de renom.

Les réalisations

L’ONHYM et ses partenaires en exploration pétrolière ont découvert des gisements productifs de gaz dans le bassin du Gharb et de gaz et condensat dans le bassin d’Essaouira, et à Tendrara,  les récents travaux de forage réalisés ont confirmé la présence de gaz naturel dans cette zone.

A Tendrara toujours, trois puits d’exploration ont été forés, et l’évaluation de faisabilité économique du gisement est en cours, y compris la certification des réserves ; la mise en production de cette découverte est prévue pour 2019.

Concernant l’onshore du bassin du Gharb, Mme Benkhadra a indiqué que bien qu'ils soient de petite taille, les gisements dans cette zone sont économiquement intéressants en raison de l’existence, sur place, d'un réseau de gazoducs avec plusieurs stations de séparation ainsi que la proximité de plusieurs industries de la province de Kénitra, ce qui permet de les rentabiliser.

Les perspectives d’avenir

En termes d'investissement, les prévisions budgétaires pour 2018 sont de l'ordre de 124 millions de DH pour l’ONHYM, contre près 1,34 milliard de DH pour les partenaires. Durant la période 2017-2021, l’ONHYM prévoit l’acquisition de 3.350 km de sismique 2D dans le nord du Maroc et dans les provinces Sud, alors que les partenaires de l’Office comptent au cours de cette même période acquérir 2.200 km de sismique 2D, 15.600 km² de sismique 3D et réaliser 24 forages d’exploration.

Mme Benkhadra a par ailleurs affirmé la détermination de l'ONHYM de poursuivre, par ses moyens propres, ses efforts de mise en valeur du potentiel pétrolier des différents bassins sédimentaires notamment au niveau des régions de Tanger-Tétouan-Al Hoceima et Rabat-Salé-Kénitra, faisant remarquer que deux programmes sismiques 2D sont planifiés dans les deux prochaines années dans les provinces sud du Royaume portant sur 1.000 Km et 1.500 Km respectivement sur Le bassin de Zag (2018) et d’Al Haggounia (2019). Mais la patronne de l’ONHYM n’a donné aucune indication sur ces « moyens propres »…

De leur côté, les partenaires de l’ONHYM prévoient en 2018 l’acquisition de 1.755 km de sismique 2D, essentiellement sur Tendrara, 5.200 km² de sismique 3D sur Boujdour offshore et le forage de quatre puits d’exploration dont un en offshore.

Pour rappel, Amina Benkhadra est ingénieure des mines, diplômée des Ecoles de Nancy et de Paris, ainsi que de l'Université de Columbia. Elle a été secrétaire d'Etat sous Hassan II et ministre de Mohammed VI, les deux fois de l'Energie et des Mines.

Avec MAP

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