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Publié le 10 août 2017

Le Maussade Hassad et le chat qui s’est fait Haj…, par Moussa Matrouf

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On raconte qu’un chat de chez nous a voulu, un jour, expier sa manie très féline au demeurant de dévorer les rats. Alors, il prit la décision de s’en aller aux Lieux Saints pour y accomplir son pèlerinage. Une fois cela fait, il revint au pays, et en sa chaumière il fut accueilli par ses amis et congénères les chats qui le félicitèrent chaudement pour son  pèlerinage. Quant aux rats, ils se réunirent en conclave et, sur un ton grave, palabrèrent de la chose.

Chacun des rats présents montra une réticence certaine à aller au-devant du chat… on ne sait jamais ce qui peut se produire une fois en présence de lui. Alors ils décidèrent de recourir au volontariat et d’attendre que le plus téméraire d’entre eux se décidât à tenter cette « mission impossible ». Et donc, la jeunesse étant ce qu’elle est, c’est le moins âgé qui se dressa, se portant volontaire avec l’enthousiasme de son âge et la ferme volonté de montrer à tous son courage et son sens de l’héroïsme.

Et ainsi donc, voilà notre jeune rat qui trottina vers la demeure du « Haj » Chat… et qui en revint, sain et sauf, quelque peu effrayé certes, mais vivant. Il raconta alors à ses pairs son aventure.

A en croire le narrateur de cette histoire, quand le rat est revenu de son improbable entrevue avec le chat, il a affirmé à ses pairs que « la pose était certes celle d’un Haj, mais quand il m’a vu, ses yeux pétillèrent, ses babines se retroussèrent et ses moustaches se dressèrent… par chance, Dame Providence était là qui veillait sur moi ce jour-là… ».

Cette histoire rappelle quelque peu le cas de Mohamed Hassad, qui a basculé du ministère de l’Intérieur à celui de l’Education nationale, de la Formation professionnelle de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique. Le trait est certes un peu forcé, le parallèle reste caricatural, mais cela sert avantageusement les besoins de la narration.

Ainsi, en dehors du grand dessein de Hassad de conquérir le maussade Mouvement populaire et d’en croquer l’épi qui en forme le symbole, avec son jaune vif représentant tantôt la richesse tantôt la maladie, c’est ce paisible basculement d’un ministère à l’autre qui retient ici notre attention, bien que rien ne les relie… en dehors d’ « épi-er » l’Education de l’Intérieur !

Notre propos ici est que suite à une glissade, Hassad a basculé de l’Intérieur vers l’Education, mais une fois là, ses yeux ont continué de pétiller, ses narines se sont retroussées et ses oreilles se sont dressées… En effet, il a reçu au garde-à-vous  les syndicats de profs et les a mis en garde contre tout relâchement dans leur noble mission, veillant sur ceux qui reviennent dans le giron du Makhzen et surveillant les autres qui tiennent à leur Siba ici-bas.

Puis, une fois au parlement, évoquant cette grande famille qu’en tout autre lieu on élève et on sublime, le hussard Hassad n’a eu de cesse d’agiter la sempiternelle ritournelle du « gauchisme », comme si ces « gauchistes » – au sens noble du terme cette fois – n’avaient pas inculqué à de pleines générations de Marocains de l’école publique le sens critique… cette vertu qui a finalement permis à bien des jeunes et des moins jeunes parmi ce « peuple » de s’en sortir avant que l’on ne fasse le bilan désastreux d’un enseignement qui nous a donné tant de têtes bien pleines, quand elles le sont d'aventure, à défaut d’esprits bien faits, avant d’être défaits !

Moussa Matrouf est journaliste et chroniqueur à Mowatine.com 

(Traduction de Panorapost.com)

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