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Publié le 05 janvier 2017

L’UC insiste pour aller au gouvernement

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Alors que les négociations politiques sont en passe de trouver une issue entre le chef du gouvernement Abdelilah Benkirane et le président du RNI Aziz Akhannouch, sur la base d’une reconduction de la majorité sortante, voilà que l’UC, qui a fusionné son groupe parlementaire avec celui du RNI, se rappelle au bon souvenir de tout le monde et réclame douloureusement une place dans le futur gouvernement.

Le parti présidé par Mohamed Sajid a publié un communiqué, où il considère que « l’approche retenue dans la proposition du chef du gouvernement (à Akhannouch) manque quelque peu de rationalité car ne tenant pas compte de récentes évolutions sur la scène politique et ignore le réalisme des chiffres ».

En clair, la (désormais) petit UC rappelle la fusion de son groupe avec celui du RNI et brandit ses 19 députés qui, à son sens, conféreraient plus de consistance à la future majorité. Pour Sajid et ses amis, l’idée d’Abdelilah Benkirane « vise à dissocier deux partis qui ont décidé, avant même le démarrage des concertations pour la formation du gouvernement, de se rapprocher, de fonder un groupe unique à la Chambre des représentants et de mettre en place une alliance stratégique ».

L’UC, en désespoir de cause, sort un grand argument : « Cette approche (du chef du gouvernement, NDLR) porte atteinte à l’autonomie des deux partis dans la prise de décisions les concernant ». Autrement dit, l’UC emprunte l’argument développé par le PJD et l’Istiqlal, qui ont fait de « l’autonomie de décision » leur cheval de bataille contre ce qu’ils appellent le « tahakkoum ».

Le communiqué de l’UC, en ultime et douloureux recours, fait part de « l’étonnement de l’UC de constater que  le processus de formation du gouvernement aille jusqu’à intervenir dans la formation et la destruction d’alliances partisanes, surtout quand ces alliances sont responsables ».

Bref, en gros et en clair, l’UC voit venir son éviction du futur gouvernement, et ne supporte pas de laisser passer cette occasion de retourner au gouvernement, près de 20 ans après l’avoir quitté. Le parti de Sajid sait qu’il ne pourra survivre en dehors du gouvernement, lui qui a été créé au début des années 80 pour être au gouvernement, au risque de ne pas être du tout.

Or, les concertations menées actuellement entre Benkirane et Akhannouch passent loin au-dessus de l’UC, qui sait ne pas avoir prise sur elles. D’où son cri poignant…

Et donc, à la lumière des dernières révélations sur la proposition de Benkirane de reconduire la majorité sortante, il semblerait que l’on s’achemine vers le scénario suivant :

1/ Une majorité parlementaire composée du PJD, du PPS, du RNI et du MP, avec, si Benkirane insiste beaucoup, l’Istiqlal qui a fait l’objet d’un communiqué fort élogieux du PJD et si Akhannouch pèse de tout son poids, l’UC qui devra se contenter de siéger avec les grands, mais pas en conseil de gouvernement.

2/ Une alliance gouvernementale formée des quatre partis sortants, PJD, PPS, RNI et MP.

Et il serait étonnant que d'un côté comme de l'autre de cette négociation "homérique" entre Benkirane et Akhannouch, on prenne le risque de tout faire éclater pour l'UC...

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