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Maroc |

Publié le 17 novembre 2016

La polémique enfle entre Akhannouch et Benkirane

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Samedi 5 novembre, le patron du PJD et chef du gouvernement désigné Abdelilah Benkirane avait fait un exposé devant les cadres de son parti sur l’avancée des tractations pour former son gouvernement. Il avait, entre autres, qualifié le RNI de parti « handicapé », et s’était livré à une savante démonstration sur le chiffre de 37 (le nombre de députés des Indépendants) qui est inférieur à 125 (élus PJD), et que donc cela ôtait toute possibilité de négociation au RNI. Akhannouch a répondu…

« Puisque nous sommes un parti handicapé, pourquoi alors Benkirane nous attend-t-il pour former son gouvernement ? », a réagi le nouveau président RNI, directement de Marrakech où il se trouve pour la COP22, ajoutant avec une certaine amertume que « ce n’est pas ainsi qu’on agit avec les autres partis. Doit-on subir ce genre de discours pendant cinq ans encore en cas de formation du gouvernement ? ». La réponse est oui, semblerait-il… « Les attributions du chef de gouvernement sont claires et l’habilitent à trouver sa majorité, mais s’il rencontre des difficultés, je refuse qu’il désigne le RNI, comme bouc-émissaire ».

Et, de fait, la question est légitime. Puisque le PJD n’a plus besoin que de 15 voix pour former sa majorité, et que l’UFP a dit oui, même du bout des lèvres, avec ses 20 élus, pourquoi Benkirane n’engage-t-il pas d’ores et déjà les concertations avec le PPS, l’Istiqlal et l’USFP sur la phase 2, celle des départements à attribuer à chaque formation ?

La réponse est simple, et va dans le sens de sa volonté de travailler avec le RNI. Mais il veut, avant, montrer qu’il est le plus fort. Oubliant qu’Akhannouch, lui aussi, est fort. Puis, comprenant qu’il avait été trop loin, le chef du gouvernement recule, un peu en désordre, et explique son propos…

« Dire que le parti est handicapé est une façon d’indiquer que cette formation n’avait pas de président »,  explique donc Benkirane, avant d’attaquer encore : « Je ne comprends d’ailleurs pas qu’un parti qui n’a pas de président décide quand même de s’adjoindre une autre formation, en l’occurrence l’UC ». Et, à l’aise dans l’attaque, il continue : «  Le RNI est notre ancien allié principal, et nous irons vers lui en premier, mais soyons clairs, il n’y a pas et n’y aura pas de chantage ! ».

On est aujourd’hui toujours là, avec une situation de blocage institutionnel. Benkirane a affirmé attendre la fin de la COP22 pour lancer ses tractations pour la formation du gouvernement. On ne voit pas le rapport, mais croyons-le sur parle et attendons, donc,… après-demain ! On l’a vu, hier, assistant au Sommet africain de l’action, à plusieurs mètres d son ministre de l'Agriculture. Et entre les deux,plusieurs autres ministres, RNI... directement impliqués dans la marche africaine du Maroc.

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