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Maroc |

Publié le 06 juin 2016

Quand l’Algérie accuse le Maroc et la France de vouloir la diviser…

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On sait que la meilleure défense est dans l’attaque, comme on dit… Mais il faut savoir y faire. Les Algériens voient dans les propos de plus en plus directs et francs de Rabat contre l’hostilité croissante d’Alger à notre égard une volonté de déstabiliser leur pays. Et c’est Ahmed Ouyahia, directeur de cabinet à la présidence algérienne et ancien Premier ministre qui attaque, donc, aussi bien le Maroc que… la France.

L’objet de sa colère contre le Maroc ? Une réponse faite à l’ONU par un diplomate marocain qui avait évoqué la lutte des 11 millions de Kabyles, mis sous pression par le gouvernement central algérien. Les choses n’avaient pas été plus loin, mais les Algériens y avaient vu une attaque directe contre leur intégrité et souveraineté. Il n’est pas dans les habitudes du Maroc de s’immiscer dans les affaires intérieures des autres pays, amis soient-ils ou ennemis.

L’objet de sa colère contre la France ? De passage à Tizi Ouzou, en pays kabyle, l’ambassadeur de France à Alger Bernard Emié avait précisé que « 60% des visas délivrés par son ambassade aux Algériens vont aux habitants des wilayas de la Kabylie et que 50 % des étudiants algériens en France sont issus de cette même région ». Tollé général dans les cercles de pouvoir algérien.

S’exprimant lors d’un meeting du Rassemblement national démocrate qu’il préside, Ahmed Ouyahia a expliqué qu’ « en parlant de la sécurité et de la stabilité du pays, nous avons également à l’esprit les manœuvres subversives promues par certaines puissances étrangères revanchardes, exploitant quelques mercenaires politiques qui revendiquent aujourd’hui l’indépendance de la Kabylie ou l’autonomie du M’zab ». Le dirigeant de premier plan algérien, qui ne peut appartenir au premier cercle de pouvoir sans être un fervent soutien du Polisario, et donc un non moins ardent contempteur du Maroc, ajoute que « ces complots sont colportés par deux parties. La première n’a jamais accepté l’indépendance de l’Algérie (sic) et la deuxième reproche à notre pays ses positions pour l’autodétermination du peuple sahraoui (re-sic)». « Ces deux pays, fulmine Ouyahia, s’appuient sur des mercenaires politiques internes (…), ceux qui revendiquent l’autodétermination de la Kabylie et de la région du M’zab ».

A supposer que cela soit vrai, et cela ne l’est pas, et si on comprend bien, les Algériens se donnent le droit de défendre des « positions pour l’autodétermination du peuple sahraoui », mais refusent que le Maroc puisse faire pareil pour l’autodétermination du peuple kabyle. Et que vient faire la France dans cette affaire, sauf peut-être à lui reprocher de trouver cohérente la solution d’autonomie proposée par le Maroc pour mettre fin au conflit du Sahara ?

Mais la susceptibilité est marquée chez les officiels algériens en ce qui concerne la Kabylie, et cela apparaît dans ces réactions viriles contre Rabat et Paris.

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