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Maroc |

Publié le 05 mars 2016

L’Union Européenne arrondit les angles avec le Maroc

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Une série en plusieurs épisodes, commençant par l’arrêt de la Cour de justice européenne annulant l’Accord agricole entre Bruxelles et Rabat en décembre et s’achevant sur cette spectaculaire et surprenante décision du gouvernement Benkirane de suspendre tous les contacts avec l’UE, fin février. Vendredi 4 mars, la Haute Représentante de l’UE pour la politique extérieure et la sécurité Federica Mogherini  était à Rabat pour aplanir le (lourd) différend.

La chef de la diplomatie européenne a été reçue à Rabat par son homologue marocain Salaheddine Mezouar. Celui-ci a rappelé que cette affaire revêt « un caractère éminemment stratégique », notant qu' « il ne s'agit pas d'une simple question judiciaire, mais d'un élément fondamental pour la poursuite du partenariat ». Le Européens ont donc pu prendre la juste mesure de la décision judiciaire prise à l’encontre des intérêts du Maroc et touchant à un élément jugé fondamental par Rabat.

« Je suis consciente de ce que peut constituer la question de l'arrêt de la cour de justice européenne du 10 décembre pour le Maroc. L'Union européenne reste convaincue de la légalité internationale » des accords la liant au Maroc, a affirmé Federica Mogherini à l’issue de ses entretiens avec Mezouar.

Le Maroc reproche à l’UE d’avoir interjeté appel de la décision de la Cour sans prendre son avis ni lui apporter d’éclaircissements à lui qui est pourtant le principal concerné par cette affaire qui touche à sa souveraineté. C’est pour cela que Mme Mogherini a tenu à préciser que « l'Union reste convaincue que les accords entre le Maroc et l'Union européenne ne constituent pas une violation de la légalité internationale et c'est pour cela qu'un pourvoi en appel a été introduit. L'accord agricole demeure par ailleurs en vigueur. J'ai fourni les clarifications et les assurances au cours du dialogue avec les autorités marocaines. L'Union européenne et le Maroc travailleront en véritable partenaires sur ce sujet ».

L’UE œuvre donc à régler le différend et à prendre en considération les remarques du Maroc, qui tendent à fournir des éléments et arguments aux Européens afin qu’une telle bévue ne se reproduise plus. « De nouveaux contacts ont été effectués à tous les niveaux entre l'Union européenne et le Maroc sur cette question depuis le mois de décembre. Une interaction et un dialogue sur base régulière, continue et transparente seront mises en place. A cette fin, le ministre délégué (Nasser Bourita, NDLR) se rendra à Bruxelles avant la fin du mois de mars pour finaliser le contenu de cette interaction avec la partie européenne », a expliqué Federica Mogherini.

Rappelons que Berlin et Bruxelles ont exprimé leur soutien à la position du Maroc, plus tard rejoints par la France qui a affirmé soutenir à son tour l'appel de la Commission contre l'arrêt judiciaire européen. Le gouvernement andalou a aussi fait part de ses vives inquiétudes quant à l’impact négatif que pourrait avoir la suspension des contacts entre Rabat et Bruxelles, sur le protocole de pêche liant les deux parties. Evidemment.

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