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Publié le 04 décembre 2018

Rétro n°24 : La fadeur n’est pas passée, elle ne passera jamais.

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Lundi. L’Algérie est en plein émoi, elle vient de décider de réaliser le plus grand projet de cette dernière décennie. « Le Premier ministre, Ahmed Ouyahia a assuré que l'usine de transformation du phosphate est le premier grand et important projet industriel que lance l’Algérie depuis près d’une décennie et dont le rendement métamorphosera la région Est du pays et consolidera l’économie nationale ». En voilà une bonne nouvelle pour nos copains d’à côté ! Sauf qu’au lieu d’inviter les Chinois, cela aurait été, peut-être, meilleur pour eux de faire appel à leurs « frères » marocains, qui ont, eux, une certaine maîtrise du phosphate… quand même… Des projets comme ça, OCP en fait des tonnes, ici, ailleurs, partout, sauf en Algérie…

L’Algérie, encore… Le ministre marocain des Affaires étrangères Nasser Bourita a convoqué l’ambassadeur d’Algérie pour lui demander le sort de la main tendue du roi, lequel finira par attraper une crampe tellement que sa main est restée tendue dans le vide. L’Algérien est venu, il a entendu, et il est reparti. Les généraux n’ont toujours pas annoncé à Bouteflika que Mohammed VI veut la paix… enfin.

Mardi. Saadeddine Elotmani est très certainement un honnête homme, et un honnête homme est généralement pieux, animé par des vœux tout aussi pieux. Ainsi des entreprises… le chef du gouvernement leur promet un avenir radieux, « dans un environnement sain et favorable à leur développement ». Soit. Paroles, paroles, paroles, dirait Dalida… A l’administration, les entreprises doivent attendre leurs paiements près de 8 mois, au fisc, on leur demande de l’argent sous 48 heures. A la banque, on les regarde de haut tomber bien bas. A la CGEM, le sigle a changé en : « Comment Gérer son Entreprise avec Mezouar ? ». Et quand ils vont s’adresser au gouvernement, Elotmani reçoit les entrepreneurs avec son plus beau sourire, et les renvoie à la banque, à l’administration et à la CGEM.

Mercredi. L’Algérie, toujours… Qui a dit que le président Bouteflika était souffrant ? Ce n’est quand même pas parce qu’on est cloué sur un fauteuil depuis 5 ans qu’on est forcément malade… La preuve : il « a mis en garde mercredi contre "les manœuvres politiciennes" observées à l'approche de chaque "échéance cruciale" pour le peuple algérien », poursuivant que « certains réduisent les enjeux du présent et de l'avenir au changement et à la succession des responsables et des personnes ». En gros, « on m’a mis candidat, mais comme je ne le sais pas encore, je ne le dis pas… mais dans l’attente, sévissez contre tout et tous ». A ce niveau-là, ce n’est plus du politique, mais du pathétique.

Jeudi. Le roi Mohammed VI reçoit Saadeddine Elotmani, Moulay Hafid Elalamy, et une demi-douzaine d’autres personnes dont deux de ses conseillers. Le roi dit à MHE que « le Plan d’accélération industrielle de la région Souss-Massa, n’a enregistré aucune avancée depuis son lancement, appelant le département concerné à redoubler d’efforts et à assumer ses responsabilités ». Ça, c’est la MAP et son langage ampoulé. En clair, selon notre confrère Medias24, Mohammed VI a copieusement engueulé MHE, le réprimandant sur son arrogance, épinglant sa double nationalité et, plus grave, bien plus grave, lui reprochant de servir ses intérêts avant ceux du pays. Mais c’est grave, tout ça… servir ses intérêts avant ceux du pays et disposer d’une double nationalité, si MHE avait été saoudien, il aurait volé en morceaux. Plus sérieusement, c’est la majorité d’ici qui risque de partir en éclats… et pas de rire !

Vendredi. Au G20, les choses sont plutôt dans le non-dit. Donald Trump arrive, conquérant comme d’habitude, grimaçant et menaçant, sous le sourire amusé du Très Austère M. Ji. MBS se pointe aussi, avec sa cape et ses sandales immaculées, avec même pas une tache de sang à se mettre sous l’objectif ; derrière sa cape blanche, il lance un regard noir à Erdogan, son bourreau médiatique et politique. Emmanuel Macron vient sur ces entrefaites, cabossé par les Gilets jaunes, l’air sévère mais le mental en berne, et il admoneste MBS qui s’en fout, lui adressant un sourire narquois. Angela Merkel n’est pas venue, son avion étant tombé en panne ; elle a pris en catastrophe un avion de ligne Iberia, pendant que ses techniciens réparaient l’appareil de la Lufthansa, dont le câblage électrique avait été rongé par des rats voici quelques semaines.

Samedi. Les gilets jaunes donneront finalement le jaunisse à Emmanuel Macron. C’est ça, devenir président, à la première élection, d’un peuple aussi frondeur que les Français. A force de les appauvrir, puis de les engueuler, avant de les insulter, le chef récolte les fruits jaunes de as jeunesse. Certes mais, dit Corneille, « aux âmes bien nées, la valeur n’attend pas le nombre des années », faut s’interroger si Macron est (bel et) bien né ? Est-il une âme bien née ou un âne borné ? Après l’affaire Benalla, les jaunes et les jeunes sont là, et le chef est bien las.

Dimanche. MBS passe des grands au gland, il s’envole de Buenos Aires pour s’en aller à Alger. Il y est reçu par le très jovial premier ministre Ssi Ahmed ; les journalistes se planquent, et demandent leur protection, que leurs officiels leur refusent. MBS voit tout le monde, mais pas le chef Bouteflika, cloué au lit, dit-on, par une grippe aigüe, lui qu’on a l’habitude de voir agrippé à son fauteuil…

Rage aux crampons, le Raja va au Congo, se prend deux buts, s’effondre, essaie de se ressaisir, encaisse le troisième, commence à se morfondre mais… grâce à Dieu et certainement pas au jeu, il avait marqué un but, ce qui lui fait remporter une coupe finalement ps si méritée. Mais dans le monde du foot, le mérite ne se mesure guère au talent, mais aux coups de talons.

A la semaine prochaine.

Aziz Boucetta

 

 

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