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Publié le 28 octobre 2018

Carlos Ghosn raconte la genèse de Renault Tanger en 2006

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Le pédégé de l’alliance Renault Nissan Mitsubishi Carlos Ghosn était l’invité vedette de World Policy Conference, organisée ce weekend par OCP Policy Center à Rabat, et il a même eu droit à un panel où il était le seul à répondre aux questions de Thierry de Montbrial, maître de cérémonie. Il a livré ses idées sur la mondialisation, sur son groupe, et il a aussi raconté comment est née l’idée de la méga usine Tanger Med…

Et c’est ainsi que le patron du groupe automobile a expliqué qu’un jour de 2006 où il était à son bureau, vaquant naturellement à ses occupations, il reçoit un coup de fil de Driss Jettou, alors Premier ministre, qui lui dit qu’il souhaite passer le voir, « pour boire un café »… C’était à une époque où le top management de Renault commençait à atteindre ses limites dans son usine roumaine et qu’une réflexion était menée pour savoir ce qu’il convenait de faire.

Driss Jettou est donc arrivé et il a tenu ce discours à son hôte : « Le Maroc est prêt et capable de faire ce qu’il faut pour que Renault vienne en force au Maroc ». Et voilà comment Renault Tanger est né, qu’elle fabrique aujourd’hui 340.000 véhicules par an, presque 1.000 par jour, et qu’elle envisage de passer à 500.00 véhicules chaque année.

« Tout cela est parti d’une volonté politique du Maroc, et du roi du Maroc », rappelle Carlos Ghosn, qui ajoute que « quand il existe une bonne coopération entre un groupe industriel et un Etat, que le premier apporte la production et procure des emplois, et que le second offre une bonne compétitivité, alors tout devient possible et les choses vont bien ». Depuis, le chef de Renault est venu à plusieurs reprises au Maroc, y rencontrant le roi Mohammed VI qui lui facilite les choses. Rappelons qu'en 2009, en pleine crise financière et économique, le même Carlos Ghosn avait hésité à poursuivre son projet, et qu'il avait fallu que le roi Mohammed VI mette la main à la poche en mobilisant les grandes ehtreprises nationales pour assurer la bonne fin de l'idée de Renault Tanger...

Parlant de son groupe, plutôt improbable dans son alliance entre deux mastodontes japonais et un Français, M. Ghosn a expliqué que chaque société a sa stratégie et son identité, et ce n’est que dans la synergie entre tous et la collaboration de tous que l’alliance devient « belle » et qu’elle fonctionne à son optimum, dans le respect de l’identité et du positionnement de tous les partenaires de l’alliance. Evoquant l’exemple de la Kwid, Carlos Ghosn a raconté qu’au départ, les ingénieurs de chaque entreprise étaient réticents, et ce n’est qu’en créant une commission réunissant les trois constructeurs que le projet Kwid a pu voir le jour. Il ne faut donc rien tenter d’imposer, tout se fait dans la concertation au sein de l’alliance.

Pour l’industriel, la mondialisation n’est pas une mauvaise chose car elle simplifie les choses pour tout le monde, tout en les compliquant car « vous avez des concurrents partout, qui viennent de partout, sur tout », et cela challenge les industries tout en incitant les industriels à « mériter » leurs parts de marché. Il existe toutefois des « pépins », comme Donald Trump et son isolationnisme et le Brexit, mais ce n’est que du court terme.

Enfin, le patron de Renault a expliqué cette notion de mobilité procurée par les voitures. Ainsi, selon lui, la demande, le besoin de mobilité seront de plus en plus importants dans les années qui viennent au point de dépasser le besoin de nourriture et le besoin de santé. Discutable, mais puisque c’est Carlos Ghosn qui le dit…

AB

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