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Publié le 25 octobre 2018

Elections de mi-mandat, « caravane des migrants », Khashoggi, quels enjeux pour Trump ?

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Dernière ligne droite pour Donald Trump pour conserver sa majorité républicaine au Congrès. Alors que le scrutin aura lieu le 6 novembre prochain, le président américain tente de séduire les électeurs en ne disant pas tout haut ce qu’il pense tout bas concernant l’assassinat de Jamal Khashoggi, ou en estimant que les démocrates sont responsables des flux migratoires massifs aux Etats-Unis.

Deux ans après son élection, le locataire de la Maison Blanche fait face à un possible retournement de situation et pour cause, les Américains doivent élire leurs 435 représentants et un tiers de leurs sénateurs (35 exactement). Le président américain espère pouvoir conserver une majorité républicaine au Congrès au lendemain du scrutin.

Au parlement américain, plus connu sous le nom de Congrès, le Parti républicain publicain dispose d’une majorité mais pourrait perdre au moins l’une des deux chambres. En effet, si le Sénat, chambre haute (51 sénateurs républicains contre 49 sénateurs démocrates) est plutôt sécurisé, il en va différemment de la Chambre des représentants, chambre basse (235 représentants républicains contre 193 représentants démocrates et 7 sièges vacants), plus ouverte au changement de sa majorité. 

Au lendemain des élections il y aura l’un de ces cas de figure, le premier est lié au fait que les républicains gardent la main sur le Congrès et pourront donc continuer à gouverner comme c’est le cas depuis deux ans. En revanche, si c’est les démocrates qui remportent les élections, ils auront donc accès à la majorité au Congrès, dans au moins une des deux Chambres. Une telle situation pourrait être problématique pour le président, car ses nominations et ses propositions de lois ne seront plus aussi facilement validées qu’aujourd’hui. Par contre, si l’un ou l’autre parti n’arrive à obtenir la majorité que dans une seule chambre, et en raison du bicaméralisme égalitaire, aucune des chambres ne pourra mettre la pression sur l’autre. Les conservateurs ainsi que les libéraux, seront donc contraints de combiner leurs politiques, ce qui est très peu probable !

A l’approche de la date butoir, mardi 6 novembre, Donald Trump séduit les Américains à travers une succession de tweets et d’interviews dans le but de partager sa fermeté sur l’assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi ou sur les 7000 migrants honduriens qui se dirigent vers les Etats-Unis.

Trump n’accueille pas les migrants à bras ouverts

La position de Donald Trump sur les migrants n’est un secret pour personne ; en effet, son acharnement à chasser les sans-papiers du territoire américain est sa principale vocation. Et les Américains semblent être d’accord avec cette politique. La nouvelle « caravane des migrants » tombe donc à pic. Donald Trump en profite pour de nouveau jeter une pierre dans le jardin des démocrates. « A chaque fois que vous voyez la caravane, ou des gens arrivant illégalement, ou essayant de le faire, dans notre pays, pensez aux démocrates et retournez-vous contre eux, pour ne pas nous avoir permis de changer nos pathétiques lois sur l’immigration ! Souvenez-vous-en aux élections ! », a-t-il écrit sur Twitter. En route depuis 12 jours, et se trouvant actuellement sur le sol mexicain, les migrants devront pouvoir atteindre les Etats-Unis dans 45 jours, à raison d’une dizaine de kilomètres parcourus par jour. A ce stade, on compte un mort parmi ces migrants, décédé dans la ville de Villa Nueva, à environ 30 km de Guatemala City, lorsqu'il est tombé d'un camion transportant des migrants.

Ce que Trump s’abstient de dire concernant l’assassinat de Jamal Khashoggi

Depuis le 2 octobre, jour de l’assassinat de Jamal Khashoggi, malheureusement devenu mondialement célèbre après ce « hideux incident », selon Mohamed Ben Salmane (MBS), Trump, comme à son habitude, n’a pas sa langue dans sa poche. Et pour cause, il ne cesse d’accuser les Al Saoud et MBS en particulier d’être directement impliqués dans le meurtre de ce journaliste saoudien. Mais combiner affaires et politique est le point fort du milliardaire et l’Arabie Saoudite est un grand pays investisseur aux Etats-Unis. Donald Trump attend peut-être que les élections passent pour apaiser les tensions avec son allié.

Meriem Boucetta

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