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Publié le 10 octobre 2018

L’ONU met en garde l’Algérie contre les expulsions massives de migrants vers le Niger

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L'ONU a décrié et a réitéré son appel à l'Algérie pour qu'elle mette immédiatement fin aux expulsions sommaires de migrants africains, alors que les autorités de ce pays d'Afrique du Nord continuent de rassembler et d'expulser des milliers de personnes vers le Niger dans un climat désertique rude.

« Ces expulsions collectives d'Algérie vers le Niger constituent une violation flagrante du droit international », a déclaré Felipe Gonzalez Morales, rapporteur spécial des Nations Unies sur les droits de l'homme des migrants, dans un rapport.

L'Algérie, où les médias ne sont pas libres de couvrir des problèmes critiques, a envoyé plus de 35 000 Africains aux frontières avec le Niger sans leur donner la possibilité de demander l'asile.

« J'appelle le gouvernement algérien à respecter ses obligations internationales et à mettre immédiatement un terme à toutes les expulsions collectives de migrants au Niger », a déclaré Gonzalez Morales.

De hauts responsables du pays, dont le Premier ministre Ahmed Ouyahya, ont exprimé à haute voix leur position qui frise le discours d'extrême droite en matière de migration.

L’Algérie, contrairement à son voisin le Maroc, ne donne pas aux Africains la possibilité de rester légalement. Nombre de ceux qui ont été envoyés contre leur volonté au Niger ont été surpris par les autorités sur leur lieu de travail et ont été emmenés en bus vers un centre de détention puis abandonnés dans des conditions difficiles dans le quartier désert.

Des migrants interrogés plus tôt en juin ont déclaré à Human Rights Watch qu'ils avaient subi des actes de violence de la part des autorités algériennes qui leur avaient pris leur argent et leurs biens, ajoutant que «les expulsions sommaires ont également séparé des familles».

Un grand nombre de ces migrants sont morts aux frontières avec le Niger, a déclaré l'Organisation internationale pour les migrations (OIM).

Des ONG internationales de défense des droits humains, notamment Human Rights Watch et Amnesty International, reprochent souvent à l'Algérie d'avoir maltraité des migrants subsahariens alors qu'elle poursuit l'expulsion massive de ces migrants et demandeurs d'asile privés de la possibilité de demander la protection internationale en vertu de la Convention de Genève de 1951 à laquelle l'Algérie est partie.

Le populisme anti-immigrés en Algérie est en hausse, certains responsables épousant ouvertement les positions xénophobes, y compris des ministres qui accusent les difficultés économiques de leur pays d'être imputables aux pauvres migrants subsahariens.

Ces pratiques et rhétoriques anti-migrants ont été à l’origine du rappel de l’ambassadeur de la Guinée à Alger plus tôt en janvier. La décision du président guinéen, Alpha Condé, a attiré l'attention sur le double langage de l'Algérie, qui aspire à se faire entendre en Afrique tout en maltraitant les Africains sur son sol.

MN

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