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Publié le 08 octobre 2018

Rétro n°17 : Aznavour mort, Ronaldo en tort, Kavanaugh s'en sort, Pierrette Mjid, la majorité...

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La fadeur n’est pas passée, elle ne passera jamais.

Lundi. Un autre Grand s’en va, dégoûté par la grisaille. Aznavour, le grand Charles, l’autre grand Charles, est mort, comme il a vécu, sans déranger personne. Il avait l’âge qu’il fallait, 94 ans, mais avec ce genre de type, le grand départ est toujours douloureux et prématuré. Surtout qu’il n’y a plus grand monde derrière, hormis peut-être, en forçant un peu, Eddy Mitchell et deux ou trois autres de moindre calibre. La France de la Culture a honoré Aznavour aux Invalides, la France de Macron a fait descendre les Champs-Elysées à Johnny Halalay… Jupiter devient terre à terre.

Mardi. La Cour d’appel de Casablanca annonce le tarif. Quand on roule vite, avec un permis, expiré, qu’on heurte quelqu’un, qui expire, puis qu’on s’enfuit, express et exprès… et enfin qu’on cause un autre accrochage… on écope de 10 mois de prison, dont la moitié ferme. C’est la sentence prononcée contre le jeune homme qui a tué la vieille femme Pierrette Mjid. Etant absents de la salle, nous ignorons si le verdict s’est accompagné des félicitations du jury…  Il y a néanmoins d’autres méthodes pour s’en tirer : donner de l’argent à la famille de la victime, mais ça, c’est à Marrakech que ça se passe. Il faut juste être une star, jeune homme aux belles jambes de footeux ou jeune femme aux beaux yeux de Miss.

Mercredi. Désormais, il est interdit d’être esclavagiste au Maroc. La loi sur les employées de maison entre en vigueur, et les « petites bonnes » ont désormais leurs droits… pas tous, mais des droits quand même. Faut juste que les mégères, les marâtres et autres furies en soient un peu convaincues… et le gouvernement aussi ! Car les procédures sont un peu fastidieuses et l’équipe Elotmani a fait très peu de pub autour de la chose. La majorité s’étripe en silence et avec peu d’élégance, et Yatim est occupé à justifier ses amours interdites et dévoilées. Les Marocains seront donc moins esclavagistes, du moins sur le papier.

« Veux partir ! », geint Gérard Collomb, l’(encore) ministre d’Etat à l’Intérieur en France. « Non, tu t’en iras pas », rétorque le Président… En général, les choses s’arrêtent là. Mais non, le Lyonnais, voulant s’en revenir dans sa bonne ville plus calme que Beauveau, insiste, puissamment engueulé qu’il fut par Madame Brigitte… et se fait quasiment virer par un Premier ministre Philippe arrivé en retard à la cérémonie de passation. Trois ministres ont quitté le paquebot Macron qui tangue, mais du haut de son Olympe, Jupiter ne voit rien, n’entend rien… que Jupiter. Et Madame Brigitte.

Jeudi. La majorité se réunit, les temps sont durs, les esprits échauffés, les langues déliées, les patiences à bout… on va voir ce qu’on va voir, quand Elotmani, Akhannouch et les autres, Benabdallah, Lachgar, Laenser et Sajid se rencontreront. Et ben on a vu. Rien, ils se sont entretenus de choses et d’autres les séparant, ont dégusté « Briouate, baghrir et ghriyba », et ont convenu de se rencontrer à la prochaine dispute… certainement dans quelques jours quand il s’agira d’élire le président de la Deuxième Chambre.

Le Maroc a dit oui, il rencontrera le Polisario à Genève, pour une « table ronde », dit l’ONU, pour des « discussions préliminaires », ajoute la même ONU. Le Polisario est également partant, tant il est vrai qu’il est bien plus marrant de passer quelques jours de villégiature à Genève que quelques minutes de militantisme à Tindouf. Les Algériens se tâtent, mais sentent qu’ils sont piégés car ils ont compris qu’on ne peut rester marionnettiste à vie, sans se découvrir. Les Mauritaniens, franchement, qu’ils soient là ou pas est secondaire.

Vendredi. Ce qui est déroutant chez les hommes, c’est leur aptitude à violer, et souvent sans même se voiler la face. Mais maintenant on le sait, Ronaldo n’est pas homo, comme le laissaient penser les photos avec son ami le très viril Badr Hari le portant en maillot près d’une piscine. En 2009, le joueur, un peu éméché, s’en est donc pris à une jeune femme en Italie… CR7 arrive, dribble, ruse, gesticule, mais la défense le surprend et bloque l’ouverture du vagin. CR7, plus talentueux que jamais, déjoue la barrière, change de direction et trouve une autre ouverture, où il marque son but. Il est heureux. Las… Nike et EA Sports, ses deux principaux sponsors, pensent à lui régler son sort en le privant d’or.

Depuis qu’il n’est plus ministre, maintenant qu’il n’est plus député, après qu’il fut ambassadeur et facilitateur et malgré une amitié étrange avec Abdelilah Benkirane, Nabil Benabdallah joue au sage. Lui qui est tellement indispensable au PPS qu’il y est devenu irremplaçable, considère que les bisbilles de la majorité sont une absurdité et que « les Marocains veulent et méritent mieux ». Il en suinte de bile, Nabil… ah, ce Benabdalalala…

Samedi. Un diplomate de carrière doit être carré… et sur ce chapitre-là, notre très peu souriant mais très taiseux ministre des Affaires étrangères Bourita est bon. L’année dernière, quand le Polisario avait essayé d’entrer à la conférence Japon-Afrique au Mozambique, notre Bourita national est entré, physiquement, dans le tas. Au Japon, les Algésariens ont tenté la même chose, mais Jazouli, lui, est plus classe. Il ne s’est pas battu. En diplomatie, un communiqué et un retrait est bien plus lourd quand ils tombent au bon moment, bien meilleurs en tous cas qu’une veste qu’on tombe.

Femmes, si un jour vous vous faites sexuellement agresser, voire violer, ne dites rien, cela ne sert à rien. La Grande Amérique a montré qu’un homme soupçonné de choses aussi graves peut accéder à la Cour suprême dans un tout aussi suprême pied-de-nez à la morale. Face aux miteux, Metoo ne sert pas à grand-chose.

Dimanche. Le Cameroun vote pour un despote. Paul Biya passera, car s’il n’a rien fait, 35 ans durant qu’il est vieux et que son peuple en a assez de lui, il présente cet indéniable avantage d’être violent, malgré les violons de la démocratie. Il en sera à son 7ème mandat… moins que notre Laenser national… mais lui, personne ne le connaît. Et c’est tant mieux.

A la semaine prochaine.

Aziz Boucetta

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