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Publié le 26 septembre 2018

A l’ONU, Macron et Trump étalent leurs divergences

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Le président français Emmanuel Macron a fustigé mardi l’unilatéralisme et dénoncé « la loi du plus fort », désignant, sans le nommer, le président américain Donald Trump qui s’était exprimé une heure avant lui devant la 73e Assemblée générale des Nations Unies, à New York.

Son discours a résonné comme une réponse presque point par point aux propos de son homologue américain. Sans citer nommément Donald Trump, le président français l’a clairement désigné en dénonçant la « loi du plus fort » et les errements de l’unilatéralisme.

« Née d’une espérance, l’ONU peut devenir, comme la Société des Nations qui l’a précédée, le symbole d’une impuissance. Et nul n’est besoin de chercher les responsables de ce délitement : ils sont ici, dans cette assemblée. Ils prennent la parole aujourd’hui. Les responsables, ce sont les dirigeants que nous sommes », a-t-il d’abord lancé aux chefs d’Etat et de gouvernement.

« Face aux déséquilibres contemporains, je ne crois pas à la loi du plus fort, quand bien même elle s’habillerait d’une forme de légitimité là où elle a perdu en réalité toute espèce de légalité », a-t-il poursuivi.

« La voie de l’unilatéralisme nous conduit directement au repli et au conflit, à la confrontation généralisée de tous contre tous, au détriment de chacun, même de celui à terme qui se croit le plus fort », a renchéri le chef de l’Etat français.

« La loi du plus fort ne protège aucun peuple contre quelque menace que ce soit, qu’elle soit chimique ou nucléaire », a-t-il insisté en évoquant le dossier iranien, emblématique de son opposition à Donald Trump en matière de politique étrangère.

« Qu’est-ce qui permettra de régler véritablement la situation en Iran et qu’est-ce qui déjà a commencé à permettre de la stabiliser ? La loi du plus fort ? La pression d’un seul ? Non! Nous savons que l’Iran était sur la voie du nucléaire militaire, mais qu’est-ce qui l’a stoppé ? L’accord de Vienne de 2015 », a martelé Emmanuel Macron.

« Qu’est-ce qui réglera le problème des déséquilibres commerciaux et toutes leurs conséquences sur nos sociétés ? Des règles communes adaptées à la réalité d’aujourd’hui et permettant d’assurer des conditions de concurrence loyale, égale et en aucun cas un traitement bilatéral de tous nos différends commerciaux ou un nouveau protectionnisme », a-t-il poursuivi, alors que l’instauration de salves de taxes douanières par les Etats-Unis menace de plonger l’économie mondiale dans une guerre commerciale.

« Qu’est-ce qui permettra de régler la crise entre Israël et la Palestine ? Pas des initiatives unilatérales, ni le fait d’ignorer les droits légitimes des Palestiniens pour obtenir une paix durable, ni de sous-estimer le droit légitime des Israéliens à leur sécurité », a continué Emmanuel Macron désignant sans ambiguïté la politique de l’administration Trump au Proche-Orient.

La rédaction

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