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Publié le 05 septembre 2018

Syrie : les mises en garde se multiplient en vue du prochain assaut pour la reprise d’Idled

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Le président turc Recep Tayyip Erdogan a mis en garde contre un massacre à Idleb si le régime syrien et ses alliés venaient à mener une attaque d'envergure dans cette région rebelle du nord-ouest de la Syrie, selon des propos rapportés mercredi par les médias.

« Dieu nous en garde, un massacre pourrait avoir lieu si une pluie de missiles s'y abattait », a déclaré M. Erdogan à des journalistes à bord de l'avion le ramenant d'une visite au Kirghizstan.

« Trois millions et demi de personnes vivent là-bas et c'est vers la Turquie que ces gens fuiraient en cas de désastre », a ajouté le président turc, dont le pays accueille déjà plus de trois millions de réfugiés syriens.

Dernière région syrienne échappant au contrôle des forces gouvernementales, Idleb, frontalière de la Turquie, est dominée à 60% par Hayat Tahrir al-Cham (HTS, formé de membres de l'ex-branche d'Al-Qaïda) et compte également une multitude de groupes rebelles.

Le Kremlin, fervent soutien de Damas, a annoncé mardi que l'armée syrienne « s'apprête à régler » le problème du terrorisme dans cette province, en dépit des mises en garde de la Turquie, des Etats-Unis et de l'Europe.

Erdogan et ses homologues russe, Vladimir Poutine, et iranien, Hassan Rohani doivent s'entretenir vendredi de la situation en Syrie lors d'un sommet en Iran. Les trois pays sont les garants du processus d'Astana, visant à trouver un règlement politique en Syrie.

Bien que Moscou et Téhéran soutiennent le régime syrien alors qu'Ankara appuie les rebelles qui cherchent à le renverser, les trois pays coopèrent étroitement depuis plusieurs mois.

« Grâce à Dieu nous allons pouvoir empêcher une action extrême du régime (à Idleb) en obtenant des résultats positifs lors du sommet de Téhéran », a encore assuré M. Erdogan.

Les Etats-Unis convoquent une réunion vendredi

Les Etats-Unis organiseront vendredi une réunion du Conseil de sécurité sur la situation à Idleb, a annoncé mardi l'ambassadrice américaine à l'ONU, Nikki Haley, tout en semblant accepter une offensive du régime syrien sous condition qu'elle se produise avec un armement conventionnel.

« S'ils veulent continuer à reprendre le contrôle de la Syrie, ils peuvent le faire mais ils ne peuvent pas le faire avec des armes chimiques », a déclaré lors d'une conférence de presse Nikki Haley, en présentant la présidence américaine du Conseil de sécurité pour le mois de septembre.

Par cette déclaration, la représentante américaine a semblé donner un feu vert à une offensive du régime syrien sur Idleb, qui semble imminente, sous condition qu'elle ne s'effectue pas au moyen d'armes chimiques.

La question d'Idleb est sérieuse, a-t-elle ajouté, en précisant qu'une majorité des quinze membres du Conseil de sécurité étaient en faveur d'une telle réunion vendredi. Elle devrait se tenir à 13H30 GMT ou à 14H00 GMT, a-t-elle indiqué.

 Des Casques blancs retirent une victime des décombres d'un bâtiment détruit suite à une attaque aérienne à Idlib, Syrie, 15 mars 2017

Nikki Haley a rappelé les récents avertissements du président américain Donald Trump sur un éventuel recours à l'arme chimique par le régime syrien pour reprendre le contrôle de la province d'Idleb.

« Soyons clairs, notre position, ferme, reste inchangée: si le président Bachar al-Assad décide d'utiliser une nouvelle fois des armes chimiques, les Etats-Unis et leurs alliés répondront rapidement et de façon appropriée », avait indiqué plus tôt la Maison Blanche dans un communiqué.

« Le président dit à l'Iran, à la Russie et (au président syrien Bachar al-) Assad de ne pas attaquer. Ne laissez pas une attaque chimique se dérouler contre la population d'Idleb », a ajouté Nikki Haley, faisant référence aux propos de M. Trump.

« Ils ne peuvent intervenir avec des armes chimiques », a-t-elle martelé. « Si des armes chimiques sont utilisées, les Etats-Unis répondront », a-t-elle prévenu.

Idleb est le dernier bastion rebelle syrien. Le régime Assad cherche à le reconquérir après avoir chassé rebelles et jihadistes de plusieurs autres grands fiefs qu'ils contrôlaient en Syrie.

 Des membres des forces russes et syriennes montent la garde au point de passage d'Abu Duhur, à l'est de la province d'Idlib, le 20 août 2018.

Selon l'ONU, une offensive contre la province d'Idleb, où vivent quelque 2,9 millions de personnes, pourrait faire jusqu'à 800.000 déplacés et provoquer une catastrophe humanitaire.

Le conflit en Syrie, déclenché en 2011 avec la répression par le régime de manifestations pro-démocratie, a déjà fait plus de 350.000 morts et des millions de déplacés et de réfugiés.

Avec AFP

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