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Publié le 17 juillet 2018

Retrait de l'accord sur le nucléaire: Trump affirme que l'Iran est dans la tourmente

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Donald Trump a assuré lundi que l'Iran était agité par des émeutes depuis le retrait américain de l'accord sur le nucléaire iranien, et que les Etats-Unis soutenaient les manifestants

« Ils ont des émeutes dans toutes leurs villes, l'inflation est galopante », a dit le président américain dans une interview à Fox News.

Et « ce régime ne veut pas que les gens sachent que nous sommes derrière eux à 100%. Ils ont des manifestations à travers le pays (...). Et des batailles se sont produites depuis que j'ai mis fin à cet accord. Alors nous verrons », a dit M. Trump, qui s'exprimait juste après son sommet avec son homologue russe Vladimir Poutine à Helsinki.

Donald Trump a annoncé en mai le retrait de Washington de l'accord sur le nucléaire iranien, conclu en 2015.

Les Européens, la Russie et la Chine, signataires de ce texte, sont déterminés à sauver ce compromis historique limitant le programme iranien en échange de la levée des sanctions internationales. Début juillet, ils ont conforté le droit de Téhéran à exporter du pétrole et rester un acteur du commerce international.

Le retour annoncé des sanctions américaines a toutefois fait fuir les grands groupes étrangers revenus s'implanter en Iran en 2016 après l'entrée en vigueur de l'accord. Il a aussi contribué à affaiblir considérablement la monnaie nationale, le rial iranien, qui a perdu environ 50% de sa valeur en neuf mois face au dollar sur le marché des changes.

Des manifestations de colère contre le pouvoir se sont produites en juin à Téhéran, et des affrontements ont opposé début juillet les forces de l'ordre à des protestataires dénonçant une pollution de l'eau dans le sud-ouest de l'Iran.

L’Irak veut isoler les Etats-Unis

Le guide suprême iranien, Ali Khamenei, a plaidé pour un développement des relations de son pays avec le monde entier, « y compris l'Ouest et l'Est », mais pas les États-Unis, indique lundi son site internet officiel.

En recevant dimanche le président Hassan Rohani et le gouvernement, l'ayatollah Khamenei a insisté sur « la nécessité de développer la diplomatie et les relations avec les autres pays », selon la transcription d'une partie de ses remarques publiée en anglais.

« A l'exception de quelques cas peu nombreux - comme les États-Unis, il faut étendre et développer les relations de l'Iran avec les autres pays, y compris l'Ouest et l'Est » a ajouté M. Khamenei.

Depuis que les États-Unis ont annoncé en mai leur sortie de l'accord international sur le nucléaire iranien de 2015 et le renforcement de leurs sanctions contre la République islamique, Téhéran multiplie les contacts diplomatiques pour chercher du soutien contre Washington sur la scène internationale et tenter de contrer l'effet de ces sanctions extraterritoriales.

En 1979, l'un des slogans les plus populaires de la révolution iranienne était « Ni Ouest, Ni Est, République islamique », marquant la volonté du nouveau pouvoir de trouver une voie indépendante des « Deux Grands » de l'époque: États-Unis et Union soviétique.

L'accord sur le nucléaire iranien a été conclu à Vienne le 14 juillet 2015 entre l'Iran et le groupe 5+1 : Chine, États-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie et Allemagne.

Il a permis de sortir l'Iran de son isolement grâce à la levée d'une partie des sanctions internationales visant Téhéran en échange d'une limitation drastique du programme nucléaire iranien et de l'engagement de l'Iran à ne jamais chercher à sa doter de l'arme atomique.

Déçu des retombées économiques de cet accord, et notamment d'un afflux d'investissements européens en Iran jugés trop faibles, M. Khamenei avait donné en février un signal fort en faveur du développement des liens de son pays avec la Russie et l'Asie. « En matière de politique étrangère, préférer l'Orient à l'Occident [...] est une de nos priorités », avait-il affirmé

Après le retrait américain de l'accord de Vienne, M. Khamenei a exigé des Européens qu'ils donnent des « garanties réelles » permettant de préserver les intérêts économiques iraniens afin que Téhéran reste dans l'accord, tout en estimant qu'on ne pouvait « pas [leur] faire confiance ».

Selon son site internet, le guide a exhorté dimanche le gouvernement à « l'action et au dynamisme » car, selon lui, « l'économie du pays ne peut pas se permettre d'attendre que les Européens offrent des garanties ».

 

Avec AFP

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