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Maroc |

Publié le 07 juillet 2018

Carburant : Chute de la production face au boycott, les accords seront-ils signés ?

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Le gouvernement marocain a mis au point un plan visant à limiter les prix du carburant afin de désamorcer la colère sur le coût de la vie qui a déjà déclenché une campagne de boycott des consommateurs.

Selon Bloomberg, le gouvernement marocain a finalisé un plan de plafonnement des prix du carburant et attend l'approbation du chef du gouvernement.

Le plan, qui doit encore être approuvé par Saad-Eddine El Othmani, permet au gouvernement d'ajuster les prix du carburant tous les 15 jours. Le ministre délégué chargé des Affaires générales et de la gouvernance, Lahcen Daoudi, a déclaré que M. El Othmani devait le signer à tout moment. Tout ce que je peux dire maintenant, c'est que cela sera promulgué cette année.

Alors que le taux d'inflation au Maroc est l'un des plus bas de la région, les hausses de prix atteignent un niveau inégalé depuis cinq ans, provoquant des troubles sociaux. L'inflation de la consommation a atteint 2,6% en mai et la banque centrale s'attend à ce qu'elle reste autour de ce niveau cette année, avant de retomber à 1,4% en 2019.

Les augmentations des prix des produits laitiers, de l'eau minérale et du carburant ont déclenché une campagne de boycott menée par les médias sociaux qui a frappé les bilans de sociétés comme le géant français de l'alimentation Danone.

Les subventions aux carburants ont été levées en 2015 dans le cadre d'un programme d'austérité. Après le déménagement, les critiques ont été dirigées vers les distributeurs de carburant, dont les profits ont explosé. Selon le nouveau plan, le gouvernement peut imposer des mesures temporaires pour contrer les fluctuations excessives des prix provoquées par des mesures extraordinaires, a indiqué M. Daoudi.

Alors que la proposition aurait un impact sur les marges des distributeurs tels que Total Maroc et Vivo Energy, « un dialogue constant sera maintenu » avec le groupe marocain Petroleum, l'organisation des opérateurs industriels connue sous son acronyme français GPM, selon M. Daoudi.

Les actions de Total Maroc, deuxième distributeur de carburant en Afrique du Nord, ont chuté de près de 50% à la Bourse de Casablanca depuis le 9 mai, date à laquelle M. Daoudi a annoncé que le gouvernement avait l'intention de plafonner les prix du carburant.

Contexte tendu

Sauf que le cours du marché du pétrole est très incertain depuis l’embargo de l’Iran dicté par les États-Unis et qui risque d’impacter sur la production de la brute mondiale malgré les garanties de l’Arabie saoudite qui promet d’augmenter sa production de pétrole dans les mois à venir.

Le pétrole a atteint son plus haut niveau en trois ans, le 4 juillet, les approvisionnements devenus très serrés ont éclipsé l'engagement saoudien de stimuler la production. Le président Donald Trump a réagi avec un tweet furieux pour menacer même son allié saoudien de tout faire pour augmenter sa production.

« Même si l'Arabie Saoudite fournit une grande partie du pétrole pour remplacer les déficits de l'Iran, de la Libye ou du Venezuela, le marché craint que nous n'atteignions des niveaux de capacité inutilisés », a déclaré Bart Melek, responsable de la stratégie mondiale des matières premières. chez Valeurs Mobilières TD à Toronto. « Si quelque chose arrive en plus, il pourrait être assez difficile d'approvisionner le marché. », a-t-il ajouté.

C’est dans ce climat très tendu que M. El Othmani prendra une décision à propos du prix du carburant.

Le chef du gouvernement se trouverait donc dans un dilemme cornélien, d’un côté l’incertitude des cours mondiaux du pétrole qui risque d’impacter sur la position des distributeurs qui sont tout aussi attentifs aux indicateurs et les marchés mondiaux que d’une entente  avec le gouvernement marocain, et de l’autre côté, les populations, qui même le temps d’un accalmie observé depuis quelques jours peuvent reprendre service et dans un contexte marqué par le renouvellement des instances politiques des partis, en vue des prochaines élection, le chef du gouvernement (PJD) joue gros.

 

Mouhamet Ndiongue

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