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Maroc |

Publié le 28 juin 2018

Le Maroc « rejette » le concept de centre d'accueil pour migrants et se démarque

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Le Maroc « rejette » le concept de centres d'accueil hors-UE envisagé par l'Union européenne pour externaliser la gestion des flux migratoires hors de ses frontières, a déclaré le ministre des affaires étrangères, Nasser Bourita.

« Le Maroc rejette et a toujours rejeté ce genre de méthodes pour la gestion de la question des flux migratoires », a-t-il dit après une rencontre à Rabat avec son homologue espagnol Josep Borrell, en fustigeant les « solutions faciles » et qualifie ses « mécanismes contre-productifs ».

La réaction du chef de la diplomatie arrive au moment où les 28 pays de l’Union européenne se réunissent à Bruxelles pour tenter de trouver une solution sur la répartition des migrants et les mécanismes de les recevoir dans l’union ou pas.

Sur cette question, l’Algérie, par la voix de son ministre des Affaires étrangères, Abdelkader Messahel, interrogé par Rfi a condamné et refusé que l’Algérie soit un pays d’accueil de migrants.

Le Maroc, comme la Tunisie ou l'Albanie, fait partie des pays cités comme possible localisation des centres d'accueil de migrants ou des « plateformes de débarquement hors de l'Europe » qui devaient être discutées au cours du sommet européen sur les migrations ouvert jeudi à Bruxelles.

L'Espagne, comme l'Italie et la Grèce, est une des trois portes d'entrée des migrants en Europe.

Si le nombre de migrants tentant de franchir la Méditerranée a été divisé par deux depuis début 2018 par rapport à la même période en 2017, il a triplé en ce qui concerne l'Espagne, selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM).

Entre le 1er janvier et le 20 juin, 12.155 migrants sont arrivés par voie maritime en Espagne, via la route de transit dite « occidentale ». Sur cette période, 292 migrants sont morts en tentant d'atteindre les côtes espagnoles - sur 960 décès en Méditerranée -, selon l'OIM.

Pour la seule journée de lundi, les garde-côtes espagnols ont secouru 616 migrants sur des embarcations, et plus de 750 samedi dernier.

L'Espagne qui depuis le problème du bateau Aquarius dont aucun pays européen ne voulait recueillir sur ses côtes a depuis ce jour pris depuis ce jour le taureau par les cornes. Le premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, lors de sa rencontre avec le président français Emmanuelle Macron suite à la crise de l’Aquarius a déclaré que « l’Europe doit agir avec responsabilité face la à crise qui nous frappe tous ».

Aujourd’hui, l’Espagne plaide pour un renforcement de la coopération avec le Maroc sur la question migratoire, après la signature en décembre d'une convention UE-Maroc, prévoyant une enveloppe de 390 millions de dirhams sur quatre ans.

« Je prends l'engagement que l'Europe porte sur le Maroc une attention approfondie », a affirmé le chef de la diplomatie espagnole, Josep Borrell jeudi, en plaidant notamment pour le développement des accords sur la pêche et l'agriculture - dossiers qui ont buté des derniers mois sur la question des ressources issues du territoire du Sahara occidental.

Une rencontre était également prévue jeudi à Rabat entre les ministres de l'Intérieur espagnol et marocain sur les questions de la migration et de la lutte contre le terrorisme.

La rédaction

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