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Publié le 28 juin 2018

Colère américaine contre une première conférence antiterroriste à l'ONU

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Les Etats-Unis ont annoncé mercredi réduire leur niveau de représentation à une conférence antiterroriste inédite prévue jeudi et vendredi à l'ONU, protestant contre la place insuffisante à leur goût accordée à la société civile par son organisateur russe.

Selon un responsable américain s'exprimant sous le couvert de l'anonymat, Washington va aussi diminuer de deux millions de dollars sa contribution au financement du Bureau antiterroriste de l'ONU, dirigé par ce même Russe, Vladimir Voronkov, et créé il y a un an par Antonio Guterres, secrétaire général des Nations unies.

Ex-diplomate, Vladimir Voronkov figure parmi ses adjoints pour le domaine du contre-terrorisme. Son Bureau vise à mieux coordonner l'action antiterroriste des Nations unies alors que des dizaines d'agences de l'ONU traitent ce sujet de près ou de loin.

Appelée à être renouvelée tous les deux ans, la conférence organisée jeudi et vendredi est la première du genre. Quelque 185 participants et 25 organisations y sont attendus. Si les sessions de la première journée sont à huis clos, celles de vendredi sont en format "ouvert" avec la participation le matin et l'après-midi d'organisations représentant la société civile.

« Il est scandaleux que le nouveau Bureau de l'antiterrorisme de l'ONU bloque la participation de la société civile », a affirmé dans un communiqué l'ambassadrice américaine à l'ONU, Nikki Haley, qui aurait voulu leur participation à l'ensemble de la conférence.

« Il n'y a pas d'explication raisonnable » à ce choix « sauf à avoir cédé à la pression politique d'une poignée de pays sans crédibilité en matière de contre-terrorisme --comme la Russie, la Syrie, l'Iran, Cuba et le Venezuela-- et pour qui bloquer la société civile est l'usage », a-t-elle ajouté.

Dénonçant un abus, Nikki Haley a précisé qu'« en conséquence, les Etats-Unis diminueront leur niveau de représentation à la conférence » confiée à un diplomate du département d'Etat.

Antonio Guterres « via ses actions et ses paroles a toujours défendu la nécessité d'un espace pour la société civile et ses droits », a réagi son porte-parole, Stéphane Dujarric. « Pour cette conférence, il y a plus de 60 organisations de la société civile présentes (...) et elles participeront activement au deuxième jour » de la conférence, a-t-il relevé, rejetant implicitement les critiques américaines.

Selon un responsable de l'ONU s'exprimant sous le couvert de l'anonymat, le choix d'avoir des sessions à huis clos a été retenu en raison du caractère confidentiel des informations échangées. L'objectif des rencontres est de partager les meilleures pratiques. Plusieurs chefs d'agences antiterroristes, leurs adjoints ou des responsables de ministères de l'Intérieur sont attendus.

Dans les prises de parole, il ne va pas se passer grand-chose, prédit une source au fait de l'organisation des sessions. Le plus intéressant sera « dans les couloirs, les rencontres bilatérales ou les petites multilatérales ». « Si les prises de conscience peuvent être améliorées de 5%, ce sera déjà bien », ajoute cette source.

 

Avec AFP

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