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Publié le 26 juin 2018

Rétro n°11 : Les Arabes jouent et perdent, les Occidentaux perdent la tête et leurs valeurs, Laftit perd de la hauteur et les Gn

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La fadeur n’est pas passée, elle ne passera jamais…

Lundi. Qu’ils soient arabes comme les Saoudiens et les Egyptiens, ou même plus ou moins arabes comme le Maroc ou la Tunisie, le résultat est le même. Au football, l’une des règles est que les Arabes perdent même si, exception faite des Saoudiens, ils jouent souvent bien.  Les Arabes ne savent pas gagner : ils ne gagnent pas d’argent, ou alors leurs chefs, ils ne gagnent pas en sport, ou alors leurs expatriés, et ils ne gagnent même pas à être connus. Ce qui sauve relativement Marocains et Tunisiens, c’est qu’ils ne sont pas tout à fait Arabes… alors ils gagnent de l’argent, mais pas tout à fait, ils gagnent quelquefois en sport, même les locaux, et ils gagnent toujours à être connus. Quand même.

Mardi. Les Etats-Unis quittent le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU et continuent de mettre en cage des enfants séparés de leurs parents migrants clandestins à la frontière avec le Mexique. Même les Saoudiens, pourtant peu enclins à l’humanisme, n’auraient pas osé, et même les Saoudiens s’en sont paraît-il émus… Le monde libre, les pays civilisés peuvent dormir en paix, ils sont à la hauteur de leur réputation de fossoyeurs des valeurs qu’ils ont eux-mêmes inventées jadis : les USA mettent des enfants en cage, et les Européens laissent des naufragés en mer. Seulement voilà, les Américains ont poussé Trump à reculer sur la question des séparations des familles et des enfants en cage, mais les Européens applaudissent leurs dirigeants naufrageurs.

Noureddine Ayouch souhaite organiser un colloque sur les minorités religieuses à Casablanca. Souhaitait… Le ministère de l’Intérieur a dit, finalement, non. Pourquoi ? Les procédures n’ont pas été respectées… Moralité : non seulement certaines méthodes de l’Intérieur semblent ne pas avoir changé depuis 30 ans, mais les justifications non plus. Et pourtant  causer n’a jamais fait de mal à personne, même dans la provoc’.

Mercredi. Le roi ordonne à Laftit de mieux nommer les agents d’autorité, de s’assurer de leurs compétences et de leurs mérites et de les soumettre au sacrosaint principe de la reddition des comptes. Ce n’était pas le cas, semble-t-il, puisque le chef de l’Etat ressent le besoin de le rappeler, puisqu’il l’a déjà dit auparavant.  Laftit, ministre de l’Intérieur de son Etat, est lui-même un ancien agent d’autorité qui a réussi, puisqu’il est devenu ministre (à sa très grande surprise). Il est même totalement dépourvu de sens de l’humour, c’est dire s’il est dans son élément…

Jeudi. A Essaouira, il n’y a pas de boycott, le festival bat son plein et fait le plein, les places pleines de monde et la joie plein les cœurs. Durant trois jours, on est à Essaouira, on s’enferme dans la ville, on s’envoûte avec les rythmes et on s’ensorcelle avec les fusions, et surtout  on oublie le reste, tout le reste. Le boycott, ce n’est pas pour la ville du vent, bien que dans d’autres villes, on entend le vent souffler sur certaines scènes. A Essaouira, on a même le sens de l’humour, comme ces jeunes boycotteurs chevelus, lunettes bleues, regard perdu, jeans troué, sirotant une bouteille de Sidi Ali, un bon Danone chauffant au soleil, le tout devant une hilarante pancarte de boycott… Mais ils doivent boycotter Afriquia, puisqu’ils sont venus à Essaouira à pied !

Vendredi. La presse s’organise, et se vandalise, personne ne se mobilise et au final, on obtient un Conseil national de la presse… entre potes. Dans le secteur, le boycott marche, à défaut du secteur. Et puis, toujours dans le secteur, il ne faut jamais s’appliquer ce qu’on reproche aux autres, comme par exemple le cumul des mandats. En Europe, on en parle car il est impossible de tout faire, et bien faire. Au Maroc, on peut cumuler autant qu’on veut, pour peu que l’on ne fasse rien, mais hamdoullah  c’est le cas.

Samedi. Il ne s’est pas passé grand-chose de très croustillant... Les Européens sont suspendus à leurs politiques migratoires, le Maroc est en suspens et le Mondial suit son cours, et surtout ceux du dollar et de l'euro.

Dimanche. Les Saoudiennes peuvent conduire, désormais, sans mais… les femmes, dans ce pays, prennent aujourd’hui le volant et les hommes se prennent la tête et l’homme qui a décidé cela, MBS de son sigle, prend la grosse tête. Il ne manquait plus que cela, à ces dames… le vernis, le maquillage, la beauté, le regard (ah, le regard), tout est là, sauf la liberté de vivre au 21ème siècle. Mais attention, si aujourd’hui tout le monde peut conduire en Arabie Saoudite, personne ne peut parler. Mohamed Ben Salmane veille sur la quiétude, et le silence, de tous. Et désormais, de toutes aussi.

A la semaine prochaine.

Aziz Boucetta

 

 

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