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Publié le 20 mai 2018

Migration : Le Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine plaide pour la libre circulation des personnnes

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Le Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l'Union africaine (UA), lors de sa 771 e réunion tenue le 11 mai 2018, a adopté des décisions qui suit sur la crise des migrants d’Afrique notamment l’impératif de la politique libre circulation en Afrique.

Le Conseil rappelle la décision de l’Assemblée de l’Union sur la libre circulation des personnes et le passeport africain adoptée par le gouvernement de l'Assemblée des chefs d'Etat et de gouvernement lors de la 27ème session ordinaire tenue à Kigali, Rwanda, en juillet 2016, dans laquelle l'Assemblée avait exhorté tous les États membres à adopter le passeport africain et à travailler étroitement avec la Commission de l'UA pour faciliter le processus de publication au niveau national basé sur la politique internationale, continentale et nationale.

Il s’est félicité des efforts déployés par la Commission de l'UA pour accélérer la mise en œuvre du Protocole au traité instituant la Communauté économique africaine relatif aux libres circulations de personnes, de droit de résidence et de droit d'établissement en Afrique adopté par le Sommet de l'UA en janvier 2018 à Addis-Abeba et signé par un nombre important de pays lors du 10ème Sommet extraordinaire de l'UA tenu à Kigali en mars 2018.

Le communiqué a aussi fait état du Protocole de Traité instituant la Communauté économique africaine relatif aux libres circulations des personnes, droit de résidence et le droit d'établissement en Afrique et l'accord instituant la zone de libre échange continentale africaine (AfCFTA) et que les deux instruments vont de pair et sont cruciaux pour relever le défi de la migration irrégulière en Afrique. Le Conseil reconnaît que la mise en œuvre de ces instruments continentaux garantira un mouvement digne et légitime des Africains sans entrave. En outre, le Conseil souligne que la libre circulation des personnes favorisera la migration régulière et empêchera les trafiquants migrants d'exploiter les migrants. Le Conseil note en outre que des mesures nécessaires sont prises pour résoudre les problèmes de sécurité, en particulier par le partage de données biologiques, les migrants réguliers voyageant légitimement en utilisant les postes frontaliers officiels.

La situation des migrants en Libye préoccupe profondément le Conseil qui déclare cette situation inacceptable et constitue une menace pour la sécurité non seulement de la région, mais aussi de la paix et de la stabilité de l'ensemble du continent. À cet égard, le Conseil souligne la nécessité urgente de rechercher une solution durable à la situation déplorable des migrants africains en Libye, qui est une responsabilité partagée de tous les États membres. À cet égard, le Conseil prend note des mesures prises par la Task Force tripartite de l'UA-UE-ONU, sous la direction de la Commission de l'UA.

Non sans se limiter à la situation en Libye, il note avec inquiétude que les réseaux criminels et terroristes organisés ont transformé les routes de migration par ailleurs historiquement sûres en une industrie criminelle aux conséquences dévastatrices pour les migrants et aux graves conséquences pour la sécurité des pays d'origine, de transit et de destination. À cet égard, le Conseil insiste sur la nécessité pour les États membres d'élaborer une stratégie coordonnée de partage de l'information et de déployer les dernières technologies qui assureraient le démantèlement des réseaux criminels et terroristes organisés contrôlant et promouvant la migration irrégulière sur le continent.

Le Conseil de paix et de sécurité approuve la création de l'Observatoire africain des migrations, proposé par Mohammed VI, Roi du Maroc, leader de l'UA pour les questions de migrations, qui vise principalement à collecter des données, à assurer l'échange d'informations et la coordination entre les pays africains. L'Observatoire, qui s'appuiera sur la triade Comprendre, Anticiper et Agir, créera des synergies avec les initiatives continentales sur la migration et les soutiendra, par le partage de données et de connaissances, pour relever efficacement les défis liés aux flux migratoires en Afrique. Le Conseil souligne l'importance pour l'Observatoire de collaborer avec les initiatives existantes telles que le Centre d'opérations régionales (ROC) de Khartoum, l'Initiative de la corne de l'Afrique (HoA) pour renforcer la collaboration et le partage de renseignements et traiter les crimes continentaux liés à la migration.

Les États membres sont par ailleurs inviter à signer et à ratifier le protocole au traité instituant la Communauté économique africaine relatif à la libre circulation des personnes, le droit de résidence et le droit d'établissement en Afrique et l'accord instituant l'AfCFTA, afin de tirer pleinement parti de la libre circulation des personnes, du bien et du service en Afrique, y compris la promotion de la migration régulière.

La rédaction

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