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Publié le 12 avril 2018

Marrakchi/Benhida-Aiouch et Mezouar/Mekouar : Etat des lieux de la « présidentielle » à la CGEM

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L’ancien ministre des Finances , puis des Affaires étrangères, Salaheddine Mezouar a finalement opté pour Fayçal Mekouar comme ticket de candidature à la présidence de la CGEM. Fayçal Mekouar est déjà vice-président général de la CGEM, ce qui signifie que si Mezouar est élu, lui sera reconduit. En face, le duo très méritant Hakim Marrakchi/Assia Benhida-Aiouch. Le suspense n’est pas suffocant mais une surprise, par essence imprévisible, est toujours possible.

Qui est Fayçal Mekouar ?

Titulaire d'une maîtrise en sciences et techniques financières et comptables, ainsi que d'une maîtrise en sciences de gestion de Paris Dauphine, il est expert-comptable. Et à ce titre, il est le patron de Fidaroc Grant Thornton, un cabinet de conseil et d’audit. Il est ancien président de la Fédération PME au sein de la CGEM. Plutôt discret, il est aussi (semble-t-il) efficace et connaisseur des rouages de la Confédération.  L’avantage est qu’il fut président de la Fédération PME, et portera donc la voix de ces entreprises de taille réduite, même si leur impact sur le vote sera tout aussi réduit que leur tailles…

 Que signifie ce choix ?

Quand Salaheddine Mezouar opte pour Fayçal Mekouar, cela signifie deux choses. D’abord, il s’inscrit dans la continuité car M. Mekouar est déjà en fonction, comme vice-président de Meriem Bensalah Chaqroun, fonction à laquelle il avait été désigné en 2015 en remplacement de Mohammed Talal. Cela fait donc  deux ans et demi qu’il est aux affaires.

Par ailleurs, le choix de Fayçal Mekouar indique en creux un soutien de Meriem Bensalah pour l’ancien ministre des Affaires étrangères, même si la présidente sortante ne s’est pas (pour l’heure) exprimée sur ce sujet. Ce qu’elle ne fera certainement pas au demeurant.

Mais signe des temps, l’information a été divulguée par La Vie Eco.

Où en sont les candidatures pour la présidence de la CGEM ?

A un jour de la clôture des dépôts de candidature, deux tandems sont (presque) officiellement en course : Mezouar/Mekouar donc, et Hakim Marrakchi/ Assia Benhida-Aiouch. Les dossiers de candidature devront être déposés entre aujourd’hui et demain. Et le 16 avril, le Conseil d’administration de la CGEM devra se prononcer sur les candidatures.

Sauf très improbable coup de théâtre, les deux candidatures seront validées, ayant obtenu toutes deux les 100 parrainages et présentant toutes deux des profils plus qu’intéressants et encore plus performants.

Avant Mekouar, plusieurs noms avaient circulé comme colistiers, voire colistières, en l’occurrence Neila Tazi, que l’on ne présente plus, et dans une moindre mesure, Nabila Freidji, présidente de la Commission Relations avec les Institutions Internationales. Mais cela ne s’est finalement (et un peu malheureusement) pas fait.

Comment se présentent les choses ?

Au commencement, il y avait Hakim Marrakchi et Hammad Kassal… Puis, un jour, le nom de Mezouar surgit, et beaucoup de patrons ont rugi : « Pas de politique à la CGEM ! », car Mezouar, comme chacun sait, fut président du RNI, six années durant. Alors les patrons, certains du moins, ont orchestré une cabale contre la candidature de l’ancien ministre, avant de se rendre à l’évidence et de se résigner : C’est Mezouar qu’il faut… pour au moins deux raisons : la CGEM est dans la politique, malgré les dénégations indignées de son top management, et il faut un calible particulier pour remplacer celle qui aura marqué la CGEM six années durant.

Et si on dit quelquefois que le capital est lâche, on peut aussi ajouter qu’il  n’est pas pour autant idiot, et Mezouar, avec son CV éloquent, semble être l’homme idéal pour présider aux destinées de la CGEM, en ces temps de développement africains et d’ouverture du Maroc sur le monde. Et quoi de mieux en temps d’ouverture sur le monde qu’un ancien ministre des Finances, puis des AE, et aussi ancien (très) haut fonctionnaire international, comme président de la COP ?...

Le vote des membres se faisant en fonction du chiffre d’affaires, ce sera en fait aux grandes entreprises que reviendra le dernier mot : banques, assurances, grands promoteurs immobiliers…

Tout le monde donne Salaheddine Mezouar vainqueur, sans pour autant que l’autre candidature soit un simple faire-valoir, car Hakim Marrakchi et sa colistière sont vraiment convaincus du bien-fondé de leur candidature, en plus d’être réellement compétents et connaisseurs de la CGEM, ses buts, ses contraintes et ses défis.

Peut-être faudra-t-il attendre, dans le courant des trois jours qui viennent, une démission de M. Mezouar du RNI, pour (essayer de) faire oublier son ancrage politique…

Aziz Boucetta

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