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Economie |

Publié le 11 avril 2018

Taux de croissance: 2,9 un léger mieux (HCP)

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La croissance économique nationale se serait établie à 2,9%, au premier trimestre 2018, au lieu de +3,8% une année auparavant, pâtissant d’une baisse de 0,5% de la valeur ajoutée agricole. Hors agriculture, la valeur ajoutée aurait connu une augmentation de 3,2%, tirée par les activités minières et les services marchands. Au deuxième trimestre 2018, la croissance de la valeur ajoutée non-agricole se poursuivrait au même rythme qu’au trimestre précédent. Avec une baisse anticipée de 0,2% de la valeur ajoutée agricole, la croissance de l’économie nationale se situerait à +3%, au lieu de +4,2% une année plus tôt.

Hausse plus accentuée des importations par rapport aux exportations

Le commerce mondial de biens aurait progressé de 4,8%, au premier trimestre 2018, porté par la vigueur des importations chinoises et américaines. La demande étrangère adressée au Maroc se serait consolidée, lors de la même période, de 5,2%, profitant de l'orientation favorable des importations des pays de la zone euro. Dans ce contexte, les exportations de biens, en augmentation estimée à 8%, auraient profité de la relance des expéditions du secteur automobile, dans son segment construction.

Les importations auraient, quant à elles, augmenté de 12,5% au premier trimestre 2017, sous-tendues par l'accroissement de la demande intérieure. Les importations hors énergie auraient contribué pour près de 75% à cette hausse, alimentées, en premier lieu, par les achats de biens d’équipement.

Poursuite de l’amélioration de la demande intérieure

Au premier trimestre 2018, la consommation finale des ménages aurait évolué dans un contexte de légère accélération des prix à la consommation. En volume, elle se serait accrue de 3,6%, en variation annuelle, contribuant pour environ +2,1 points à la croissance globale du PIB, au lieu de +2,4 points un an plus tôt. Les dépenses de consommation auraient continué de profiter aux produits importés ; les importations de biens finis de consommation auraient progressé d’environ 5,1%, en glissement annuel. Elles auraient été tirées, entre autres, par un accroissement de 14,3% des recettes des MRE et une progression de 4,5% des crédits à la consommation. Pour sa part, la consommation des administrations publiques se serait affermie de 6,3%, sous l’effet d’une hausse des dépenses de fonctionnement (+8,7%, à fin février 2018).

Une production agricole sous influence des conditions climatiques hivernales

L’activité agricole serait restée relativement dynamique au premier trimestre 2018, bien qu’en repli de 0,5% par rapport à la même période de 2017. Le revirement du régime climatique vers une saison plus humide au cours de l’hiver et au début du printemps aurait été favorable à l’amélioration des rendements des cultures précoces, malgré une sensible baisse de leurs superficies ensemencées.

Accélération du rythme de croissance des activités hors agriculture

La valeur ajoutée hors agriculture se serait accrue de 3,2%, au premier trimestre 2018, au lieu de +2,4% une année auparavant. Contribuant pour près de 1,6 point à la croissance globale du PIB, le secteur tertiaire aurait continué de soutenir l’activité économique, grâce notamment à la bonne orientation du commerce, du transport et des activités touristiques. La valeur ajoutée de l’hébergement et de la restauration se serait, en effet, affermie de 7,7%, en variation annuelle, favorisée par une hausse de 18,3% des recettes voyages et de 9,9% des nuitées touristiques.

Les industries manufacturières auraient poursuivi leur raffermissement, pour le deuxième trimestre successif, marquant un accroissement de 2,4%, au premier trimestre 2018, au lieu de +2,3% la même période une année auparavant.

La valeur ajoutée de la construction aurait affiché un accroissement de 1%, au premier trimestre 2018, après 1,3% un trimestre plus tôt. Le ralentissement du bâtiment se serait poursuivi, avec une baisse de l’utilisation des facteurs de production, notamment le ciment, dont les ventes auraient fléchi d’environ 2,3%, après avoir augmenté de 2,1% au quatrième trimestre 2017.

Légère accélération des prix à la consommation

Au premier trimestre 2018, les prix à la consommation auraient augmenté de 2%, en variation annuelle, après une hausse de 1,2% un trimestre auparavant. Cette accélération aurait résulté, à la fois, de la hausse de 2,2% des prix des produits alimentaires et de 1,6% de ceux des produits non-alimentaires. En revanche, l’inflation sous-jacente qui exclut les tarifs publics, les produits frais et l’énergie, aurait légèrement décéléré (+0,9% au premier trimestre 2018, après +1,2% au quatrième trimestre 2017), dans le sillage du ralentissement des prix des loyers, tandis que la progression des prix des produits manufacturés et de ceux des produits hors frais serait restée quasiment stable.

Les prix des produits alimentaires se seraient accélérés au premier trimestre 2018, avec la hausse des prix des produits frais et la remontée de ceux des tabacs (+13%), suite au relèvement de leur TVA. L’augmentation des prix des légumes frais (+0,5 point de contribution) et, dans une moindre mesure, la progression de ceux des agrumes (+0,1 point de contribution) auraient soutenu l’inflation alimentaire, alors que l’évolution des prix des produits hors frais serait restée quasiment stable. La hausse des prix des huiles et graisses (0,3 point de contribution), en particulier ceux du beurre, aurait été limitée par la baisse des prix des produits à base de céréales.

Atténuation du besoin de liquidité monétaire

Au premier trimestre 2018, la croissance de la masse monétaire se serait établie à 5%, en glissement annuel, au lieu de 5,5% un trimestre auparavant. Le besoin de liquidité des banques se serait légèrement atténué, sous l’effet d’un redressement progressif des réserves internationales nettes.  La baisse de ces dernières aurait été limitée à -1,8%, au lieu de -3,3% un trimestre plus tôt.

Affermissement des indices boursiers

Le marché des actions aurait renforcé ses gains au premier trimestre 2018. Cette performance aurait intervenu dans un environnement propice à l’investissement en bourse, marqué par une amélioration de la liquidité bancaire et un niveau modéré des taux d’intérêt. Les indices MASI et MADEX auraient progressé de 14,8% et 14,5%, respectivement, en glissements annuels, après des hausses de 6,4% et 5,8%, le trimestre précédent. Cette performance aurait été stimulée par la publication des comptes 2017 des sociétés cotées, dévoilant une croissance des résultats globalement en ligne avec les anticipations du marché. Elle aurait été tirée par la quasi-totalité des secteurs cotés, mais à des degrés divers. Le secteur de la chimie aurait marqué la plus forte progression, soit +123,2%, suivi du secteur du matériel et des logiciels informatiques (+65%), des mines (+42,5%), des loisirs et des hôtels (+38,7%) et des holdings (+34,2%). En revanche, deux secteurs auraient enregistré une évolution négative, en l’occurrence le secteur de l’immobilier (-24,1%) et celui des équipements électroniques et électriques (-13,4%).

Malgré la hausse des indices boursiers, le volume des transactions aurait régressé de 16,6% en glissement annuel, après un repli de 1,3% un trimestre auparavant. Le marché central aurait contribué à hauteur de 81,6% du volume global ; les transactions y afférentes auraient régressé de 27,4%, en variation annuelle. Le chiffre d’affaires sur le marché des blocs se serait, par contre, accru de 141,3% pour engendrer 18,4% du chiffre d’affaires global. Dans ce contexte, la capitalisation boursière se serait située à 660,6 milliards de dh, enregistrant, ainsi, une progression de 15% en variation annuelle, soit un gain de 86,1 milliards de dh environ.

 MN

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