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Publié le 18 mars 2018

Moulay Hafid Elalamy révèle les chiffres, et le spot, pour Maroc 2026

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C’est un Moulay Hadid Elalamy, dit MHE, rassurant et voulant rassurer qui a fait face à la presse et à un parterre d’invités ce samedi 17 mars à l’occasion de la présentation du Bid book marocain, 2 jours après son dépôt à Zurich au siège de la FIFA.

Seul face à la presse nationale et internationale réunies pour l’occasion, MHE a fait la présentation du dossier marocain, les autres membres du Comité n’étant pas là. « Ils ne sont pas là parce que le travail continue ailleurs… », a-t-il répondu sur la non présence de Rachid Talbi Alami et de Fouzi Lekjaâ.

MHE est donc revenu sur les étapes du dossier de 40.000 pages et 24 tomes, bouclé en deux mois de travail abattu par toute l’équipe du Comité qui compte au total 80 personnes, « tous des techniciens rompus à la tâche dans leur domaine respectif ».

Deux films ont été réalisés pour l’occasion, un destiné pour le public local – d’une durée de 3 minutes 20 – a été projeté en début de présentation, et l’autre pour l’international, ayant tous les deux des objectifs précis.

Le ministre de l’Industrie et du Commerce a expliqué la discrétion du Comité, malgré les innombrables sollicitations, affirmant que pour lui « l’heure était au travail », avant de préciser que « nous aurons largement le temps de communiquer ». De plus, la FIFA exige la confidentialité des dossiers de candidature et le respect de l’autre candidature. D’ailleurs, « la présentation d’aujourd’hui a été validée par la FIFA qui a déjà vu tous les slides ».

Des chiffres et des lettres, pourrait-on dire de la communication du ministre. Tout au long de son discours M. Elalamy est revenu point par point sur les infrastructures qui seront réalisées avec des chiffres précis.

Pour les stades, MHE a parlé de leurs structures modulables et de leur orientation géographique par rapport au soleil (pour ne pas aveugler les gardiens). L’examen du climat de chaque ville, l’accessibilité des stades… tout a été étudié au millimètre près. Les structures hôtelières sont déjà aux normes techniques et pour certaines,  devront revoir leur capacité d’accueil.  Concernant  les hôpitaux, « 21 seront mis aux standards internationaux, ce qui est important en termes d’héritage ».

Oui, mais tout cela coûtera cher et ne sera pas rentable pour la suite des événements… MHE a alors précisé que les cas de l’Afrique du Sud et du Brésil qui ont subi les contrecoups de l’organisation de leur Coupe du monde ne seront pas les mêmes que pour le Maroc, car le projet Maroc 2026 est adossé au plan de développement du royaume. Comprenez : le plan FIFA est le modèle économique tant cherché par les Marocains.

Les stades

12 villes au total et 14 stades sont retenus, Casablanca et Marrakech devront en avoir deux chacune.

  • 5 stades seront rénovés ou agrandis : Marrakech, Agadir, Fès, Tanger et Rabat.
  • 4 stades seront non modulaires : les deux de Casablanca, Oujda, Tétouan.
  • 5 stades seront modulaires, i.e. aménageables après le Mondial: Meknès, El Jadida, Nador, Ouarzazate, Marrakech II.

Le coût du Mondial 2026

L’enveloppe globale requise pour l’organisation du Mondial va s’élever à 15,8 milliards de dollars, dont 3,2 seront injectés par le secteur privé. MHE a indiqué que le budget qui sera consacré à l’organisation de cet événement planétaire ne demandera « aucun effort » financier supplémentaire de l’Etat, puisque la réalisation des chantiers non programmés ne représentera que 4% des crédits d’investissement public annuels d’ici à 2026, soit quelque 2,5 milliards de DH, ou 285 millions de dollars.

Et sur les 12,6 milliards de dollars du public, 3 milliards sont destinés aux équipements sportifs et les 9,6 aux autres infrastructures, incluant les 14 stades, 130 terrains d’entrainement et 21 hôpitaux aux normes internationales prévus pour 2026.

Sur le plan des infrastructures sportives, voici le détail des 3 milliards de dollars alloués :

- 0,6 milliard ira aux projets déjà en cours,

- 0,4 milliard servira aux stades à rénover et

- 1,2 milliard de dollars seront consacrés à la construction des nouveaux stades.

Pour le reste des infrastructures, 9,6 milliards de dollars… dont 0,9 pour la construction ou la mise à niveau de 21 hôpitaux.

Quant au coût supplémentaire par rapport à ce qui était déjà programmé dans tous les secteurs, il est de 20 milliards de dirhams.

Enfin, le surcoût de 2,5 milliards de DH par an générera 2,7 milliards de dollars d’impact sur le PIB, plus d’un milliard de dollars de retombées fiscales et créera 110.000 emplois. C’est ce qu’induira en effet l’organisation de la Coupe du monde 2026.

Et Mondial ou pas, le Maroc fera bien ces investissements. Il a, enfin, son modèle économique.

Les retombées

Le Maroc devra consentir un effort de 2 milliards de dollars en appui au budget nécessaire, 2,7 milliards seront additionnés au PIB du royaume en plus de 110.000 emplois et un montant de 1,1 milliard de recette fiscales, avec en prime 14 stades aux normes internationales et 21 hôpitaux eux aussi aux normes internationales sans compter les infrastructures routières et hôtelières.

Les villes retenues sont toutes à moins de 550 km de Casablanca, et pour les droits TV, le Maroc est bien placé par rapport à l’Afrique et à l’Europe, deux continents où le football est une seconde nature. De plus, les ressortissants de 70 pays peuvent entrer dans le royaume sans n’avoir besoin d’aucun visa ou procédure administrative préalable.

Pour les contrats avec les entreprises qui seront retenues pour les ouvrages des infrastructures, M. Elalamy – lui-même chef d’entreprise – rassure et assure que les entreprises marocaines seront très bien servies. Le pays regorge d’entreprises qui peuvent rivaliser avec les étrangères ; les chances des souscripteurs pour les marchés seront égales.

La candidature et la FIFA

De nouvelles règles pourraient-elles être ajoutées ou supprimées par la FIFA en pleine candidature ? MHE indique que les experts engagés par le royaume sauront répondre à toutes injonctions de la FIFA dans le domaine concerné et précise que cela ne défavoriserait nullement le Maroc.

Pour le task-force de la FIFA qui n’est pas dans les statuts de l’organisation internationale de football et qui dispose du pouvoir d’éliminer un candidat, le ministre tempère et annonce que le Maroc a ficelé un bon dossier et que si tel était le cas, le Maroc saura se défendre à tous les niveaux et sportivement.

Cependant, précise le président du Comité de candidature, « il faut reconnaître que c’est un dispositif très spécial », ajoutant qu’il n’a pas le sentiment que quelqu’un essaie d’éliminer la candidature marocaine. Le cas échéant, « nous avons ce qu’il faut pour nous battre ».

Le Comité d’organisation Maroc 2026 a engagé le cabinet IFOP pour un sondage (au Maroc) qui montre que 84% et 87% de femmes des hommes ont répondu, et 97% se sont montrés favorables.

Mouhamet Ndiongue et Aziz Boucetta

 

 

 

 

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