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Publié le 05 mars 2018

Incertitude politique en Italie après des élections législatives ayant consacré l’extrême-droite et le populisme

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Les  Italiens ont voté. Ils étaient appelés à élire jusqu’en 2023 les 630 membres de la Chambre des députés et les 315 membres du Sénat, mais jusqu’à ce lundi matin, aucune majorité ne se dégage, avec comme seule certitude que c’est la droite qui a gagné. Le Mouvement (populiste) cinq étoiles  (M5S) a en effet occupé la pole position, avec 32% des voix et un nombre de sièges compris entre 195 et 235.  

L’alliance entre droite et extrême droite formée par Forza Italia de Silvio Berlusconi, la Ligue du Nord et le petit parti Fratelli d'Italia (Frères d'Italie), obtient quelques 37% des voix. Mais à l’intérieur de cette coalition, c’est la Ligue de Matteo Salvini, (sur la photo, avec Berlusconi lui épongeant le front) formation eurosceptique et anti-immigration, alliée de Marine Le Pen en Europe, qui est en tête. Et si cette alliance devait l’emporter en termes de sièges, ce qui semblait hors de portée au vu des résultats partiels, Matteo Salvini, qui a promis d’expulser des centaines de milliers d’immigrés clandestins, serait en droit de réclamer le poste de premier ministre.

Une percée historique des forces antisystème, eurosceptiques et d'extrême droite donc, majoritaires en voix et en sièges après les législatives, bouleversant la donne et plongeant l'Italie dans l'incertitude politique. Avec un vote marqué à la fois par le rejet de la vieille classe politique, l'exaspération face au marasme économique et les tensions autour des migrants, l'Italie s'inscrit ainsi dans la lignée du Brexit, de la victoire de Donald Trump aux Etats-Unis et de la poussée de l'extrême droite ailleurs en Europe. « Pour la première fois en Europe, les forces antisystème l'emportent », a résumé l'éditorialiste du quotidien La Stampa.

Le Parti démocrate (PD, centre gauche) de l’ancien Premier ministre Matteo Renzi a de son côté confirmé dans les urnes le mauvais résultat anticipé par les sondages avec un score inférieur à 20%, soit moitié moins que celui obtenu aux élections européennes de 2014.

Les résultats définitifs ne devraient pas accoucher d'une majorité claire, ce qui ouvre une période de tractation. Une alliance des populistes du M5S et de l'extrême droite de la Ligue semble la seule possible pour obtenir une majorité parlementaire, mais les dirigeants de ces deux formations ont jusqu'à présent catégoriquement rejeté cette éventualité. C'est le président italien qui devra confier un mandat au vainqueur des élections, mais les consultations officielles ne débuteront que fin mars.

Mais déjà, ce lundi 5 mars, Luigi Di Maio, chef politique du Mouvement 5 Etoiles, a revendiqué le droit de former un gouvernement alors que le M5S est devenu le premier parti d'Italie aux élections législatives. « Nous avons la responsabilité de donner un gouvernement à l'Italie (...). Nous sommes une force politique qui représente le pays tout entier, ce que je ne peux pas dire des autres formations et cela nous projette inévitablement vers le gouvernement du pays », a déclaré le jeune leader de 31 ans lors d'une conférence de presse à Rome.

 

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