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Publié le 20 février 2018

Les (6) partis de la majorité signent, enfin, leur pacte

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Les chefs des six partis de la majorité, PJD, RNI, MP, USFP, UC et PPS ont signé lundi 19 février leur pacte de la majorité. Ce pacte intervient alors que la poussière du grand fracas causé par Abdelilah Benkirane n’est pas encore tout à fait retombée, et presqu’un an après la désignation de M. Saadeddine Elotmani à la tête du gouvernement. Le document intervient comme une réponse à cette saillie de l’ancien chef du gouvernement et du PJD. Que dit-il ?

Le pacte commence par une erreur ! Le chef du gouvernement Saadeddine Elotmani a été désigné le 17 mars 2017, et non le 16. Mais ce n’est pas grave… Il est chef du gouvernement.

Le document fonde l’alliance des six partis sur 5 principes fondateurs et fondamentaux :

1/ L'approche participative,

2/ L'efficacité dans les réalisations,

3/ La transparence dans la gestion,

4/ La solidarité en matière de responsabilité et,

5/ Le dialogue avec les partenaires.

Le reste est normal… Œuvrer, en gros, à l’édification d’un Etat de droit dans lequel les citoyens vivraient bien et confortablement, dans la dignité et la prospérité, dans la solidarité entre les catégories sociales et les Régions… un Etat qui aura le souci de protéger les fondamentaux de la Nation, tels qu’énoncés dans le Préambule de la constitution, repris dans le texte du Pacte.

Dans le détail, les six partis comptent « élaborer une vision participative unifiée et intégrée pour la bonne marche de l’action gouvernementale ». Il est précisé aussi que les partis devront « collaborer et coordonner leur action, faire montre de discipline face aux décisions, veiller à la cohésion de la majorité et ne pas nuire aux partis qui la composent ».

Précision utile : « Cela ne remet pas en cause le droit à la critique constructive et, dans tous les cas, les partis formant la majorité œuvreront à trouver des réponses à leur dissensions de l’intérieur, en usant des mécanismes prévus dans le pacte ».

Quels sont ces mécanismes ?

1/ Mise en place de la « présidence de la majorité », une structure présidée par le chef du gouvernement et formée des secrétaires généraux des partis, ou de leur représentant, en plus d’une deuxième personnalité de chaque formation. La structure se réunira deux fois par mois au moins, et aussi à la demande de chaque parti. Elle peut être élargie à d’autres membres des six formations, et elle organisera des conférences thématiques ou de presse pour présentation et évaluation des bilans de la majorité.

Des comités pourront être mis en place au besoin, permanentes ou ad hoc.

2/ Une autre structure de la majorité, parlementaire cette fois, sera créée et composée des chefs de groupes ou groupements parlementaires à la Chambre des représentants, avec une fréquence de réunions de deux fois par mois, ou à chaque fois que la demande en est faite par l’un de ses membres.

Sa présidence sera tournante d’année en année, par ordre décroissant des effectifs de députés de chaque groupe.

Cette structure coordonnera son action au niveau du Bureau de la Chambre et dans chaque commission parlementaire permanente.

La même structure est créée pour la Chambre des conseillers.

Le pacte s’achève sur une formule rappelant que Dieu connaît les intentions et guide vers la juste voie. Tout un programme…

« Nous sommes conscients de la nécessité de la différence et nous sommes aussi conscients que ce qui nous rassemble au sein de ce gouvernement est plus que ce qui nous divise », a dit Saadeddine Elotmani, précisant qu’« il n'y a pas eu de crise gouvernementale » et que la majorité tient à rester cohérente et en accord vis-à-vis des priorités qui répondent aux attentes des citoyens en matière d'éducation, de santé et d'emploi. « Il est normal que des différences existent entre les partis de la majorité au vu des spécificités et références de chacun », a conclu le chef du gouvernement, estimant que la diversité au sein des partis est saine.

De son côté, le président du RNI Aziz Akhannouch a souligné, à cette occasion, l'importance de la Charte qui dégage une « vision claire sur la cohésion de la majorité » et y consacre les fondements de la sincérité et de l’engagement, faisant savoir que son parti soutient la majorité « tant que cela va mener au progrès et au développement du pays ».

AB

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