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Publié le 10 février 2018

MAROC / CEDEAO : Le dossier marocain officiellement en étude

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L’adhésion du Maroc à la CEDEAO vient de franchir un nouveau cap. La commission de l’organisation sous-régionale vient de lancer un appel à candidature pour l’étude d’impact économique sur l’adhésion du Maroc. 

Longtemps annoncée comme imminente et toujours repoussée sans véritable raison, l’entrée du Maroc à la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) vient de connaître une nouvelle étape.

Le département d'analyse des politiques économiques de la commission de la CEDEAO a lancé un appel à candidature (en anglais) intitulé  « Analyse des relations économiques entre le Maroc et certains Etats membres de la CEDEAO : Commerce et Investissement ».

Le département invite les équipes de recherche, groupes de réflexion basés dans la région CEDEAO, à entreprendre une étude de cas approfondie sur les implications socio-économiques d'adhésion du Maroc à la CEDEAO.

Les termes de références définissent que les questions à traiter devront être liées au commerce et à l'investissement du Maroc au Nigeria, Ghana, Côte d'Ivoire, Sénégal, Mali et Togo.

Le choix porté sur ces pays est lié à quelques réactions des opérateurs de leur secteur privé, qui sont assez inquiets de l’arrivée du « géant » marocain dans la communauté économique ouest-africaine.

La date du 2 mars 2018 est inscrite dans le document de candidature (disponible sur le site de la CEDEAO) comme date de clôture de propositions. Le candidat choisi travaillera ensuite  avec la commission sur l’étude d’impact définitive qui donnera les orientations précises au comité chargé de suivre l’intégration du Maroc dans l’organisation ouest-africaine.

Pour rappel, au dernier sommet de la CEDEAO à  Abuja en décembre dernier, les chefs d’Etats et de gouvernement des pays membres avaient décidé de mettre en place un comité composé du Nigeria, de la Côte d'Ivoire, du Ghana, du Togo et de la Guinée pour coordonner une étude approfondie sur les implications de l'adhésion du Maroc, à charge pour ce comité de donner ses conclusions au prochain Sommet de la CEDEAO en 2018. 

Sur la note conceptuelle qui accompagne l’appel à candidature, il  est précisé qu’ « en intégrant le Maroc, le bloc des 15 membres deviendrait la 16ème économie mondiale avec 115 milliards de dollars supplémentaires et un PIB avoisinant les 745 milliards de dollars, devant la Turquie, et juste après l'Indonésie. Avec sa position géographique et économique stratégique, le Maroc serait une plate-forme vitale pour les pays de la CEDEAO afin de sécuriser les marchés européens, américains et arabes ».

Plus loin dans le référentiel, il est fait état de quelques facteurs bloquants notamment : « Certains observateurs pensent que le Maroc pourrait chercher à tirer profit de l'économie ouest-africaine. D'autres, estiment que ce pays d'Afrique du Nord pourrait considérer son admission dans l'organisation ouest-africaine comme une opportunité pour se repositionner sur la scène continentale et on craint également que cette admission du Maroc dans la CEDEAO ne modifie les positions économiques des pays membres en profitant de l'Accord de libéralisation des échanges au sein de l'espace communautaire ».

Ainsi, l’intégration du Maroc pourrait être repoussée à une date ultérieure, mais pour maintenir l’étroite collaboration du Maroc avec les pays membres de la communauté sous-régionale, il est prévu une intégration progressive, c’est-à-dire une Zone de Libre Echange (ZLE) entre le Maroc et la CEDEAO à l’instar de l'Union africaine (UA) qui  en fait son chantier préféré depuis son sommet à Addis Abeba.

MN

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