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Maroc |

Publié le 29 janvier 2018

À Addis Abeba, le roi Mohammed VI délivre son diagnostic, et sa vision, pour la question migratoire

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Le roi Mohammed VI n'était pas physiquement présent au 30ème  Sommet de l'Union africaine, tenu les 28 et 29 janvier à Addis Abeba en Ethiopie. Il n'était pas présent, mais son discours a été lu par son chef du gouvernement Saadeddine Elotmani. Le message royal, relativement court, a entièrement porté sur la question migratoire, dont le chef de l'Etat marocain a été désigné "Leader" africain.

Après les remerciements d'usage, et très certainement sincères, connaissant les relations qui unissent le roi Mohammed VI avec les présidents rwandais et guinéen Paul Kagame et Alpha Condé, le chef de l'Etat marocain a délivré à ses pairs sa vision de la migration. Cela s'appelle l’« Agenda Africain pour la Migration », élaboré selon une approche participative et inclusive, après les différentes rencontres initiées par le Maroc.

Puis le roi, dans un discours méthodique, explique étape par étape le fruit de son travail.

1/Qu'est-ce que le phénomène migratoire et comment l'appréhender ?

Le phénomène migratoire doit être soigneusement examiné et bien compris. Il faut donc, "déconstruire" un ensemble d'idées reçues, dit le roi.

« Il n’y a pas de déferlante migratoire puisque les migrants ne représentent que 3.4% de la population mondiale.

La migration africaine est d’abord intra-africaine. Sur le plan mondial, la migration représente moins de 14% de la population. A l’échelle africaine, 4 migrants africains sur 5 restent dans le continent.

La migration n’appauvrit pas les pays d’accueil puisque 85% des revenus des migrants restent dans ces pays.

La migration est un phénomène naturel qui constitue la solution et non pas le problème. Nous devons adopter une perspective positive sur la question de la migration en mettant en avant la logique humaniste de responsabilité partagée et de solidarité ».

2/ Comment faire, une fois le problème posé ?

« L’Agenda Africain pour la Migration propose, sur la gestion migratoire, une démarche fondée sur des politiques nationales, sur une coordination sous régionale, une perspective continentale et un partenariat international », explique le roi, qui ajoute que « cet Agenda doit tendre à faire de la migration un levier de co-développement, un pilier de la Coopération Sud-Sud, et un vecteur de solidarité ».

3/ Que faire alors ?

Le chef de l'Etat marocain propose la création de deux entités :

a/  « La création d’un Observatoire Africain de la Migration dont le travail sera basé sur le triptyque "comprendre, anticiper et agir". Il aura pour mission de développer l’observation et l’échange d’informations entre les pays africains, afin de favoriser une gestion maîtrisée des flux migratoires. Le Maroc propose d’abriter cet Observatoire ».

 

b/ « Un poste d’Envoyé spécial de l’UA chargé de la Migration pour coordonner les politiques de l’Union dans ce domaine ».

Et tout cela aux fins de faire en sorte que « l’Agenda Africain pour la Migration (puisse) instruire le processus d’élaboration du Pacte Mondial pour des Migrations sûres, ordonnées et régulières ».

Et ainsi donc, la feuille de route est posée, le problème étant bien diagnostiqué, défini et exposé. Il reste donc un travail de recherche introspectif, mais aussi prospectif, afin de remédier à un problème qui est en fait une richesse.

Entre son entrée au sein de la commission paix et sécurité et son ancrage dans la question de la migration, on peut dire que le Maroc aura réussi en un an son entrée au sein de l'institution panafricaine.

AB

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