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Economie |

Publié le 13 janvier 2018

La flexibilité du dirham entre en vigueur lundi 15 janvier… à l’improviste

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Et voilà, le gouvernement a franchi le pas, et Bank al-Maghrib aussi, dans le plus grand secret ! La décision d’adopter un nouveau régime de changes a été prise par le gouvernement ce vendredi 12 janvier en toute fin de journée, et cette décision entrera en vigueur dès lundi 15. La parité du dirham est déterminée à l’intérieur d’une bande de fluctuation de ±2,5%, contre ±0,3% actuellement, par rapport à un cours central fixé par Bank Al-Maghrib sur la base d’un panier de devises composé de l’euro et du dollar américain à hauteur respectivement de 60% et 40%.

Cette réforme est entamée dans des conditions favorables marquées par la solidité du secteur financier et la consolidation des fondamentaux macroéconomiques, notamment un niveau approprié des réserves de change et une inflation maîtrisée, se félicite le ministère des Finances de Mohamed Boussaïd, qui insiste sur la poursuite des réformes structurelles et sectorielles

Voici les raisons principales, exposées par le gouvernement :

1/ Renforcer la résilience de l’économie nationale aux chocs exogènes,

2/ Soutenir sa compétitivité,

3/Améliorer son niveau de croissance.

La décision d’entrer dans un nouveau régime de change avait été prise, on se souvient, fin juin, mais finalement, elle a été abandonnée, « pour quelques semaines », jurait M. Boussaïd. Il n’en a rien été. En effet, un mouvement de spéculation sur le dirham avait été relevé, les organismes financiers demandant bien plus de devises à la banque centrale qu’ils n’en avaient besoin. A la grande colère de M. Abdellatif Jouahri, wali de la banque centrale, qui avait ouvertement  fulminé contre les banques en juillet.

Cette fois, le plus grand secret a été maintenu jusqu’à la dernière minute. Et voilà que les choses sont faites un vendredi en fin d’après-midi, et entreront en pratique lundi à la première heure. La confiance règne dans la maison Maroc…

Cela étant, Bank al-Maghrib continuera d’intervenir sur le marché des changes en vue d’assurer sa liquidité. Et de fait, la banque centrale a injecté un total de 42,4 MMDH, dont 39 MMDH sous forme d’avances à 7 jours sur appel d’offres et 3,2 MMDH accordés dans le cadre du programme de soutien au financement de la TPME.

Pour Fitch, « le Maroc est en bonne position pour introduire graduellement une plus grande flexibilité du taux de change, car il bénéficie de fondements financiers solides et d’un niveau de réserves confortable ». Fitch ne craint pas un scénario similaire à celui de l’Égypte qui a vu sa monnaie se déprécier de 60% en novembre dernier après le passage à un régime flottant.

Avec MAP

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