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Publié le 10 janvier 2018

Grandes manifestations en Tunisie contre la politique d’austérité du gouvernement Chahed

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Plus de 200 personnes ont été arrêtées et des dizaines blessées lors de heurts dans plusieurs villes de Tunisie, a indiqué le ministère de l'Intérieur mercredi après une deuxième nuit de troubles sociaux alimentés par des mesures d'austérité, sept ans après la révolution. Un homme de 45 ans est mort, et les deux parties sen renvoient la responsabilité, dans l’attente du rapport d’autopsie. Ces incidents font suite à des mobilisations pacifiques contre la hausse des prix et un budget d'austérité entré en vigueur au 1er janvier, prévoyant de nombreuses hausses d'impôts.

Depuis l’adoption de la loi de Finances 2018 et essentiellement ses mesures prises pour une augmentation des taxes, le feu couvait sous les cendres. Dans la capitale Tunis et dans plusieurs autres villes du pays, des manifestants ont exprimé leur colère face à la flambée des prix et à la nouvelle politique d’austérité prônée par le gouvernement de Youssef Chahed. Des incidents se sont ainsi produits à Gafsa, Kasserine ou encore Sidi Bouzid, épicentre de la contestation sociale marquant le début des Printemps arabes.

Dans la soirée et la nuit, la police et l'armée ont été déployées dans plusieurs villes de Tunisie, dont Tebourba, à 30 km à l'ouest de Tunis, où des jeunes sont descendus dans les rues par centaines après l'enterrement mardi après-midi d'un homme décédé lors de heurts dans la nuit précédente.

Un supermarché Carrefour de la banlieue sud de Tunis a été pillé, a déclaré le porte parole du ministère de l'Intérieur Khlifa Chibani à des radios locales, ajoutant que 49 policiers avaient été blessés lors des échauffourées à travers le pays, et 206 personnes impliquées dans les troubles arrêtées.

Le feu s’est petit à petit propagé porté par le collectif « Fech Nestanaou » (« Qu’attendons-nous ? ») qui appelle à des rassemblements régionaux le 12 janvier. Jusque-là inconnu, ce groupe d’activistes, dont plusieurs membres ont été arrêtés à Sousse, Bizerte et Tunis pour avoir tagué des murs et distribué des tracts protestant contre le coût de la vie, semble très bien coordonné et organisé ; sans que l’on connaisse ses sources de financement.

L’ancien dirigeant du parti présidentiel Nidaa Tounes Lazar Akremi a estimé que les protestations de janvier ne sont pas une nouveauté pour la Tunisie, elles sont principalement motivées par des considérations d’ordre économiques et sociales. Il a précisé que quoi qu’on dise, il existe des éléments qui motivent ces manifestations, dans le but de conduire à des actes de vandalisme et de vol, soulignant, toutefois, que le moteur principal reste le désespoir qui est alimenté par la hausse des prix et du coût de la vie.

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