Panorapost



Economie |

Publié le 21 décembre 2017

Les sources de la création de la richesse au Maroc et sa répartition, selon le HCP

Partager cet article :

le Haut-commissariat au Plan le HCP a réalisé deux études sur la création et la répartition de la richesse au Maroc. Dans la première, l’institution dirigée par Ahmed Lahlimi examine les déterminants structurels de l’évolution des niveaux de vie et dans la deuxième, elle étudie le partage du surplus de productivité de l’économie entre les différents agents économiques.

On apprend ainsi que le produit intérieur brut (PIB) par habitant s’est accru de 3,2% par an entre  les années 2001 et 2015. Le HCP explique cette amélioration s’explique principalement par l’augmentation de la productivité du travail, suivi de l’effet démographique (part de la population en âge de travailler sur la population totale) au moment où le taux d’emploi s’est inscrit dans une baisse continue durant cette période. La contribution de la productivité du travail a été de 92,5% et celle de l’effet démographique de 19,8%. La contribution de l’effet emploi (taux d’emploi) a été négative de 12,2%.

Toutefois, le PIB par habitant a connu un ralentissement de sa croissance entre les périodes 2001-2008 et 2008-2015, passant respectivement de 3,6% par an à 2,7%. Ce ralentissement s’explique par la régression du taux d’emploi induisant une contribution négative de 35,3% à la croissance du PIB par habitant au lieu d’une contribution positive de 5,4% durant la première période.

Le HCP précise également que la transition démographique accélérée que connait le Maroc, s’est traduite par une accélération de la population en âge de travailler (+de 15 ans) passant de 19,7 millions  en 2001 à prés de 24,2 millions en 2015, enregistrant une croissance annuelle moyenne de 1,7%, supérieure au rythme de croissance démographique qui est de 1,1%.

Le secteur agricole a contribué pour 25% à l’amélioration du PIB par habitant et l’industrie pour 20,4%, sachant que le reste des secteurs d’activité (BTP et services) ont contribué pour 15,8%. Au total, 61,2% de la contribution de la productivité du travail à la croissance du PIB par tête sont l’apport des effets intra-sectoriels (mobilité à l’intérieur des secteurs eux même). En revanche, les 31,3% qui restent constituent la contribution induite par la mobilité inter-sectorielle de la main d’œuvre (entre les secteurs), qui reste globalement faible.

Concernant le partage de la valeur ajoutée et du surplus de productivité entre les facteurs de production, le HCP constate qu’au Maroc, la nature de la croissance économique impose la distinction entre le secteur agricole et non agricole. La valeur ajoutée du secteur agricole reste très volatile et fort tributaire, quoiqu’en diminution au fil des années, des conditions climatiques comparativement à celle du secteur non agricole. De plus, le secteur agricole s’accapare une part importante de la population active occupée avoisinant actuellement prés de 40%.

La contribution du facteur capital à la croissance de la valeur ajoutée agricole a gagné en intensité au fil des années, passant d’une moyenne annuelle de 4,7% en 2000-2008 à 18,3% en 2009-2014. Mais à la différence du secteur agricole, la contribution des facteurs de production à la croissance de la valeur ajoutée du secteur non agricole représente 89,6% par an en moyenne (64,2% revient au facteur capital) durant la période 2000-2014, alors que celle du surplus de productivité ne dépasse pas 11%.

Au niveau de l’économie nationale dans son ensemble, le surplus de productivité a été faible de l’ordre de 1,2% en moyenne annuelle durant la période 2000-2014. C’est le travail salarié qui a connu une amélioration de son surplus de 1,1% par an, suivi de celui du travail non salarié avec 0,6%. Le surplus de productivité du facteur capital s’est inscrit sur une trajectoire négative avec -0,1% par an en 2000-2008 et -0,8% en 2009-2014 (-0,4% durant 2000-2014).

Partager cet article :
Articles similaires

Commentaires