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Maroc |

Publié le 19 décembre 2017

Les confidences, personnelles ou non, du wali de la banque centrale

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Ce mardi se tenait le dernier Conseil d’administration de la banque centrale en 2017, et le wali Abdellatif Jouahri a, comme de coutume, tenu une conférence de presse à l’issue de ce Conseil. Des moments de plus en plus prisés car l’homme sait se montrer séducteur, et séduisant, et ne manie la langue de bois qu’avec une exquise subtilité.

A la question sur les rumeurs de son départ, Abdellatif Jouahri a eu cette réponse : « C’est Sa Majesté le Roi qui nomme à ce poste et qui met fin aux fonctions du titulaire ; quant à moi, quand je partirai, je forme le vœu de laisser un bon souvenir ». Pour lui, « en 55 ans de travail, je n’ai jamais pensé à quand je m’en irai, mais je suis à un âge où l’on aspire à la retraite. Dans l’attente, il faut accomplir sa mission avec le plus de sérieux possible afin que, le moment venu, on ne regrette rien ». Philosophe…

Quant à la flexibilité du dirham, elle a fait l’objet, bien évidemment, d’une question d’un journaliste. Réponse d’A. Jouahri : C’est au gouvernement qu’il faut demander cela. Il semblerait qu’il ait besoin de temps pour se faire à cette idée de la flexibilité, car il vient d’être installé. Mais le gouvernement a admis le principe que la flexibilité du dirham servirait la compétitivité de l’économie nationale.

Pour le wali de Bank al-Maghrib, les conditions à cette flexibilité sont réunies car l’inflation et le déficit sont maîtrisés, que les réserves de change sont de 6 mois alors même que les institutions financières n’en demandent que 4, et que l’endettement est en voie de résorption.

Pour lui, les conditions sont bonnes, et l’opération devait se dérouler progressivement. Cela étant, si la décision technique revient à Bank al-Maghrib, la décision politique revient au gouvernement. De toutes les façons, il est impossible au Maroc de bien s’engager dans les accords de libre-échange et de faire de Casablanca une place financière ans devise flexible.

Abdellatif Jouahri a indiqué aussi qu’en juin et juillet, l’Office des Changes a relevé que les institutions financières nationales ont utilisé 45 milliards de DH comme couverture contre le risque de change. L’Office fera son enquête sur la réalité de ces besoins de couverture, sachant qu’il avait déjà exprimé ses doutes sur l’usage réel de la totalité de cette somme…

Aziz Boucetta

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