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Publié le 15 décembre 2017

L’adhésion formelle du Maroc à la Cédéao reportée, de même que la visite royale à Abuja

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Initialement, le 52ème Sommet de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) devait se tenir à Lomé, mais les choses ont changé ; il aura lieu à Abuja. Initialement, l’ordre du jour prévoyait le vote pour l’adhésion formelle du Maroc, qui a eu son accord de principe le 4 juin dernier, mais là aussi, les choses ont changé. L’affaire est reportée à début janvier, dit-on.

De fait, le chef de l’Etat marocain ne se rendra pas à Abuja ce samedi 16 décembre, ainsi que nous l’a confié une source au ministère des Affaires étrangères. Une mission du ministère s’est déjà déplacée dans la capitale nigériane pour les préparatifs du Sommet, mais une seconde équipe qui devait faire le déplacement pour organiser le voyage du roi Mohammed VI est restée à Rabat. Ce qui indique que le chef de l’Etat marocain ne sera pas présent au Nigéria.

L’explication tient dans le fait que les 15 pays membres n’ont pas encore eu le temps d’étudier l’étude d’impact qui a été élaborée quant à l’adhésion du Maroc, une étude qui, dit-on, a été reçue il y a seulement quelques jours par les Etats membres. Et donc, un autre Sommet, extraordinaire, serait programmé début 2018 pour acter définitivement l’entrée du Maroc à la Cédéao. Ce serait même l’ordre du jour unique. Mais sur le site de la Cédéao, rien de tel n’apparaît.

Il est clair qu’il existe de fortes réticences à l’adhésion du Maroc, de la part de plusieurs centres d’influence dans les 15 pays, dont certains sont plus ou moins influencés par les Algériens. On craint l’arrivée des entreprises marocaines, libres de leurs mouvements et de leurs investissements, dans des pays sahéliens à économies fragiles. De plus, certaines voix se sont élevées pour mettre en garde contre les 56 accords de libre-échange contractés par le Maroc et qui, en cas d’adhésion du royaume, ouvriraient les marchés de la Cédéao à de grandes économies difficilement concurrençables.

Et pourtant, l’étude d’impact, selon notre source, est très favorable au Maroc, précisant que les liens sont durables et forts entre le royaume et les 15 Etats membres, et sachant que le Maroc est le second investisseur dans la zone, après l’Afrique du Sud. De plus, mais cela n’est pas mentionné par l’étude, avec cette adhésion, le Maroc deviendra encore plus atlantique alors que la Cédéao aura désormais une ouverture sur la Méditerranée, ce qui lui manquait jusque-là.

La Cédéao est un ensemble régional formé de 15 pays, affichant un PIB cumulé de 750 milliards de dollars, ce qui en fait la 20ème économie du monde. Avec ses 340 millions d’habitants, elle représente plus du quart de la population africaine. Mais le pays dominant est le Nigéria et ses 500 milliards de dollars de PIB et sa population de 195 millions d’âmes. Le Maroc serait la seconde économie de la zone, avec 105 milliards de PIB et une population de 35 millions d’habitants. D’où certaines réticences nigérianes, qui verraient leur pays confronté à plus dure affaire qu’avant.

AB

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