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Publié le 20 novembre 2017

Drame d’Essaouira : le gouverneur de la province entendu par la justice et les opérations caritatives mieux encadrées

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Suite au drame qui a emporté la vie de 15 personnes dimanche 19 novembre dans la province d’Essaouira pendant une opération de distribution de vivres et denrées alimentaires, le roi Mohammed VI a agi en deux temps. D’abord en décidant de prendre à sa charge les frais d’inhumation des défunts et de soins des blessées, et ensuite en ordonnant un plus strict contrôle et encadrement de ce type d’opérations.

Mais avant cela, et en droite ligne des nouvelles orientations sur la nécessité de mettre en œuvre les dispositions de la Constitution sur la reddition des comptes, le gouverneur de la province d’Essaouira sera entendu par la justice dans l’enquête ouverte par le parquet. En effet, il est évident que les autorités étaient averties de cette opération caritative, comme l’atteste d’abord sa récurrence puisqu’elle en est à sa 5ème année, et ensuite comme le prouve la banderole accrochée sur les lieux de la distribution et indiquant que l'opération devait s'étaler sur trois jours, « à l'occasion de la fête de la Marche Verte ». Et puisqu’il y avait quelques 2.500 packs qui devaient être distribués, cela indique qu’il aurait fallu s’attendre à l’arrivée massive de milliers de gens. D’où l’éventuelle responsabilité du ministère de l’Intérieur en général et de la province en particulier.

Mais il n’y a pas que cela… il faut désormais mieux superviser ces opérations. En somme, dit le Roi, faire de la générosité publique est une bonne chose, mais ces activités doivent être « strictement encadrées ». Le communiqué du   ministère de l’Intérieur, qui fait état des instructions du  chef de l’Etat, précise en outre que « la culture du partage est ancrée dans les traditions marocaines ancestrales et a toujours été très présente dans la société marocaine, tant au niveau de l’Etat, des ONG ou des particuliers. Les campagnes médicales, la distribution de dons, les actes de partage et de solidarité en font régulièrement foi. Le pays s’enorgueillit du dynamisme de ce tissu associatif foisonnant et son action bénéfique est reconnue, estimée et efficace ».

Mais, ajoute le communiqué, « ces actions, bénéfiques en soi, ne doivent pas être menées sans un encadrement solide qui garantit la sécurité et la sauvegarde tant des citoyens bénéficiaires que des bienfaiteurs », précise le ministère.

Précision intéressante du ministère d’Abdelouafi Laftit, en réponse aux différentes surenchères et propos excessifs dits ici et là : « Il ne faut nullement travestir les faits, en ces circonstances dramatiques, ni surenchérir en invoquant les besoins des personnes nécessiteuses ou en les grossissant à outrance ». En cause, ces phrases du type : « des gens crèvent de faim au Maroc, mais le Maroc envoie un satellite sur orbite et met un TGV sur rail », ou « à quoi cela sert-il d’expédier des aides à l’étranger alors même que la population locale est tellement en détresse », ou encore « la famine apparaît au Maroc »… autant de phrases relevées sur les réseaux sociaux…

AB, avec MAP

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