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Publié le 10 novembre 2017

Chantage contre le roi Mohammed VI : la Cour de cassation française déboute les deux journalistes

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En août 2015, Catherine Graciet, 42 ans,  et Eric Laurent, 69 ans, étaient placés en garde à vue pour avoir voulu faire chanter le roi Mohammed VI. Depuis, une longue bataille judiciaire les oppose aux défenseurs du chef de l’Etat marocain, bien que les preuves s’apparentent au « smoking gun », en l’occurrence des enveloppes de 40.000 euros trouvées dans la poche de chacun et des enregistrements audio. Ceux-là ont été contestés mais la plus haute juridiction française, la Cour de Cassation, vient de les admettre comme preuve.

La défense du Roi  est satisfaite donc, ce vendredi 10, après la validation par la justice française de deux enregistrements clandestins qui apportent la preuve, selon le royaume, que les deux journalistes français ont voulu faire chanter le monarque.

La Cour de cassation, plus haute juridiction française, saisie par les journalistes Catherine Graciet et Eric Laurent, a estimé que ces deux enregistrements avaient été réalisés par un émissaire de Rabat sans "véritable implication" des enquêteurs, permettant de conclure à la "loyauté de la preuve". Elle a donc débouté les journalistes, qui demandaient l'invalidation de ces enregistrements.

Et ces bandes sont la preuve irréfutable, ou difficilement réfutable par les juges, quant à la réalité de la tentative de chantage exercée par les deux journalistes contre le chef de l’Etat, dont ils avaient voulu soutirer trois millions d'euros au roi du Maroc en 2015, en échange de l'abandon d'un livre censé contenir des révélations gênantes pour Rabat.

Les deux journalistes avaient été interpellés le 27 août 2015, en possession de 80.000 euros en liquide, au sortir d'une réunion avec un émissaire du Maroc enregistrée à leur insu par ce dernier. Eric Laurent avait déjà été enregistré lors de deux rencontres précédentes avec l'émissaire, l'avocat Hicham Naciri.

Les avocats des deux journalistes, qui reconnaissent un accord financier mais réfutent tout chantage, demandaient l'annulation des deux derniers enregistrements au motif qu'ils sont "illégaux" car réalisés par l'émissaire marocain alors même qu'une enquête était déjà ouverte. Saisie une première fois, la Cour de cassation avait estimé que ces enregistrements avaient été menés avec la « participation indirecte des enquêteurs français sans le consentement des intéressés », ce qui portait "atteinte aux principes du procès équitable et de la loyauté des preuves".

La Cour de cassation s'est réunie cette fois ci en assemblée plénière, c'est-à-dire devant toutes ses chambres, pour une décision qui ne pourra plus être contestée. Au delà de cette affaire, cette décision « consacre le droit des victimes à obtenir des preuves à partir du moment où la justice ne le fait pas », a affirmé Patrice Spinosi, avocat du royaume. Le dossier va désormais retourner entre les mains des juges d'instruction, qui pourront soit renvoyer l'affaire devant un tribunal, soit prononcer un non-lieu.

Pour sa part, Eric Moutet, l'avocat d'un des journalistes, a affiché l’intention de « continuer à se battre devant la Cour européenne » des droits de l'Homme.

Avec AFP

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