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Maroc |

Publié le 26 octobre 2017

Ces ministres limogés, ou « démissionnaires », depuis 2011

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Depuis le 1er juillet 2011, date d’adoption de la nouvelle constitution, le Maroc a connu 3 premier ministre/chefs de gouvernement, Abbas el Fassi, Abdelilah Benkirane et Saadeddine Elotmani, et 4 gouvernements (2 pour Abdelilah Benkirane). Mais en dehors du remaniement de novembre 2013, avec un chassé-croisé Istiqlal/RNI, plusieurs ministres sont partis, dans des conditions particulières.

Le ministre de la « raclette »

Il s’agit de Mohamed Ouzine, ministre de la Jeunesse et des Sports qui, le 6 janvier 2015, a quitté le gouvernement suite au scandale du complexe Moulay Abdallah, lors de la Coupe du monde des clubs. Le 13 décembre 2014, en effet, et alors que les clubs de Sydney (Australie) et de Cruz Azul (Mexique) disputaient le quart de finale de la compétition, une pluie torrentielle s’abat sur la capitale et la pelouse est entièrement détrempée, et nettoyée avec des raclettes, jugées primitives et indécentes, voire ignominieuses,  par le public.

Scandale, émoi et tollé populaires. « Ouzzine, dégage ! », voit-on ici et là, puis partout, puis rageusement. Le roi Mohammed VI suspend alors le ministre, et lui interdit d’assister à la finale qui s’est jouée le 23 décembre dans le Grand Stade de Marrakech.

Le 6 janvier, l’information tombe : à la demande d’Ouzzine, le chef du gouvernement transmet sa démission au chef de l’Etat qui l’accepte. Et d’un.

Le ministre du « chocolat »

Il a pour nom Abdelaadim el Guerrouj, et il était ministre délégué à l’Education nationale quand, début 2014, sa famille reçoit pour 33.000 DH de chocolats de marque, facturés au ministère. L’affaire est dévoilée dans les médias, et el Guerrouj s’embrouille dans des explications contradictoires, le tout devenant de plus en plus accablant.

En mai 2015, le ministre délégué est très fragilisé et la nouvelle de son départ du gouvernement tombe au début de ce mois. Là aussi, le chef du gouvernement accepte sa démission, et le Roi aussi. Et de deux.

Le « couple » gouvernemental

Habib Choubani est ministre chargé des Relations avec le parlement et la société civile, et Naïma Benkhaldoune est ministre déléguée à l’Enseignement supérieur. Lui est marié, elle est divorcée. Ces deux-là s’aiment, se le disent, s’acceptent et souhaitent convoler en justes noces, des noces qui feront de Choubani un mari bigame. Ce n’est pas la meilleure des choses pour l’image de modernité que veut renvoyer le royaume.

La polygamie est encore en vigueur dans le pays, mais pour des cas extrêmes, et avec autorisation du juge, sur accord de la première épouse du mari qui se veut bi, tri ou polygame.

Là encore, tollé et indignation sur les réseaux sociaux. Et là encore, le « couple » gouvernemental démissionne, en mai 2015, dans la foulée du ministre « chocolatiste ». Et de quatre.

Abdelilah Benkirane est prié de partir…

Le 15 mars, après plusieurs mois de blocage politique et d’instabilité institutionnelle… après plusieurs mois d’entêtement d’Abdelilah Benkirane qui refuse la proposition d’Aziz Akhannouch d’inclure l’USFP dans la majorité… après plusieurs mois de petites phrases, de grands mots et de politique approximative, le roi Mohammed VI met fin aux fonctions d’Abdelilah Benkirane, dans un communiqué qui explique les fondements constitutionnels de sa décision.

Le Roi affirme vouloir choisir une autre personnalité au sein du PJD, parti arrivé premier aux élections législatives d’octobre 2016. Deux jours plus tard, il reçoit Saadeddine Elotmani et le charge de former un gouvernement. Elotmani réalise en 15 jours ce que Benkirane n’a pu faire en 5 mois, et depuis, l’ancien chef du gouvernement déprime. Et de cinq !

Les 4 ministres emportés par al Hoceima

24 octobre 2017, coup de tonnerre. Le roi Mohammed VI annonce dans un communiqué le limogeage de trois ministres et d’un secrétaire d’Etat, Mohamed Hassad (Education), Nabil Benabdallah (Logement), Houssaine El Ouardi (Santé) et Larbi Bencheikh (Formation professionnelle).

En cause, leur mauvaise gestion du programme Manarat al Moutawassit d’al Hoceima. Quatre autres anciens ministres et secrétaires d’Etat sont également blâmés, du fond de leur retraite.

Cette fois, les choses sont claires ; en effet, contrairement aux ministres précédents, limogés mais ménagés par l’annonce de leur démission et non de leur révocation, ces quatre ministres ont été sèchement révoqués, dans le déclenchement de ce qu’on peut appeler la politique réelle et effective de la reddition des comptes.

Ce n’est qu’un début, semble-t-il. Le chef de l’Etat est en colère contre sa classe politique.

AB

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