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Publié le 20 octobre 2017

En Europe, la vague indépendantiste fait fureur

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Et ce qui devait arriver arriva… Le bruyant mouvement indépendantiste catalan fait des émules un peu partout en Europe, montrant ainsi le danger des séparatismes. Certains mouvements sont importants et représentent des régions d’envergure, d’autres sont quasi anecdotiques, mais non moins dangereux.

Ainsi, dans l’attente d’une résolution de la crise catalane, alors même que les esprits se crispent avec les ultimatums de Madrid aux indépendantistes catalans, d’autres régions en Europe lancent leurs mouvements et préconisent des référendums.

En Lombardie et Vénétie, dans le nord de l’Italie.

En effet, la Lombardie et la Vénétie organisent dimanche 22 octobre un référendum pour réclamer plus d’autonomie.  Les habitants doivent dire «oui» ou «non» à « des formes supplémentaires et conditions particulières d’autonomie » pour leurs deux régions.

L’objectif des organisateurs des référendums est d’obtenir davantage de ressources, en récupérant environ la moitié du solde fiscal actuel (différence entre ce que les habitants versent comme taxes et impôts et reçoivent comme dépenses publiques). Celui-ci s’élève à 54 milliards d’euros pour la Lombardie et 15,5 milliards pour la Vénétie (contre huit milliards pour la Catalogne).

Or, la Vénétie (5 millions d’habitants) et la Lombardie (10 millions) figurent parmi les régions les plus riches d’Italie, contribuant à elles seules à 30% du PIB.

Défendu par la Ligue du Nord, le référendum est soutenu par Forza Italia de Silvio Berlusconi (centre-droit), le Mouvement Cinq étoiles (populiste) et plusieurs syndicats et organisations patronales. Mais les dirigeants de ces forces politique rejettent tout parallèle avec la Catalogne, bien que dans ses premières années, la Ligue du Nord réclamait l’indépendance.

En Ecosse

Cette région proposera à sa population un référendum durant l'automne 2018. Un possible divorce qui interviendrait après... 311 ans d’appartenance au royaume de Sa (Très) Gracieuse Majesté. En septembre 2014, un référendum avait été organisé et le non à l’indépendance avait gagné, avec 55% des suffrages.

Si l'idée de séparation s'est aujourd’hui encore concrétisée, c'est que le Royaume-Uni a décidé en 2016 de quitter l'Union européenne. Or les Écossais sont "europhiles", ils ont en effet voté à 62% pour rester au sein de l'UE. En mars dernier, la Première ministre écossaise, Nicola Sturgeon, a donc fait savoir qu'elle organiserait un référendum.  Elle  accuse Londres de ne pas prendre en compte les intérêts écossais dans la perspective de la sortie de l’UE et veut que ce référendum se tienne fin 2018 ou début 2019, soit avant la conclusion des négociations avec Bruxelles. En mars dernier, elleavait dénoncé le refus de la Première ministre britannique Theresa May de lui garantir le maintien dans le marché unique européen comme elle le réclame au nom de la préservation des emplois écossais, devant les députés écossais réunis pour examiner sa motion.

Mais rien ne dit que l'Ecosse prenne son envol seule. Son économie, très dépendante du pétrole, serait fragilisée et l'instauration d'une vraie frontière avec le Royaume-Uni, sorti de l'UE, ne serait pas une bonne nouvelle pour les relations commerciales avec son voisin le plus proche. Autre obstacle de taille : pour organiser un référendum, Édimbourg aurait besoin de l'accord de Londres. Et pour le moment, Westminster a opposé une fin de non recevoir.

Dans les îles Féroé

Cet archipel, situé à mi-chemin entre le Royaume-Uni et l'Islande, est actuellement danois, et il l’est depuis la fin du 14ème siècle ! Peuplé d'environ 50.000 habitants, il bénéficie depuis 1948 d'un statut particulier lui conférant une large autonomie… mais les indépendantistes estiment ce statut insuffisant.

L'idée d'un référendum, ancienne, a longtemps été freinée par une crise économique grave due à l'effondrement de l'industrie de la pêche. En 2004, les indépendantistes obtiennent enfin leur scrutin. 50,72% des Féroïens (qui ont participé à 91,1%) se disent alors favorables à l'indépendance. Mais Copenhague refuse de prendre en compte ce résultat.

En février dernier cependant, le gouvernement féroïen a annoncé la tenue d'un nouveau référendum qui se tiendra le 25 avril 2018. On verra bien.

A Canvey Island

C’est une petite île anglaise qui réclame aussi son indépendance: Canvey island, 40.000 habitants, est située au nord de l'estuaire de la Tamise (sud-est), veut rompre les ponts avec le continent.

Tout est parti la semaine dernière d'une réunion publique au sujet d'une salle des fêtes qui risque d'être détruite et remplacée par des logements, sur décision de la communauté des communes, le conseil de Castle Point. Celui-ci regroupe Canvey island et ses voisins Benfleet, Thundersley et Hadleigh, situés sur le "continent", en fait de l'autre côté de la Tamise.

Un projet "injuste" de trop pour Dave Blackwell, le chef du parti indépendantiste de Canvey Island (CIIP). "Nous en avons marre d'être rattachés au +continent+ et que le +continent+ prenne les décisions à notre place", s'énerve-t-il. A la tête de la révolte, le septuagénaire a annoncé une pétition et, pourquoi pas, un référendum pour quitter l’Union Jack.

Avec agences

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