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Publié le 13 octobre 2017

Benkirane aux députés PJD : « Vous êtes des gens moyens mais portés par votre référentiel »

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Le secrétaire général du PJD Abdelilah Benkirane rencontrait la semaine dernière le groupe parlementaire du PJD mais la vidéo, comme de coutume, n’a été mise en ligne que ce jeudi 12 octobre en fin de soirée, quelques heures avant l’ouverture de la session d’automne du parlement par le Roi. Plusieurs messages, comme d’habitude.

Un Benkirane à l’aise, comme d’habitude, mais contrairement à son habitude, avec des allures de prêcheur, multipliant les sermons et les admonestations, et ponctuant ses phrases de tirades en français, au point de demander des mots en arabe à son auditoire. Qu’à dit Benkirane ?

Que « Nous ne sommes pas là pour posséder des biens matériels, même si nous sommes payés et bien payés pour ce que nous faisons dans la gestion de la chose publique ». Et  comme à son habitude, Benkirane revient sur le parcours rapide de son parti et sur le succès remporté aux différentes étapes électorales.

La religion en politique

Et puis cette saillie surprenante : « Je connais la plupart d’entre vous, et vous avez des parcours honorables… mais nous restons des gens moyens, sans traits de génie. Nous sommes des gens moyens, je suis désolé de vous le dire (en français dans l’allocution)… (…). Qu’avons-nous de bien alors ? Ce que nous avons de bien est notre référentiel, mes frères ! ».

Puis, sur la religion en politique : « Le Marocain ne hait pas un politicien pieux, mais il rejette celui qui instrumentalise la religion, et il a raison. Nous devons tous rejeter les marchands de religion (…). La religion est pour Dieu ». S’en suit un sermon très religieux, puis la conclusion… « Celui qui prend les allures et les codes de la religion est un ennemi », ajoute l’ancien chef du gouvernement.

Les élections et la politique

« Nous avons été les premiers aux élections de 2009, puis il y a eu après… puis 2015, qui devait avoir lieu en 2012, mais cela ne s’est pas fait car ils ont pensé que le PJD allait être premier encore… et en 2015, c’était le délai normal. En 2015, tout a été fait pour nous bloquer, par les alliances et le reste, mais Dieu a voulu que ce soit nous… ».

« Nous sommes à la veille de l’ouverture de la session parlementaire, et le Roi avait dit à Elotmani qu’il voulait travailler avec le PJD et que le PJD devait rester au gouvernement… Puis El Otmani a fait sa déclaration (‘je démissionnerais de la présidence du gouvernement si c’est dans l’intérêt du parti’, NDLR)… Cela m’a déplu et je l’ai appelé, et il est venu chez moi, pour m’expliquer ce que je savais déjà mais que nos adversaires ont détourné de son sens premier. Nous partirons quand nous le déciderons, en cas extrême. Nous ne déserterons pas ».

Le secrétariat général et le parti

« Qui sera secrétaire général ? Une question basique et sans importance. Le sera celui qui le sera, nous sommes libres ».

« Ne soyez pas défaitistes, et moi aussi je traverse une phase difficile. Je devais d’ailleurs démissionner de la direction du parti, mais il faut savoir se remettre en question. On ne va pas sortir par la petite porte, bien que le PJD ne soit pas irremplaçable. Mais ‘mamfakinch’ car on peut encore être les premiers, encore et encore… ».

« C’est notre clarté et notre abnégation, depuis longtemps, qui nous ont permis d’en être là, et de dépasser cette crise. Et nous la dépasserons si Dieu le veut, mais dans l’attente, ne vous relâchez pas ! En est-on arrivés à parler de l’unité du parti ? En est-on à ce point ? Nous sommes libres dans nos décisions et indépendants dans notre comportement ».

Les retraites des parlementaires

« J’ai vu le dossier avec Driss el Azami, et j’ai constaté que la seule solution est de les interrompre ! ». Applaudissements dans la salle.

 AB

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