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Publié le 12 octobre 2017

Dimitri Medvedev honoré à Rabat par le doctorat « Honoris Causa »

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Le Premier ministre russe a passé environ 24 heures sous nos cieux, mais 24 heures intenses, avec rencontre avec les principaux dirigeants du royaume, à l’exception du Roi. Il y a eu signature de plusieurs accords et aussi une invitation des deux parties à plus et mieux aller vers l’autre. Dimitri Medvedev a également été honoré par un doctorat Honoris Causa de l’université Mohammed VI, lors d’une cérémonie qui a rappelé les fondamentaux historiques de deux nations historiques…

Prenant la parole à cette occasion, le président de l’université Mohammed V de Rabat Saïd Amzazi a fait un retour sur la longue historie des deux pays, depuis Catherine la Grande, et la retenue de la Russie, bien plus tard, quand les appétits des puissances européennes s’étaient aiguisées concernant le Maroc. Et en 1956, l’URSS avait été le premier grand Etat à reconnaître l’indépendance du Maroc, puis à lui assurer la formation de 1.500 ingénieurs et techniciens (il faut dire que c’était la guerre froide et c’était à qui mieux mieux entre URSS et USA, NDLR…).

Puis le président de l’Université rappelé les visites croisées entre Russes et Marocains, chacun allant vers l’autre, le roi Mohammed VI en 2002, puis le président Poutine en 2006, avant que le chef de l’Etat marocain ne reparte en mars 2016 et ne signe avec son homologue russe le Partenariat stratégique approfondi. Aujourd’hui, entre les contraintes de la Russie de par sa qualité de membre permanent du Conseil de sécurité et celles du Maroc qui aspire au statut de puissance continentale, les enjeux convergent et les centres d‘intérêt aussi.

Et tout cela se fait en parallèle avec une politique culturelle poussée : 1.200 étudiants marocains sont en Russie et 200 autres étudiants au Maroc apprennent le russe. Au total, le Maroc compte aujourd’hui 20.000 lauréats des universités de la Communauté des Etats indépendants (ancienne URSS), dont 600 sont restés en Russie et 2.500 sont revenus, mariés à des Russes.

C’est dans cette logique et cette dynamique que l’Université accorde sa plus haute distinction à Dimitri Medvedev, artisan avec Poutine du renouveau russe : le Doctorat Honoris Causa, dont le jury a été unanime à l’accorder à Medvedev, sous la présidence effective de Saïd Ihraï, président de la Cour constitutionnelle. On voit l’étendue de l’honneur fait au premier ministre russe, lui-même docteur en droit.

Ce dernier, en prenant la parole, a remercié le président de l’Université, lui  expliquant qu’il ne lui avait rien laissé à dire, après avoir rappelé le poids historique des échanges et relations entre les deux pays. Puis il a exhorté les étudiants à aller vers les universités russes, leur assurant qu’ils seraient bien accueillis et bien reçus. « Allez vers les  sites de nos universités et instituts, renseignez-vous, nous vous attendons », a lancé le dignitaire russe aux étudiants, ravis.

Après cela, Dimitri Medvedev s’est rendu au ministère des Affaires étrangères où, en présence du chef du gouvernement Saadeddine Elotmani, il a rappelé qu’étant jeune, il collait sur sa main les petites étiquettes « Maroc » qui arrivaient sur les oranges venant de chez nous. Elotmani en a conclu que le premier ministre russe allait œuvrer à assurer la présence des oranges marocaines sur les étals russes.

« Une journée n’est pas suffisante pour visiter le Maroc », a lancé Elotmani à son homologue russe, qui lui a répondu en anglais, « même une semaine ne suffirait pas ».

Et c’est ainsi que s’est terminée la visite du premier ministre de Russie, avec la signature de 11 accords avec le Maroc, touchant aux domaines agricoles, industriels, universitaires… et bien entendu, la sécurité antiterroriste n’était jamais loin, mais cela est resté discret.

AB

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