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Maroc |

Publié le 10 octobre 2017

Dialogue social : les trois partenaires se regardent…

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Ce lundi 9 octobre s’est tenue une réunion du Dialogue social, en présence du chef du gouvernement Saadeddine Elotmani, des dirigeants des quatre centrales syndicales les plus représentatives et de la CGEM, la confédération patronale, dont la délégation était conduite par la présidente Miriem Bensalah Chaqroun.

L’ordre du jour officiel, mentionné dans l’invitation envoyée aux concernés par la présidence du gouvernement, consiste en la présentation et l’examen du projet de loi de Finances 2018, mais les syndicats veulent aller au-delà, dans le sens d’une discussion plus globale autour de leurs revendications.

Que demandent les syndicats donc ? Principalement la hausse des salaires dans la fonction publique, le relèvement des allocations familiales, la révision de la grille de l’impôt sur le revenu par le relèvement du seuil d’exonération, l’IR étant par ailleurs très largement couvert par les retenues sur salaires. Plus globalement, les syndicats demandent l’application des termes de l’Accord du 26 avril 2011, conclu sous le gouvernement Abbas el Fassi.

Dans une déclaration à notre confrère Mowatine, le patron du syndicat le plus important Miloudi Moukharik a expliqué qu’ « on peut parler de la loi de Finances, mais nos revendications vont vers les conditions de vie et de travail des salariés, en plus de l’abrogation de la réforme sur les retraites ». Le niveau est élevé d’un coup, et il n’est pas sûr qu’Elotmani puisse accéder à cette demande de révision du régime de retraites.

Saadeddine Elotmani s’est alors réfugié dans la plus pure tradition de la langue de bois, telle que magistralement rappelée par la MAP : Le chef du gouvernement « a insisté sur l’impératif d’adopter une action collective, d’édifier une relation basée sur l’entente entre les différentes parties et de se mettre d’accord sur les engagements pouvant être réalisés, rappelant les piliers permettant la réussite du dialogue social, dont notamment la préservation de la compétitivité de l’entreprise nationale, la protection des libertés et des droits de la classe ouvrière, la garantie des équilibres et l’amélioration de la situation des catégories les plus vulnérables et ce dans le cadre d’un dialogue commun ».

La patronne des patrons, Miriem Bensalah Chaqroun, a expliqué pour sa part que « le secteur privé crée 92 % des opportunités d’emploi au Maroc et la CGEM prend part au premier round avec un dossier revendicatif axé notamment sur l'amendement du code du travail, la promulgation d'une nouvelle loi sur la grève, la flexibilité du marché de l'emploi et la formation professionnelle ».

Entre les demandes des syndicats, les préoccupations du patronat et les contraintes budgétaires et politiques du gouvernement, ce premier round restera celui de l’échange de vues et de l’évaluation du rapport de forces. Rien n’en est sorti, et il faudra encore attendre d’autres réunions du genre pour espérer avancer sur les doléances des uns et des autres.

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