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Maroc |

Publié le 06 octobre 2017

Akhannouch réussit son baptême du feu électoral à Agadir (et Taroudante aussi)

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Jeudi 6 octobre était jour d’élections législatives partielles au Maroc… Cette élection était attendue car elle était une sorte de baptême du feu électoral pour Aziz Akhannouch en sa qualité nouvelle de président du RNI, et après toutes les attaques qu’il a subies de la part d’Abdelilah Benkirane. Une sorte de duel à distance entre les deux hommes… remporté par le ministre de l’Agriculture et patron du RNI.

En effet, à Agadir, le secrétaire général du PJD Abdelilah Benkirane avait initialement décidé de ne présenter personne. La raison était qu’il ne voulait pas dresser d’obstacles devant la réélection de Hamid Ouahbi, frère d’Abdellatif, membre dirigeant et trublion du PAM, mais aussi et surtout grand ami de Benkirane. Et  finalement, le PJD a désigné son candidat, lequel a perdu.

Plus discrètement, et selon un membre du PJD qui s’est anonymement confié à Panorapost, Abdelilah Benkirane voulait éviter surtout une confrontation directe avec le RNI à Agadir, fief d’Aziz Akhannouch (sur la photo, en meeting RNI à Agadir en janvier 2017), l’homme auquel il reproche la perte de son fauteuil de chef du gouvernement en mars, après 5 mois de blocage. Et de fait, un jour où il s’était laissé aller aux confidences et alors qu’un journaliste lui faisait remarquer les très faibles scores du RNI à Agadir lors de la législative du 7 octobre, l’alors très récent président du RNI avait rétorqué : « Certes, le RNI a eu un mauvais score à AGadi, mais Akhannouch n’en était pas encore le président ». Certains y avaient vu une forme d’arrogance, mais aujourd’hui, cela prouve que ce n’était que de l’assurance.

Le RNI était tout à fait conscient de l’importance symbolique de cette élection à Agadir et Taroudante, et c’est pour cela qu’il s’y est soigneusement consacré. L’enjeu était de gagner cette élection, en y consacrant  les ressources humaines nécessaires pour sensibiliser les électeurs et montrer la force de frappe du RNI nouveau. Agadir était un fief de l’USFP, avant de basculer dans l’escarcelle du PJD. Ramener la ville et sa Région, dont est originaire Akhannouch, dans le giron du RNI revêtait la plus grande importance pour ce dernier et son parti. Si l’élection avait été ratée, c’est toute la stratégie politique du ministre de l’Agriculture qui aurait dû alors être revue. Et Benkirane aurait été heureux en ces temps moroses pour lui.

Et au final, ce sont 3.345 voix d’écart entre le candidat RNI Mohamed al Oualaf (9.020 voix), et son poursuivant direct du PJD Mohamed Amekraz  (5.692). Seul bémol, un taux de participation de 7%.

Le PAM est alors vite monté au créneau, dénonçant « une mascarade », pour reprendre les mots d’un membre du Bureau politique ce matin, qui ajoute qu’ « il est possible que cette élection soit contestée car le candidat RNI n’a jamais démissionné du PAM ». Ah… Contacté par Panorapost, un dirigeant de premier plan du RNI – qui préfère garder l’anonymat – a affirmé le contraire : « Mohamed el Oualaf est en rupture avec le PAM depuis longtemps, mais il bien évidemment pris soin d’acter sa démission en se présentant sous les couleurs du RNI ; la compétition à Agadir était rude, mais digne. Nous avons gagné, dans le respect et l’estime pour nos adversaires ».

A Taroudante, la victoire du RNI a viré au triomphe, puisque le taux de participation, quoique faible, était de 27%, et le candidat RNI a gagné avec plus de 20.000 voix d’écart sur le second, du PJD.

Aziz Boucetta

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